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ce qu'ils derraient être et ce qu'ils sont, ils peuvent se laisser atteindre par la lassitude et la tristesse.
Cependant, l'expérience de nos fautes, si nous savions bien la consulter , nous apporterait à toutes les époques de précieuses lumières et de nouvelles forces pour bien faire. Elle est la grande , dure mais salutaire instruction qui nous initie à la connaissance de nousmêmes; elle est l'avertissonent qui nous rappelle à une vigilance active et continuelle; die signale pour nous et les parties fiables de notre caractère, et les dangers extérieurs qui notis menacent le plus; elle nous feit apercevor où nous conduirait la pente sur laquelle nous avons glissé, si nous nous 7 laissions entraîner; elle tire ainsi d'une première erreur un préservatif contre d'autres erreurs plus nombreuses et plus graves; elle nous préserve encore d'un autre genre d'erreurs non moins funestes, cdles qui naîtraient d'une présomption téméiwe et d'une fausse sécurité; elle marque pour nous les degrés de l'arc que nous décrivons dans les tristes oscillations auxquelles notre mobilité nous condamne; elle marque et les points sur lesquels nous défaillons par impuissance ou lâcheté, et ceux sur lesquds nous excédons par exagération ou par impétuosité ; elle nous recueille , nous invite aux réflexions sérieuses, nous conduit à reconnaître et les causes prepiières et les conséquences de nos déterminations, et les diverses influences auxquelles elles sont soumises; Me nous exerce à une bonne foi sévère vis-à^vis de nous-mêmes; elle dissipe le genre d'illusions qui nous égare davantage, celles de la vanité.
Par cela même qu'elle dissipe les prestiges dont la vanité nous environnait, l'expérience de nos fautes
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BOUS fait relrourerune précieuse Eberté par la censure qu'elle nous conduit à exercer sur nous-mâmes. La con-» damnation que nous prononçons contre nous demande un couragequi rend touslesautires courages plus faciles; elle exige de nous un sacrifice d'amour«propre, celui . de tous qui est souvent le plus pénible , le dernier quel* quefois auquel on se résigne. L'homme sincère éprouve une horreur bien {dus vive pour ce qui est mal , quand ce qui est mal a momentanémentenvahi quelque portion de lui-même; quand il se voit souillé par sa présence , il reconnaît plus évidemment tout ce qu'il y a dans la violation du devoir )' d antipathique à la condition de son existence et à Tordre de ses facultés ; il repousse cette anonEialie funeste avec d'autant plus d'énergie, qu'il s'en est senti atteint de plus près. Il arrive aussi que la vertu, pour avoir été un instant obscurcie d'un nuage, se revêt à nos yeux d'une plus éclatante majesté, alors qu'elle se dépouille du voile qui lavait couvelte. Le voyageur éloigné quelque temps de sa patrie,. la retrouve plus belle encore, en mettant le pied sur les rivages qui l'ont vu naître; la réconciliation rend une puissance toute nouvelle aux liens qui avaient été momentanément rompus; le fleuve s'éknce avec un redoublement d'impétuosité dans son lit , lorsque l'obstacle qui arrêtait son cours a disparu. On a vu des hommes pasmonnés ou frivoles subitement arrachés aux égaremens qui les entraînaient, aux distractions qui les captivaient, par le sentinaent d'une faute commise, et ramenés al<n*s, par la méditation , aux habitudes graves et sérieuses; on a vu même de grands coupables délivrés, par une révolution soudaine, des habitudes du crime, se Kvrer au bien avec un transport de zèle et un
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courage inconnus à beaucoup d'honnêtes gens, et trouver dans le souvenir de leurs excès passés le plus puissant aiguillon pour se porter à la perfection. Il y a, en effet , dans le repentir ^ un sentiment bien profond et bien sincère; il retrempe tous les ressorts de rame; il donne un besoin insatiable de réparer. Le malade n aspire pas plus avidement à la santé , que le repentir n aspire à la vertu ; c'est un exilé qui redemande sa terre natale ; c'est un orphelin qui redemande sa mère. Que si on peut se relever si noblement du crime lui-même, si on peut en sortir plus animé à bien faire , qu*hésitons-nous à secouer le joug de faiblesses bien plus légères,, à tirer avantage des fautes qui nous échappent chaque jour? Il faut , il est vrai, pour cela , deux conditions premières : il faut nous avouer, avec candeur , la faute commise; il faut la rétracter, Texpier , non par un désaveu spéculatif, exempt d'effort et de douleur , mais par une résolution de la volonté qui répare déjà d'une manière anticipée, parce qu'elle s'engage à réparer effectivement la faute , quand l'occasion s'en offrira : il faut aussi, il faut avant tout, apaiser le trouble intérieur qui accompagne la faute et qui redouble souvent alors qu'elle est reconnue. Ne nous y trompons pas : dans l'impression douloureuse que cette vue nous fait éprouver, il entre quelque-chose de plus que le regret et le remords : il y a une douleur cuisante de l'amour-propre blessé dans l'un de ses côtés les plus sensibles, et contraint d'abdiquer une partie de ses prétentions les plus chères; on n'est pas seulement mécontent de soi, on est humilié : si l'on blâme le tort qu'on a commis, on s'irrite de se trouver déchu. Voilà où il faut d'abord porter le remède : il faut écarter du>