ARS
d'indiquer, c’est celle qui succède, non plus à une fracture sus-malléolaire, mäis à une fracture de jambe plus haut située, c’est le pied bot par désaxement antéro-postérieur du tibia, décrit par Hardouin (1). Nous l’étudierons ici en raison de cette analogie.
Une fracture de jambe a été mal réduite ou mal maintenue corrigée, elle s’est consolidée de telle façon que les fragments osseux forment entre eux un angle obtus ouvert en avant.
L’articulation tibio-tarsienne est parfaitement saine, et cependant le pied est bien en équinisme quand il repose à plat sur le sol : l’axe de la partie inférieure de la jambe forme avec l’axe du pied non plus un angle droit, mais un angle obtus exactement égal à celui des deux portions du tibia.
La marche est difficile, fatigante, la boîterie prononcée, et la déviation devient assez vite irréductible en même temps que se forme à la longue un genu recurvatum résultant de l’hyperextension compensatrice du genou. e
IT. — LES PIEDS ÉQUINS DANS LES FRACTURES DE L’ASTRA- GALE OU DE LA MORTAISE TIBIO-PÉRONIÈRE.
Les blessures du cou-de-pied peuvent intéresser soit l’astragale, soit la mortaise tibio-péronière, soit encore à la fois l’astragale et la mortaise ; l’articula-
(1) HARDOUIN (P.). — Etiologie et traitement des pieds bots équins traumatiques (Rev. de Chir., janvier 1916).
tion tibio-tarsienne est directement compromise et l’infection dont elle est atteinte donne la mesure de la gravité de la lésion.
Dans la grande majorité des cas, cette infection est telle qu’une intervention immédiate s’impose : une simple esquillectomie est insuffisante, il faut drainer largement, et on ne peut le faire qu’en pratiquant une astragalectomie qui suffit souvent à conjurer le danger et évite au blessé une amputation.
Mais l’infection ne se présente pas toujours avec une apparence aussi redoutable, les lésions sont plus discrètes, et l’on a pu se borner à une esquillectomie et à une ablation des corps étrangers. Dans certains cas même, rares 1l est vrai, on a pu suturer la plaie cutanée sans qu'aucune complication ne soit survenue. Le danger vient alors non plus de l’infection, mais de la mauvaise attitude du membre.
En effet, l’attitude normale de repos de l’articulation tibio-tarsienne est l’extension, et si l’on n’y prend garde, c’est celle qui prendra le blessé en raison des moindres douleurs qu’il ressent, aussi le chirurgien doit-il à tout prix la combattre, ce qui n’est pas toujours facile en raison de la situation des plaies extérieures : des appareils spéciaux doivent être utilisés maintenant le pied en bonne position, à angle droit sur la jambe, tout en permettant les pansements. Faute de quoi l’équinisme se constituera d’une façon définitive par ankylose vicieuse de l’articulation tibiotarsienne. Cette articulation est en effet le siège d’une infection latente, atténuée, il s’y développe une arthrite chronique ankylosante qui obligerait par la
MT or
suite à des opérations correctives si l’on ne veillait à la bonne attitude du pied.