‹ Du pincement des vaisseaux comme moyen d'hémostase; leçon extraites du second volume des Cliniques chirurgicales du dr. PéanChapitre 14 sur 67 · DE NOS PINCES · texte numérisé non relu

DE NOS PINCES

Nous avons parlé jusqu'ici de nos pinces en tant que moyen hémostatique ; elles ont d'autres usages que nous vous avons souvent fait connaître, et, à ce point de vue, elles pourront vous être utiles. Permettez-moi de vous les rappeler :

r Elles peuvent remplacer la pince à pansement ; leur mode de fermeture est tellement supérieur à ce point de vue que, depuis que nous les avons imaginées, les fabricants ont supprimé toute autre pince à pansement dans les trousses.

2° Elles servent à l'extraction des corps étrangers, des séquestres, des projectiles, etc. , placés dans la profondeur des tissus. Leur mode de construction est tel, en effet, qu'elles peuvent être introduites à une assez grande profondeur et saisir les corps étrangers sans nécessiter un trop grand écartement et comme elles se ferment et s'arrêtent avec la plus grande facihté, une fois qu'elles ont saisi le corps étranger, elles deviennent fixes et permettent aisément de l'attirer au dehors. Ce n'est pas à dire qu'elles puissent remplacer tous les instruments ingénieux que possède l'arsenal chirurgical pour l'extraction

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des corps étrangers, mais elles suffisent dans un grand nombre de cas, et, comme elles se trouvent sous la main pour une foule d'autres usages, elles tous rendront de signalés services.

3° Elles servent à rétracter les plans musculaires, les vaisseaux, les nerfs et autres organes importants, dans bon nombre d'opérations. Appliquées sur les lèvres des plaies à diverses profondeurs elles servent de point d'appui aux aides pour écarter les bords et les faces de la solution de continuité et pour suppléer aux rétracteurs. C'est surtout dans les régions délicates, vasculaires, oii il importe de faire le moins possible de délabrements, que le chirurgien aura avantage à remplacer les rétracteurs parnospinces, en recommandant aux aides de n'introduire jamais les doigts dans les deux anneaux à la fois quand ils les maintiennent afin que par mégarde ils ne les ouvrent pas.

4° Elles servent à fixer les tumeurs pendant leur éuucléation. Il arrive souvent, en effet, qu'en plaçant plusieurs pinces entre la coque fibreuse et la substance propre de certaines tumeurs ganglionnaires, on a besoin d'appliquer ces pinces sur les vaisseaux nourriciers de la tumeur, quelques-unes d'entre elles servent de point d'appui pour fixer la coque, et la fixité qu'elles donnent rend l'énucléation ou le décollement plus facile et plus sûr.

5° Elles servent à passer les épingles, à les fixer pendant qu'on fait la suture entortillée : leurs rainures transversales également leur mode d'arrêt permet de saisir promptement et solidement les aiguilles. Si l'on veut faire la suture entortillée, une fois l'épingle passée, elle tend à se recourber sous la traction des fils quand elle est mince et flexible, et quand ses deux extrémités ne sont pas solidement maintenues. Aussi avonsnous l'habitude de saisir avec nos pinces chaque extrémité de l'épingle et de confier ces pince à des aides qui les maintiennent en place avec un doigt passé dans un des anneaux et non avec un doigt passé dans chaque anneau afin de ne pas s'exposer à les ouvrir involontairement. Ainsi appliquées, les pinces servent de points d'appui suffisamment résistants pour que l'affrontement soit obtenu sans que l'épingle cède, soit à son miheu, soit à ses extrémités.

6° Elles servent à fixer les éponges dans les cavités profondes telles que la bouche, le vagin : il est quelquefois nécessaire d'avoir des éponges qui se montent rapidement ; les pinces longues, droites ou courbes, de notre grand modèle sont excellentes pour remplir cet office.

7° Enfin nos pinces peuvent encore servir à divers autres usages ; c'est ainsi qu'elles remplacent avantageusement le porte-mèche, quand il s'agit de saisir une mèche ou un tube par son extrémité supérieure ou par son milieu pour l'introduire dans le fond d'une plaie, dans un canal tel, par exemple, que le rectum à la suite de l'opération de la fistule à l'anus. Elles servent aussi à fixer les lambeaux sans les écraser, lorsqu'on veut les attirer pour les suturer dans les anaplasties, etc.

Or, il n'est pas indifférent pour le chirurgien d'avoir entre les mains un instrument qui, à l'avantage d'être un bon moyen d'hémostase, joint celui de servir à une foule d'usages différents, comme nous venons de le montrer.

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