‹ Du Phlegmon Sublingual dit Angine de LudwigChapitre 15 sur 32 · PORC · texte numérisé non relu

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un examen complet de la bouche, mais on Constale, et le blessé en a conscience, — que la langue est refouléce par la muqueuse gingivo-linguale qui forme un gros bourrelet bilatéral. La sécrétion de la salive est incessante, les mouvements de la langue impossibles; la déglutition es! des plus difficiles. Il y a de la dyspnée, menace de suffocation ; l’état général est des plus graves, et la température de 38°5 le matin, monte le soir à 40°. :

On était au huitième jour. Sans tarder, M. Delorme pratique une incision comme pour l'ouverture d’un adénophlegmon sous-maxillaire, tout en étant frappé, dans ce cas, de la symptomatologie si différente de celle des adéno-phlegmons et, en particulier, du refoulement de la langue par un gros bourrelet muqueux.

Cette incision sous-maxillaire, faite dans la région de la glande, à travers un tissu cellulaire épais de plusieurs centimètres, n’amène pas de pus ; il contourne du doigt la glande, pas de pus. Le gonflement énorme de la région et l'élévation de la température ne laissant cependant pas de doute sur sa présence, il prolonge l'incision en avant vers la ligne médiane ; il dissocie, puis coupe les fibres du mylohyoïdien et tombe dans une cavité remplie d'un pus assez mal liéet infect. Cette cavité est parallèle à la base de la langue et au maxillaire, Une sonde cannelée d'abord, puis l'index s'y enfoncent très librement, ce dernier jusqu'à sa base. Le siège du pus affirmait que l’on avait affaire à un phlegmon sub-lingual, à ce qu'on décrit sous le nom d’angine de Ludwig. Même incision du côté opposé, et même résultat. Pendant ces manœuvres, une certaine quantité de pus s'écoule par la bouche. Après avoir fait pencher en

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avant la tête du malade, on irrigue les cavités purulentes par des jets de solution boriquée poussés à travers des tubes à drainage de 10 à 12 centimètres de long qui atteignent le fond des deux cavités sub-linguales.

L'amélioration est presque immédiate. Dans la journée, la déglutition, comme les mouvements de la langue, sont un peu moins gênés ; la température baisse, puis progressivement la sécrétion des plaies, qui avaient donné passage à des débris de tissu cellulaire les premiers jours, est progressivement peu abondante; en dix à douze jours elle était tarie, mais il s’écoula plusieurs mois avant que ce malade retrouvât sa santé antérieure, et le bourrelet muqueux maxillo-lingual mit plus d’un mois à disparaître, affirmant

tardivement le diagnostic localiste.

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