CONCLUSIONS
Il résulte, Messieurs, de l'historique que nous avons fait de la question, des considérations qui précèdent et de l'exposé des faits de notre pratique, que nous sommes autorisés à tirer les conclusions suivantes :
r Quoique d'origine ancienne, le pincement n'avait jamais été employé d'une façon méthodique avant ces dix dernières années ; ce n'était qu'un procédé fortuitement employé et, pour ainsi dire, de nécessité.
2° Le premier, j'en ai fait une véritable méthode, apphcable à toutes les opérations sanglantes, destinée à remplacer avec avantage tous les procédés d'hémostase et permettant d'étendre le champ de la médecine opératoire à des cas qui jusque-là étaient restés en dehors des ressources de la chirurgie.
3° Cette méthode présente un caractère d'originahté bien tranché et ne saurait être confondue avec aucune autre méthode d'hémostase.
4° Elle n'est devenue véritablement pratique et applicable à
DU PINCEMENT HÉMOSTATIQUE. 71
tous les cas qu'à partir du jour où nous avons fait construire des pinces spéciales qui, dans tous les catalogues des fabricants d'instruments de chirurgie, portent mon nom, auxquelles on donne communément aujourd'hui le nom de pinces hémostatiques^ en raison de leurs usages et, depuis cette époque, nous avons eu la satisfaction de les voir adopter par les chirurgiens notables de tous les pays.
5° Le pincement peut être préventifs temporaire ou définitif. Ces dénominations que nous avons créées, pour bien faire comprendre la méthode, doivent être conservées d'autant plus qu'elles ont été adoptées par les chirurgiens qui ont écrit depuis nous sur ce sujet.
6° Nos pinces, en effet, permettent d'obtenir:
a. L'hémostasie préventive dans un grand nombre d'opérations, en particuher dans celles qui se font dans les régions faciles à saisir, comme les paupières, le nez, les lèvres, les joues, les gencives, la langue, le palais, le pavillon de l'oreille, le scrotum, la verge, le cordon, la vulve, l'urèthre, le vagin, le rectum, le périnée, l'anus, et, d'une façon générale, pour toutes les tumeurs pédiculées ou faciles à pédicuhser ;
b. L'hémostasie temporaire dans toutes les opérations sanglantes ;
c. L'hémostasie définitive, chaque fois que Thémostasie temporaire paraîtra insuffisante.
7° Pour obtenir l'hémostasie définitive, il suffît, en général, de les laisser quelques heures ou même seulement quelques minutes, après l'opération ; mais il n'y aurait aucun inconvénient à les laisser plusieurs jours, comme cela est nécessaire dans certains cas, dans les anévrysmes, par exemple ; elles n'offrent, en effet, aucun des dangers des corps étrangers abandonnés dans les plaies.
8° Il n'est pas nécessaire, pour les appliquer, de disséquer, au préalable, les vaisseaux : il est même plus avantageux de comprendre dans leurs mors une petite épaisseur des tissus voisins. La rapidité d'exécution qui en résulte ne nuit en rien à la sûreté de l'hémostase lors même qu'au lieu d'être temporaire le pincement doit être définitif.
9° La vulgarisation de nos pinces est due à leur légèreté, leur solidité, leur application facile.
10° Outre la petite pince hémostatique ordinaire, il est nécessaire d'employer comme nous, suivant les cas et les régions, des pinces longues, droites ou courbes, à mors mobiles, en T, en cœur, etc.
ir Enfin nous avons démontré que toutes ces pinces, pendant le cours des opérations, peuvent être destinées à plusieurs usages dont quelques-uns sont d'une réelle importance. ^ D'ailleurs les faits, mieux que toutes les considérations théoriques, plaideront en faveur de cette opinion. MM. Deny et Exchaquet en ont déjà puisé dans ma pratique un nombre suffisant; cependant je crois utile de vous en citer d'autres dont vous avez été témoins, pour mieux vous rappeler: la ligne de conduite à suivre dans chaque cas particuher.