DE LÀ YIE DV MONDE ET DE LA SOLITUDE
Le commerce des hommes est, pour rhorome, le premier moyen d'éducation. C'est par ce commerce qu'il est délivré de la yie sauvage et brutale des sens, qu'il' est introduit à la vie des affections et de la pensée ; la même influence raccompagnera encore à son entrée dans la vie morale.
De même que le langage , institué d'abord pour les communications réciproques ^ devient ensuite , pour chaque individu y un instrument qui développe ^ forme , fixe sa pensée et son jugement; de même aussi ^ en croyant n*être que spectateurs des actions des autres, nous nous étudions à notre insu dans autrui , comme dans un miroir qui nous réfléchit notre propre image; les différences même qui existent entre nos semblables et nous, nous instruisent à nous mieux connaître; elles multiplient pour nous les comparaisons et Jes contrastes. Ainsi y le commerce des hommes devient en réalité une école pour la réflexion intérieure. En découvrant ainsi ce que nous sommes , nous apercevons en même temps ce que nous pouvons devenir ; appelés à choisir, en présence de ces perspectives, nous sommes par là conduits à nous consulter nous-mêmes. La lutte des intérêts et des prétentions fait éclore le sentiment de la justice, les bienfaits reçus enseignent la recon-