‹ Du placement des capitaux en valeurs de Bourse (volume 2)Chapitre 26 sur 105 · Pour 1882, le dividende a été de 65 fr. seulement · texte numérisé non relu

Pour 1882, le dividende a été de 65 fr. seulement

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liorer légèrement, et cela depuis deux ans seulement. »

Gomment expliquer ces résultats? Gomment se fait-il que les accroissements de recettes n’aient pas donné lieu à des accroissements proportionnels de dividendes? La raison en est dans l’obligation imposée par l’Etat aux Compagnies de créer une foule de lignes improductives dont le capital, emprunté au public sous forme d’obligations garanties par lui, était rémunéré en fait parles accroissements de recettes. En 1865, le réseau des Compagnies ne comprenait que 13,079 kilomètres d’étendue, et le capital dépensé par elles ne dépassait guère 6 milliards. Au 31 décembre 1880, le réseau des lignes d’intérêt général était de 23,612 kilomètres, dont le prix total d’établissement atteignait plus de 10 milliards. Dans cet ensemble, la part des six grandes Compagnies était de 20,509 kilomètres et de 9 milliards 468 millions. En seize ans, elles ont construit plus de 7 mille kilomètres de voie ferrée. Leurs accroissements de recettes ont donc servi à doter notre pays d’un vaste réseau, qui n’a presque rien coûté à l’Etat et qui lui rapporte, tant en impôts qu’en économies réalisées sur les transports, plus de 230 millions par an. Voilà où ont passé les scandaleux dividendes des compagnies.

VII. Des tarifs des compagnies de chemins de fer. — On vient de voir combien sont peu fondées les étranges accusations, répétées sur la foi de la rumeur publique, contre les énormes dividendes des Compagnies de chemins de fer. Etranges accusations, en vérité, si elles étaient fondées, et qui tendraient à anéantir tou-

tes les énergies individuelles pour y substituer la force aveugle et brutale de je ne sais quel niveau égalitaire. Nous allons montrer maintenant ce qu’il faut penser des doléances relatives à l’abaissement des tarifs; mais nous devons auparavant donner quelques explications indispensables.

Les tarifs des Compagnies de chemins de fer se divisent en deux grandes catégories : ceux qui concernent les voyageurs et ceux qui sont relatifs aux marchandises.

Les tarifs concernant les voyageurs ne présentent aucune complication : ils sont établis par kilomètres et par têtes, selon la classe des voitures. Le cahier des charges accepté par les Compagnies en détermine le maximum ; mais celles-ci peuvent l’abaisser, à la condition de maintenir, pendant trois mois, la réduction qu’elles ont faite. — La plupart des Compagnies, notamment celle des chemins de fer de l’Etat, ont adopté des tarifs à prix réduits pour les trajets d’aller et retour; d’autres ont établi des tarifs d’abonnements pour les localités situées à proximité des grands centres. Nul doute qu’il n’y ait encore des progrès à réaliser dans ce sens.

Les tarifs relatifs aux marchandises demandent quelques explications. Il y a, en premier lieu, le tarif général, qui représente le prix habituel des transports de marchandises, celui qui doit être appliqué communément pour toutes les marchandises. A cet effet, les objets qui peuvent être transportés ont été divisés en 4 classes : chaque classe se subdivise elle-même en un cer-

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tain nombre de marchandises-types, dans lesquelles on fait rentrer par assimilation tous les objets transportés. Chaque marchandise-type a son tarif établi par tonne et par kilomètre, par grande vitesse ou par petite vitesse.

Le tarif général établi comme point de départ, voici les modifications qui peuvent y être apportées.

On a dû d abord dresser un tarif exceptionnel pour certaines marchandises dont le transport présente des difficultés. Ainsi les prix sont augmentés de moitié pour les masses indivisibles pesant de 3,000 à 5,000 kilogrammes. Les Compagnies ne peuvent pas être contraintes à transporter des marchandises pesant plus de 5,000 kilogrammes. Si elles y consentent, elles s’obligent par cela même à elfectuer, pendant trois mois au moins, tous les transports de même nature qui leur seraient demandés. — Le tarif exceptionnel est également applicable au transport des objets qui demandent des soins tout particuliers, comme les matières inflammables, les animaux dangereux, les bijoux.

A l’inverse, on a considéré que les tarifs pouvaient être réduits à raison de certaines conditions exceptionnelles acceptées par les expéditeurs, et l’on a imaginé des tarifs spéciaux ou conditionnels pour le cas où ceux-ci consentiraient à des délais de transport plus longs que les délais d’usage ou à des transports en wagons découverts, en vrac suivant l’expression usitée.

On a considéré aussi que les tarifs devaient être également réduits à raison de certaines circonstances favorables à l’entreprise de transports, et l’on a établi

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