PRONOSTIC ET COMPLICATIONS
Quoique n’ayant eu à notre disposition qu’un nombre défaits très-restreint, nous avons montré dansnotre étiologie, le rapport du pied bot congénital avec les autres monstruosités incompatibles avec la vie. Dans ce paragraphe nous ne parlerons que des complications du pied bot congénital, observées à la naissance dans le membre du côté affecté. Ces conformations vicieuses siègent surtout au niveau des jointures du genou, de la hanche, ou dans la portion intermédiaire du membre. Dans l’articulation du genou on observe quelquefois une laxité très-grande de tous les ligaments, et le genou peut s’infléchir en tous les sens ; par contre on a
signalé aussi une rigidité ligamenteuse des plus prononcées, rigidité telle que la jambe est maintenue dans une position fixe, extension ou flexion. Des modifications analogues ont été observées dans la capsule fibreuse coxo-fémorale.
En dehors des jointures de la jambe, W. Adams indique un raccourcissement de cette section du membre ; ce n’est pas là une brièveté absolue, car elle tient à une courbure du tibia en avant, du péroné en dehors. Il en résultera plus tard une claudication pour l’enfant qui en est atteint.
Rappelons enfin que d’autres complications dont nous avons déjà parlé, telles que : absence du squelette, d’un des orteils etc., ont été aussi constatées; mais il nous est impossible d’établir dans quelles proportions elles s’observent dans le pied bot.
Après la naissance, les complications qui peuvent survenir résultent de ce que la marche et la station se font sur une tout autre partie que la face plantaire, et ces complications ne diffèrent pas dans le pied bot congénital de celles qui se présentent dans toute autre sorte de pied bot.
Trois éléments doivent être pris en considération pour établir le pronostic du pied bot congénital : la déformation des os, la rigidité ligamenteuse, le raccourcissement des muscles. Ce sont en effet ces états qui constituent les obstacles les plus sérieux à la réduction et qui par suite rendent la cure difficile. Or, nous avons décrit les modifications considérables imprimées par l’âge à la forme des os, à l’état des ligaments, à celui des muscles; donc, nous pouvons dire que plus on
s’éloigne de la naissance, plus la difformité se montre rebelle à la réduction, et moins efficace sera la thérapeutique.
D’ailleurs si aucun traitement n’intervient, chaque variété de pied bot congénital entraîne son pronostic. N’avons-nous pas établi en effet que le talus congénital guérissait souvent seul, que dans le varus chez les jeunes sujets, la marche est non-seulement possible, mais facile, et peut être longtemps soutenue. Levalgus est la difformité congénitale la plus grave, car par le progrès de la malformation la marche devient de plus en plus difficile^, les douleurs qu’elle détermine sont de plus en plus vives; leur intensité peut devenir telle que le malade redoute d’accomplir cet acte et se' condamne lui-même au repos.