CHAPITRE X
DB LAVANTAGB Qr*01f PEtJT BETIAER DB SES PROFBES 7AUTBS.
Tout sert à notre perfectMHineinent ^ mêmes les f«u« tes qui semblent nous en éloigner, et^ de tous les moyens de perfectionnement , celui-^i pourrait devenir l'un des {dus utiles, puisque les occa^ons en sont aussi constantes que générales. Les hommes les plus distingués n'échappent point à certaines anomalies du carac^ tèrè'y à certaines inégalités dans les dispositiorifl|:.ils y 6ont peut-être d'autant plus exposés qu'ils possèdent des qualités plus éminentes. Quelquefois l'essor extraor* dinaire que prend en eux Tune des facultés de t'esprit ou du' cœur ; rompt l'équilibre qui devait régner entre éHes;qtidqueibis>la conscience qu'ils ont^eileui^ intentions > ou le sentimcfnt qu'ils ont de leurs forces, leur Hispire une confiance trop aveugk; quelquefois ils dépassent le but y en s'abainlonnant sans réserve et sans mesure à un mouvement honorable dans àbnprin» cipe^ quelquefois^ leur attention , absorbée par les eS* forts qu'exigent les entreprisés difficiles ^inégUg^ de veiller sur d'autres circonstances; quelquefois ils pen<r sent même pouvoir s'accorder quelques négHge^nces , comme une sorte d'indemnité pour leurs sacrifioes^et se croient autorisés ^ être moins sévères ^vers.^ux* mêmes ^ en raison deis mérites qu'ils ont aequis. >
194 I>^ PBHFBCTIOfiTKBMENT MORAL.
Chacun de nous éprouTe plus ou moins ces vicissitudes, en souffre, en gémit. Quelquefois c'est nousmêmes qui changeons^ sana^que nous puissions nous rendre compte des causes de cette inconstance. II est desinsjtans où nou$ nous portons au ]i)^en naturellement et sans effort; il en est où nous sommes entraînés à ce qui est mal , comme malgré nous-mêmes ! De bonnes et saintes inspirations apparaisÂfint, disparaissent, avec la rapidité de l'éclair : Tàme s'élève et retombe , s'éveille et 8-as^01l^^:l^es'6nflalmlwéllx{lr)efnièKes dacti» du bien; ellle sVpuisepar vunccçiitemiriâtion. prolongée. Oh: dirait que, nous Mmmes: sujet» à^oertaineft maladies iiitérieiires pendant lesc^udles nous avDOâ jpèine .à nous ^retoanaStre nQttSHUiêmcjs^ âloss notre vue se trodble ^ x^tre scnaâM-r liuéipanatt éteijDte. Hus housaviatts.goùté les.ciboses.^âe7 vée^ /. plu& itous sommes décourage . par xce». dé&ilkm ee&Jfoniier !dea rnolutions^ y manquer ou.tesiOi^lîea?) eoaecfvairude. in4^das|)è5péraiioes, rii^i kibf«c,;^i^tr(!^ épqaa'ierîdfi génâ'eaui:)amililnâDs^ ftub«tm^er'fi<l«â;firlr Measeafit^rilMy fhrcrje^ V ëssajrète ^ éfAi^K^^^^ dâsouiragefVia|^i^iMiide&vc(;nBtaf ln^-c^paftJi'i)ifj|QÎi]9 fkHr gée^^rdét 9ùt9é vfe? Qufi\siy> eepe^dciBl^ iQi»}i;ei^.idAQf uiBè disjmsfiipitf^j^jefi^et qtiible>, neilieoa-ceipoûit L'^euglé f oifitive fie» rhftbitudkft ^i lOu Ja 4ih))1ç : intiolio» 4e ri^if* féreipee)? Creét ^Afcûppeff.'auBLïeinEïetwrflj m t^v^x^nX^imx.
