CHAPITRE IX
DB5. DfFJftCIIXi^BS QUE l'oN aSNGONTRE DANS X ETUDE . DE ÂOI-^MEME.
Le .théâtre suc lequel s'exearce Tëttide de soi-même étant) de tous, lie plus: voisin et le plus întime povur chacun de.noiis,:ii sèitible<}iie cettci étude devrait être de tpuiies la pliks &cile. y
Cknniné elle; tiaés ramène à Tobjet de.nc^ afCactions les pkift vives > il fiemhiennasf ^«pielle devrait être de toutes la>f>lus i^iîéftble > et qu4 c^MCun devrw; s'y portei^ ptr.un mouvÉlmen^aturel. . . >
Cepèndaiit^ îl.en est pnéqiséikMM tout. le oontmir^^
Les pfailosbpbes nous.ont^ T^nvi veooipEDandé (*^^ tudp de nfouftonémâ»^ ^conune Japk^lnièr^iet la plus es'^ sehtîdUraotreduetion.à Ja sistgessé. Quels sont ceux (juâ nbuS'Ont «Qsnjgbé les- moyens de procéder pour atteindre: à cette cosnaissanjCe^pDiir triompher dc^iobt;^-^ ele^ cpyd' s gr: reRContoent ?
Il «stanéiportioa de ces iibalade^ qui tien^t- ^ :1a n?-; ture même des choses et aux coUdiliÂons deTios[fa|Cii|l7 tés; de plus, toutes iee ^me^/qui oeAcourent-^nos erreurs^ a|^bsent ici avec leur plus haut d^giné. d-influenoe; ft^ comme si ce n*jétait pas assez q;i^ «nous pui86ioli]à.êtfejlrompés en tant de manières^ souvent nous prenons plaisir encore à nous abuser nous-mê*
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mes ; nous nous tendons des pièges, et nous avons le malheur de réussir à nous surprendre.
liorsque Timagination cherche à nous égarer dans les jugemens relatifs aux faits extérieurs , il nous reste des moyens de vérification y en quelque sorte matériels, sur le théâtre de cette même réalité extérieure dont elle nous a présenté un tableau infidèle; l'image et la réalité sont situées dans deux régions diverses; on peut les opposer Tune à l'autre. Mais , dans Tétude de nous-mêmes, l'image et la réalité sont placées dans la même région; elles se touchent, se confondent; l'une prend la place de Tautre; quelquefoiis, nous paraissons un moment être tels que nous désirerions être en effet; d'autre fois, tels que nous redoutons dé devenir; nos craintes et nos espérances passent de l'avenir dans le présent; nous croyons pouvoir tout ce que nous concevons. Voilà pourquoi les gens exaltés se font de si étranges illusions sur eux-mêmes , et les conservent dé si bonne foi. L'idéal qu'ils contemjAent,; Qu'ils ^brassent avec une si vive ardeur, prend »h corps à leurs yeux; ils lui donnent une existence;: ils se per^ suadetit de bonne foi qu'ils sont en rapport immédiat avec lui; le poème qui les charme devient pour eux de l'histoire, leur propre histoire. Ils se mirent, ou croient se mirer dans les tableaux qui sont leur ouvrage; ils croient se voir agir àtims les fentômes qu'ils ont créés et qu^ils font mouvoir.
L'humeur qui parvient à transformer pour nous la physionomie des objets extérieurs, combien n'alté* rerà-t-elle "pas plus facilement notre propi^ physionomie? Si elle nous rend tristes ou joyeux^ quii'empêchera d^ se composer , suivant son gré , dans cet
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intérieur où elle domine, des sujets de tristesse ou de joie?
S*il n*est pas de sujets à l'égard desquels nous soyons plus exposés à Terreur , que ceux où nous portons quelque partialité ^ quel ne s&m pas le danger dans un ordre d'étude dont le sujet nous intéresse plus que tout autre au monde? Quel est celui qui demeure spectateur indifférent, impassible , de ce qui se passe en lui-même? Quel est celui qui, ayant à se juger, ne prendra pas sa cause en main , ne sera pas son propre avocat, plutôt que son juge?
Souvent, les choses que nous apercevons le moins bien , sont celles qui nous sont les plus familières et qui composent pour nous le cours ordinaire; elles n*ont plus rien qui nous arrête et nous étonne; ce qui est permanent s'efface^ on ne remarque que son absence s'il vient à manquer ; c*est ce qui arrive pour tout ce qui entre dans le cadre de nos haUtudes; or, y a-t-il rien qui nous soit plus familier que nous-mêmes? Voilà pourquoi tant de gens vivent, presque sans se douter qu'ils soient en société avec eux-mêmes , sans remarquer qu'ils marchent en leur propre compagnie. Du moins n'y font-ils attention que, si ce n/^oi moral, leur compagnon, éprouve quelque accident, quelque transformation qui vienne exciter la surprise et avertir de sa présence.
Tout en nous est plein de mystères ; nous avons et des penchans et des facultés que nous ne soupçonnons pas^ jusqu'à ce qu'une circonstance imprévue vienne leur donner le signal. Nous renfermons en nous les contradictions les plus manifestes. Les motifs les plus subtils sont souvent ceux qui influent le plus sur nosdétermina-
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lions; il» cnyeIop{>ent notre volonlé comme d'uM espèce de réseau invisible. Si nous avons le sentiment de ce que nous possédons, nous voyons mai oe qui nous manque. Moins on a fait de progrès , moins on découvre ce qui manque encore ; |dus on a perdu j plus on devient incapable d'apprécier la valeur de ses pertes. Mais, peut-on Inéme bien évaluer ce qu*on possède, si l'on ne connaît pas bien ce dont on manque ?
Invoquerons-nous rexpérience du passé , qui seule en effet nous aide à bien observer Féti^t actuel? Mais il faudrait , pour que ce passé fût bien connu , qu'il eût été lui-même bien observé : c'est un cercle vicieux. Lorsque l'issue de nos entreprises vient nous éclairer, rarement il est temps encore pour rectifier notre marche. L'en&nce ne s'observe point *, Vadolescence s'observe mal; l'âge mûr arrive; il est déjà bien tard pour commencer cette investigation. Quand commencera l'application de l'expérience? D'ailleurs , il est tant de manières d'expliquer le défaut de succès; choisironsnous bien celle qui nous révélerait nos torts ?
Invoqueronfr-nous les comparaisons? on ne juge bien en effet qu'en comparant. Mais , en nous comparant aux autres, la rivalité trouble notre vue; la présence de ceux qui valent mieux que nous, nous humilie; celle des inférieurs nous enfle : de même qu'on se trompe en jugeant les autres d'après soi, on se trompe souvent aussi en jugeant de soi-même d après les autres. Delà, une émulation téméraire et des imitations maladroites.
Nous recueillerons-nous au fond de nous-mêmes, dans le silence et le calme le plus absolu ? Sans doute , telle est en effet la condition nécessaire pour bien s'étu-