I.XV. m. SBCT. I« C0AP. X. !Sto
On remxmlre assez sottve&t d*hoDiiâtcâ gens qui onl le boAheiir de ne faîUir presque jamais , qui se oonfor-^ ment tranquiUemeut aux principaux préceples^ qui res^ pectentlesprohibitians^qui^surtouli ne s'égarent jamais par l'eKoès des affecticuia généreuses. Ils sont en régie; snaàs leur vie eat k peu près stérile pour le bien ; niais ils sont atationnaires y inunobilea; ils sont ^tisfeits d'euxrménies; ils dorment en repos; ils s'étonnent d en* tendre dire combien la pratique de isn vertu est une chose difficile : c'est qu'ils la pratiquent eux-mêmes conune une sorte de métier, plutôt qu'ils ne Tembrassent comme une vocation. Ils ressemblent k ces ministres su« bal ternes du temple , que nous voyons errer d'un œil froid et insouciant autour de lautel et du sacrifice^ en remplissant Toffice matériel p^ur lequel ils sont gagés, étonnés du recueillement et de la {^été des fidèles. Certea, qui dort ne pècbe pas. Heureux peut^^tre les honnêtes gens dont nous parlons ^ si quelque bonne &ute venait un jour les tirer de leur engourdissement i leur rendre , par le repentir, une nature plus vpgpur reuse, les désabuser de la sécurité, de lorgueil, peu^ être, qu'i^ goûtent dans leur ntédiociité iporale , e( leur inspirer enfili la pensée i le désir de deveiair meilr leurs !
L'expérience de nos propres fautes est une lumineuse introduction à la connaissance des hommes , et par là , aussi , à la science qui a pour objet la conduite de la vie. Elle est une éducation à la bienveillance ; elle nous fait rechercher avec plus d'ardeur le commerce des bons ; elle nous fait mieux supporter celui des êtres imparfaits : le sentiment de nos propres imperfections , en nous rapprochant de ceux-ci , nous dispose aux af-
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factions que nous leurs devons , nous inspire plus de condescendance pour eux , nous obtient en retour une confiance plus entière de leur part. Lorsque ^ poursuivis par le regret d*un tort commis ^ nous avons le bonheur de rencontrer un être atteint par Tadversité , et de pouvoir lui donner des soins, il semble que notre conscience se soulage y que nous avons trouvé la méditation qui doit nous réconcilier avec le devoir. Les consolations que nous répandons alors sur le malheur , nous consolent nous-mêmes d'une peine intérieure et cuisante. Les larmes de la reconnaissance y en tombant sur nous , guérissent notre cœur malade, des blessures qu'il s était faites. Oh ! la belle et douce expiation , que les actes de la charité !
• De tous les exercices de la générosité , le plus noble , le plus étendu , le plus difficile , est celui qui porte aux autres hommes des s^ulagemens et une utile assistance dans les maladies morales. Mais quel médecin donnera d^utiles directions , si ce n'est celui qui a expérimenté -par lui-même les maux qu'il cherche à guérir 7 C'est dans le souvenir de nos fautes , que nous puiserons des conseils vraiment efficaces, et que nous trouverons aussi le secret du langage qui peut les faire entendre aux autres.