‹ Du placement des capitaux en valeurs de Bourse (volume 2)Chapitre 27 sur 105 · Tome II. 4n · texte numérisé non relu

Tome II. 4n

des tarifs différentiels. — Ainsi on applique les tarifs différentiels, c’est-à-dire qu’on fait subir une réduction aux tarifs généraux, à raison de la distance à parcourir, ou de la quantité des marchandises remises par le même expéditeur. Il en est de même lorsque les marchandises expédiées doivent éviter à la Compagnie des retours à vide de ses wagons, lorsqu’elles doivent circuler entre deux villes qui ne sont pas reliées entre elles par un chemin de fer direct, ou lorsqu’il s’agit d’attirer sur le territoire français des marchandises expédiées de l’étranger et qui ne font que passer en France. Les Compagnies de chemins de fer accordent le tarif différentiel lors même que le parcours sur leurs lignes serait insuffisant, si le trajet, effectué sur plusieurs lignes, comprend dans son ensemble les distances requises pour donner droit à la réduction.

Telles sont les bases sur lesquelles sont établis les tarifs de nos chemins de fer. Il nous reste à dire quelques mots de la question de leur abaissement et de leur unification entre toutes les Compagnies.

L’abaissement des tarifs est évidemment désirable, mais il ne faut pas croire que les Compagnies n’aient fait aucune concession. Elles n’ont, il est vrai, abaissé leurs tarifs que graduellement; mais elles n’en ont pas moins fait jouir le public de réductions sérieuses, soit au moyen d’un abaissement direct, soit par l’établissement de tarifs spéciaux et de tarifs différentiels. Ainsi le tarif kilométrique moyen des voyageurs, qui était de 0.591 en 1857, est tombé à 0.502 en 1880. Pour les marchandises, le prix moyen de la tonne kilométrique,

DES CHEMINS DE FER

qui était à l’origine de 11 centimes, est descendu successivement à 8, à 7 et à 6 centimes. Il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs les améliorations apportées en même temps au service, au point de vue du confort, de la vitesse et de la multiplicité des trains, ainsi que les dépenses qui ont été faites pour assurer la sécurité des voyageurs, telles que l’adoption des freins perfectionnés, la création de doubles voies partout où la circulation des trains est trop active.

Un autre progrès, qui est également en voie de réalisation, est celui de la simplification des tarifs, de leur acheminement vers l’unification, de manière à ce que les tarifs généraux des diverses Compagnies arrivent à se confondre, autant que possible, dans un tarif général commun. Mais s’il est à souhaiter que les Compagnies simplifient leurs tarifs et établissent entre eux certaines concordances, il n’est pas possible qu’elles puissent obtenir une unification absolue, parce que leur trafic n’est pas le même. Quoi qu’il en soit, un grand pas a été fait vers la simplification en 1879. Toutes les marchandises de même nature ont été réparties en séries qui figurent uniformément dans la classification de chaque Compagnie, sous des dénominations identiques et avec le même numéro de série.

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