OBSERVATION XXIX
(Communiquée par M. le D' Delorme, professeur de clint-
que cururgicale au Val- 'e-Grâce; trédite).
En]
Baptiste G..., 23 ans, entré à l'hôpital le 7 novembre 1892.
Le 3 novembre, après un violentmal dedents, (ladeuxième molaire était cariée) le malade constate et voit se développer à la face inférieure du maxillaire inférieur droit une tumeur qui gagne bientôt la région sus-hyoïdienne, le gonflement à marche excessivemnt rapide ne tarde pas à gagner le bord inférieur du maxillaire gauche et la région sushyoïdienne correspondante; bientôt le gonflement apparait dans l'intérieur de la bouche et s’étend jusqu’au pharynx.
Les mouvements de déglutition deviennent alors assez difficiles et le malade peut à peine avaler les corps solides ; seul, les aliments liquides passent sans occasionner de douleur véritable.
Une salive abondante s'écoule de la bouche.
Température 39,5.
À son entrée à l'hôpital, lé 7 novembre, on constate un gonflement très prononcé de la région sous-maxillaire toute entière; cette tuméfaction ne dépasse pas le cartilage thyroïde. Très prononcée du côté droit, elle l'est un peu
moins dæ eôté gauche ; l'aspect général est celui d’un fer à cheval sous-maxillaire. La peau est rouge, tendue.
A la palation, cet empatement sous-maxillaire donne la sensation de bois, contrastant avec le gonflement de la face qui est très œdémateux ; pas de fluctuation appréciable.
Le malade ouvre difficilement la bouche; l'écartement des arcades dentaires permet seulement l'introduction d'un: doigt. La langue est refoulée en haut et en arrière ; le tissu du plancher buccal est tuméfié et donne la sensation d'un bourrelet cylindroïde très dur, dans lequel les dents marquent leur empreinte; pas de pus dans la bouche. La face externe du maxillaire est libre.
La respiration est un peu gênée; la mastication et la déglutition sont devenues presque impossibles.
Tête penchée un peu en avant et du côté droit, côté où le gonflement est le plus considérable; pâleur de la face, aspect des infectés. à
Température 39,5 le matin.
Urines : ni sucre ni albumine.
On porta le diagnostic d’angine de Ludwig, c’est-à-dire phleemon sublingual.
Le 8 novembre. — Intervention par M. Delorme en présence de M. Mignon. Incision de 6 à 8 centimètres au dessous du menton, suivant une ligne parallèle à la branche horizontale du maxillaire inférieur à un travers de doigt du bord inférieur. La peau et le tissu cellulaire d’une épaisseur de 2 centimètres et demi furent incisés sans trouver de pus; on arriva ainsi sur la face inférieure du mylo-hy oidien. Avec la sonde cannelée, 02 débride parallèlement au bord inférieur du maxillaire le mylo-hyoidien dans une étendue
de 3 centimètres environ. Imédiatement issue de la quantité d'un dé à coudre, d’un pus mal lié et d’odeur très fétide. Il en sort également par la bouche. Un doigt introduit par l'incision, et un autre doigt dans la bouche, permit de constater entre les deux pulpes, l’interposition de la muqueuse du plancher de la bouche.
Lavages boriqués; drainage; pansement antiseptique, gargarismes boriqués très fréquents; alimentation liquide pendant quelques jours.
Le lendemain de l'opération (9 novembre) la température était redescendue à 37°,4 : deux jours après elle se maintenait à la normale. DRE
Alimentation liquide pendant quelques jours.
Amélioration rapide, persistance du bourrelet pendant plus de trois semaines. ;
L'examen bactériologique du pus à été égaré.