PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT
Puisque nous avons admis que le phlegmon sublingual se développe consécutivement à l'introduction d’un agent infectieux séjournant dans la bouche, il semble naturel de recommander l’antisepsie buccale comme prophylaxie de cette affection. Lorsqu'il y a ulcération de la muqueuse, amygdalité, dent cariée, etc., nous conseillerons d'employer plusieurs fois par jour pour les soins de la bouche des solutions antiseptiques telles que: acide borique à 4 p. 100, | thymol à 0,50, 1 gr. p. 1000 ; on pourra peut être ainsi éviter la formation de cette affection dont le pronostic est si
“| 3 grave. :
e Mais lorsque le phlegmon est formé, il faut intervenir à chirurgicalement sans attendre: car le processus est rapide et les complications ne tarderaient pas à apparaître. Nous Eee passerons sous silence le traitement médical comme étant Re inefficace : il y a une collection purulente, et 1l est du devoir du chirurgien d'aller la chercher au point où elle se + trouve. Nous proscrivons l'incision de la muqueuse buccale qui
paraît, à priori, la voie la plus directe pour l'atteindre; car,
outre que la contracture des mächoires la rend très difficile à pratiquer, il y aurait à redouter l’intoxication du malade par les produits antiseptiques énergiques employés pour désinfecter cette poche; de plus ce seraitune nouvelle porte ouverte aux germes.
C’est à l’incision de la région sus-hyoïdienne qu'il faut avoir recours: elle n’a aucun de ces inconvénients et ne présente aucun danger, malgrè la profondeur qu’elle doit avoir, si on procède avec prudence,
Deux cas peuvent se présenter : ou bien le phlegmon est bilatéral, ou bien il n’occupe qu’un seul côté.
Dans le premier cas, l’incision sera médiane, du milieu de l’os hyoide jusqu’à la symphyse du menton; après avoir incisé la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, qui atteint quelquefois une épaisseur de 4 à 5 centimètres, on découvre au fond de la plaie le raphé où s’entrecroisent les fibres du mylo-hyoidien; laissant alors le bistouri, on dissocie ces fibres à l’aide de la sonde cannelée, ce qui permet d'arriver directement sur la loge des glandes sublinguales, siège du phlegmon; le doigt introduit dans la plaie, facilite la sortie du pus s’il est formé, en décollant le muscle de chaque côté.
Lorsque le phleomon est unilatéral, M. Delorme conseille une section sous-maxillaire, parailele à la branche horizontale du maxillaire inférieur, à une distance d’un travers de doigt du rebord de cet os ; il fautencore pénétrer au-delà du muscle mylo-hyoidien en dissociant ses fibres à l’aide de la sonde cannelée ; le doigt fera le reste. Ces incisions ne seront faites qu'après avoir procédé à un nettoyage rigoureux de la région,
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