LIGAMENTS ARTICULAIRES
Dans le pied bot, les ligaments articulaires sont déviés, relâchés, étendus, quelquefois même raccourcis; cela varie suivant l’espèce de la déviation et le siège des ligaments que l’on considère ; mais on n’a pas assez recherché les différences que présente, à cet égard, le pied bot dans les deux périodes que nous avons admises. Tamplin a émis cette opinion que, dans le pied bot congénital, pendant les premières années de la vie, la laxité des ligaments est toujours suffisante pour permettre la réduction des parties, si les muscles ne s’y opposent pas. Dans cette manière de voir, l’état des ligaments n’ajouterait rien à la déviation.
Telle n’est pas l’opinion d’Adams, ni celle de Bouvier, qui, dans leurs dissections, ont toujours trouvé des ligaments assez tendus pour s’opposer au déplacement des surfaces; et si, à l’instar d’Holmes Coote,on faitla section de tous les muscles, les ligaments ne permettent pas la réduction ; on le voit, les ligaments prendraient dès lors une part directe et considérable à la permanence de la difformité.
L’opinion d’Adams repose sur cette observation que chez l’adulte affecté de pied bot congénital, le raccourcissement des ligaments est constant, que chez l’enfant il est toujours très-prononcé, et qu’enfindans la période intra-utérine il fait défaut vers le quatrième ou le cinquième mois pour n’apparaître qu’à partir du septième; dès lors, Adams suppose que dans la première enfance la rigidité des ligaments se met en harmonie avec la déviation du squelette, qu’elle tend à s’opposer au progrès de la déviation, de même qu’elle rendra difficile la réduction des parties; et quand le développement sera définitif, la rigidité ligamenteuse aura atteint son plus haut degré. Il y a, sous ce rapport, une différence bien marquée dans les deux grandes classes de pied bot congénital et de pied bot acquis ; dans la première, les ligaments sont épais, tendus, résistants, et apportent un obstacle réel à la réduction; dans la deuxième, les ligaments sont plus minces, plus lâches, plus faibles, et souvent la réduction est facile.
La direction des ligaments est en rapport avec la déviation des os, leur tension ou leur laxité avec le sens dans lequel a eu lieu le déplacement de ces os. Dans le varus, les ligaments dorsaux et externes sont allongés, les postérieurs et internes sont raccourcis; l’inverse se voit dans le valgus ; des modifications de même ordre ont lieu dans le talus et dans l’équin; mais il n’est pas nécessaire d’insister davantage.
Dans toutes ces variétés de pied bot, les ligaments plantaires profonds, ceux qui sont appliqués sur la voûte plantaire du pied, sont disposés de manière à
fixer les os dans leurs nouvelles positions ; quant à l’aponévrose plantaire, elle peut être normale, comme dans le talus pied plat et l’équin-valgus. Dans le varus congénital de l’adulte, ce ligament est toujours raccourci; chez l’enfant il l’est aussi, mais à divers degrés. Le varus est-il léger, c’est le faisceau interne qui seul est rétracté; la déviation est-elle plus marquée, la portion moyenne du ligament prend part au raccourcissement, et enfin dans les cas graves, le ligament se rétracte en entier.
Ajoutons que souvent on le trouve plus épais, plus dense , et que les cloisons fibreuses qui en partent pour se diriger vers le squelette, sont plus épaisses.