‹ Du perfectionnement moral, ou De l'éducation de soi-même, Volume 2Chapitre 88 sur 150 · LIV. III. SECT. II. CHAP. II. 22Q · texte numérisé non relu

LIV. III. SECT. II. CHAP. II. 22Q

rhonime public devra s'applaudir de sa fermeté , de rintégrité de son caractère, s'il est en butte aux clameurs de l'intrigue ; à quelles fureurs ne devra pas s'attendre celui qui , appelé à démasquer l'hypocrisie^ aura rempli ce devoir avec une courageuse fi^nchise. Un magistrat , nous en avons fait plus d'une 'ois l'expérience, n'a pas d'ennemi plus acharné que celui qui a vainement tenté de le corrompre. Il est impossible d'être sincère , sans blesser quelques vanités; juste, sans offenser quelques prétentions ; généreux , sans faire le procès à l'é- «goïsme. On l'a remarqué, et malheureusement la remarque ^t fondée, que l'inimitié la plus injuste porte presque toujours à celui qui en est l'objet, quelque pré* judice dans l'opinion ; ce sera encore une instruction à recueillir : cette expérience enseignera à ne point trop s'appuyer sur l'opinion , à en mesurer le prix ; elle enseigne un dernier sacrifice que re clame le devoir; elle contraint à chercher, à trouver dans le témoignage intime de la conscience, le véritable secret du repos et et de la force,

La présence de l'amitié alimente surtout l'amour du bien; celle de l'inimitié favorise surtout l'empire de soi.

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