LIT. III. SECT. I. GHAP. X. I
réel des malheurs^ qui tendent la main à celui qui est tombe, qui, en. lui témoignant une tendre sollicitude, lui promettent le retour de Testime ; véritables médecins des âmes, qui songent, non à frapper le malade, mais à le guérir, qui lui rendent l'espérance , pour préparer sa guérison , qui , forts de leur propre vertu , ne craignent point de se montrer indulgens, et qui, par une indulgence bien entendue , ouvrent la voie au repentir ! Grâces soient rendues aux doctrines religieu. ses , qui tiennent sans cesse ouvertes au repentir les portes du sanctuaire de la vertu , qui réhabilitent aux yeux du juge suprême ceux qu avait flétris lopinion capricieuse des hommes! Vincent de Paule est plus grand encore dans les bagnes, que dans les hôpitaux, qu'auprès de la crèche où. les enfans trouvés sont récueillis'! :
Ceux qui débutent dans la carrière du bien, après s*y être lancés d abord avec ardeur, sont souvent menacés dune crise de découragement, lorsqu'ils viennent à découvrir combien ils sont faibles encore. Ils se croyaient en pleine possession de cette vertu qu'ils adorent d'un culte si sincère, et ils se retrouvent tributaires des défauts qu'ils condamnent; ils s'affligent; ils se demandent si cette ardeur si pure , dont ils étaient animés-, n'était pas elle-même une illusion; ils n'osent plus compter sur eux-mêmes ; ils deviennent timides , tièdes; ils s'arrêtent. Ceux qui sont avancés dans la carrière du bien s'étonnent quelquefois d'avoir toujours à lutter contre les mêmes adversaires, de les voir re^ paraître encore après les avoir si long-temps combat^ tus ; découvrant chaque jour de nouvelles imperfections en eux-mêmes, par cela même qu'ils voient mieux et