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jambe. A ce degré, la circulation est affaiblie, la température abaissée, les mouvements réflexes anéantis.
Dans le pied bot congénital, le membre s’accroît en proportion de la stature et du développement du reste du corps ; les saillies des muscles sont normales, la circulation est plutôt exagérée ; la chaleur y est trèsgrande. Dans l’un, la marche est incertaine, pénible, quelquefois douloureuse parce que le membre est luimême impotent; dans l’autre, la marche n’a de difficulté, que par le déplacement de la base de sustentation.
Le diagnostic du pied bot congénital avec les difformités dues aux contractures que l’on observe surtout dans la première enfance, paraît, au premier abord, présenter des difficultés des plus sérieuses. Le cas le plus embarrassant est celui où les convulsions sont survenues dans les premiers mois, et, dans lequel la déviation peu prononcée n’a pas attiré l’attention; mais à l’époque de la marche, la déviation se prononce, et l’on doit avec raison se demander si elle est d’origine congénitale. Au contraire lorsque le pied bot n’apparaît que beaucoup plus tard, on retrouve dans les renseignements antérieurs des indices étiologiques plus certains; cependant ici encore, comme pour le pied bot paralytique, toutes données peuvent faire défaut, et l’on doit alors puiser les éléments du diagnostic dans l’état des parties. Le pied bot par contracture revêt certains caractères spéciaux, et sa forme nous rend bien compte du mécanisme de sa production.
Bien rarement la contracture consécutive aux convulsions se localise dans un groupe de mus-
clés; le plus souvent, elle frappe un très-grand nombre d’entre eux, tous les muscles d’un membre, ou le plus ordinairement tous ceux d’une même section. Si la puissance musculaire du membre est égale dans les divers sens des mouvements de ce membre, celui-ci prend dès lors une attitude moyenne. Les recherches de Todd, de Charcot, de Bouchard, sur la contracture des vieillards, l’ont établi jusqu’à l’évidence. Y a-t-il, au contraire, dans le membre, des muscles dont l'action soit beaucoup plus énergiques dans un sens, leur excès de puissance, leur excès de contracture oserais-je dire, va se révéler et entraîner le membre dans une attitude déterminée; or le pied se trouve dans ce cas. Les muscles postérieurs de la jambe, fléchisseurs et adducteurs du pied, ont un poids, un volume, qui attestent cette prédominance d’action. Le pied sera donc entraîné par ces muscles, et il se placera dans la flexion et dans l’adduction, quelquefois uniquement dans la flexion, et bien plus rarement dans l’adduction seule. La malformation sera un équin varus ou quelquefois un varus seul. Envisagée en elle-même, la déviation va présenter les caractères de simplicité que l’on retrouve dans ces attitudes lorsqu’elles sont physiologiques ; de plus elle sera lente à se produire, lente à faire des progrès. Les altérations des osy sont rares, par suite les saillies du dos du pied moins accusées, et nous savons que tous ces désordres forment cortège à la difformité congénitale.
J’ai dit que tous les muscles étaient contracturés; ce caractère n’a donc plus de valeur, mais on doit accorder une bien plus grande importance à l’étude des
mouvements, car ils sont presque toujours possibles. Si la contracture n’est pas très-ancienne, on arrive facilement à la vaincre par quelques manœuvres prolongées. Si elle est de longue date, la résistance des muscles contracturés est, il est vrai, plus grande, mais cependant on peut encore faire exécuter quelques mouvements aux parties, et alors, dans ces tentatives de réduction, on éprouve une sensation toute spéciale qui est signalée par Bouchard ; la partie se réduit brusquement comme un ressort qui se détend, et l’on a donné le nom de bruit de ressort à cette sensation ; c’est la contracture qui a été brusquement vaincue. D’ailleurs il n’est pas jusqu’à l’attitude du sujet atteint de pied bot qui ne révèle dans la marche l’origine de cette affection.
Nous savons en effet, que dans le pied bot congénital la marche n’est que peu gênée ; le corps s’accorpmode à sa nouvelle base de sustentation, et tous les mouvements volontaires ont une certaine régularité. Dans le pied bot par contracture, la marche est beaucoup plus incertaine ; il .y a cîes mouvements exagérés, involontaires, et, par suite, des attitudes souvent désordonnées. Au surplus, la contracture acquise atteint souvent les deux membres inférieurs, et presque toujours ellea déterminé d’autres désordres dans Iesmuscles du cou, de la tête, des membres supérieurs, du rachis.
Ajoutons à cela des antécédents dont les traces évidentes rappellent manifestement son origine ; que ce soient des troubles de l'intelligence, un idiotisme, des troubles oculaires, une difficulté de prononciation, un
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vice de conformation des os du crâne, etc., tous ces symptômes confirment pleinement ce que le premier examen avait déjà révélé.
Et lorsque ce n’est plus une affection cérébrale, mais une contracture dépendant de l’hystérie, de la chlorose, etc., on trouvera dans la simplicité de la difformité et dans les symptômes propres à ces affections la nature étiologique du pied bot. Enfin ne pourrait-on pas, chez un adulte atteint de pied bot et en l’absence de tout renseignement, rechercher l’origine congénitale de la difformité? Qu’il nous suffise de dire que dans ce cas le raccourcissement du pied, l’impossibilité des mouvements, les subluxations produites, les saillies osseuses, le peu de modification qu’a subie le reste du membre, seront les caractères d’après lesquels on tentera de résoudre le diagnostic.