J) Q^^foiâ. de jEtèbt.lea cpeimstanices; c^i «st^j nMHlir fiauf a!ûtQui';dpliio]aay et qiii.âmei{QeDt;D(Hil'j^-itiHif j,;4uv |u>U)6 ^ i^€& infittCDicëfi «pu U^aine^» Mal ^pi^éparéfi à ti^ç^yoix Du,à j^|)oiftss@rï eesiinfluenieiQ^ 4ivfer^6$| nous.sofQiQ^& snrprîs'etidécoiicerté&par JescbdQgemj$i^:imprévu$ qui s opèremi aptour de hoifs y notw Jaîsàant aller ^ns téé^r
LIY. Illb SBGT. I. CHAP, X. ' IqS
* tance à toutes les impulsions qui nous sont données ^ nous varions avec les objets qui agissent sur nous; croyant toujours être les mémes^ parce qu'en effet nous demeurons constans dans notre mollesse et notre négligence. Aussi trouve-t-on bien peu de caractères soutenus ^ et la chose la plus rare est de trouver un honune parfaitement conséquent à lui-même. Les hommes^ jugés dans lensemble y ne sont ni aussi bons y ni aussi médians , [qu'ils le paraissent. Mais on n'envisage guère les caractères que sous Tun ou l'autre de leurs aspects. On ne suppose pas qu'un même individu puisse être en contradiction avec lui-même. On conclut de ce qu'on remarque en lui , à ce qu'on n'a pas eu occasion d'observer. De là vient aussi qu'on porte sur le même homme tant de jugemens divers ou opposés. Chaque spectateur juge d'après le côté qui lui fait face.
Or, l'illusion qu'éprouve le spectateur , nous l'éprouvons nous-mêmes en voulant nous juger. En proie à des oscillations continuelles ^ nous ne savons pas mesurer les différences qui marquent les degrés auxquels nous montons et descendons tour à tour. Dans chaque phase ) nous croyons presque occuper un poste fixe; nous perdons la mémoire du passé; nous croyons pouvoir compter sur l'avenir. De là les causes ordinaires de nos fautes ; de là aussi l'utilité principale que nous pourrions tirer de l'expérience de nos fautes.
Malheureusement) le sentiment de ces fautes^ lorsque nous consentons à les reconnaître ^ produit , le plus souvent y sur nous^ un effet tout contraire à celui qu'on en devait attendre. On ne &it point le mal pour le mal ; mais^ quand on a fait le mal , on couvre d'un voile l'image du bien^ pour n'en pas être importuné;
196 DU PERFECTIONlfBMBNT MORAL*
on se trouble; le âésordre s'introduit dans Tesprit et le cœur; si on a succombé par faiblesse ^ on devient plus faible encore par rabattement ; si on s'est laissé emporter ^ on s'enivre , on perd le sentiment de la mesure. Si Ton ne veut pas se reconnaître coupable j on fausse sa conscience ; si on se reconnaît coupable , on s'accoutume à ridée de ses torts , on consent à être coupable, on est en danger de se dégrader. Malheureux! arrêtez! un abîme est sous vos pas. Gardez-vous , gardez-vous, à tout prix y de considérer un premier tort comme une sorte d'engagement ! gardez-vous de vivre en société avec l'image de votre faute , sans la désavouer ! gardezvous d'accepter les souillures du caractère , et la honte intérieure, la plus ignominieuse de toutes! La faute est peu de chose encore , tant que le caractère n'est pas flétri. Fatale et cruelle sévérité du monde! H accable souvent Sans miséricorde , d'un arrêt irrévocable, ceux qui ont failli ; il prétend leur imprimer le sceau d'une réprobationsanslerme.Enleurravissantl'espoîrde la réhabilitation, il les condamne à persévérer; en les déshonorant à jamais, il les excite à se rendreà jamais méprisables; il semble leur dire: « Le vice est ta part et ton héritage. » Le monde qui prononce une telle proscription , est-il bien ce même monde (Jui renferme dans son sein tant de hontes ignorées ; qui , en tant d'autres rencontres , excuse si facilement , préconise , encense au besoin , et quelquefois même va jusqu'à prescrire de grandes violations du devoir, lorsqu'elles sont entourées d'éclat, suivies du succès, ou conformes aux préjugés? Peutêtre, l'infortuné qu'il a proscrit , était, malgré sa faute, bien moins corrompu que ses juges. Qu'ils soient bénis les êtres compatissans qui viennent au secours du plus