‹ Du placement des capitaux en valeurs de Bourse (volume 2)Chapitre 59 sur 105 · COMPAGNIE DES MESSAGERIES MARITIMES · texte numérisé non relu

COMPAGNIE DES MESSAGERIES MARITIMES

Historique. — Notions générales. — Emprunts par obligations.

— De la situation financière de la Compagnie.

I. Historique. — L’établissement des chemins de fer en diminuant les distances, en mettant en rapport immédiat les lieux de production avec les lieux de consommation, a accru singulièrement l’importance des villes maritimes.

Le développement de la circulation intérieure appelle, en effet, un développement proportionnel de la circulation extérieure, et la navigation maritime est le complément naturel des chemins de fer. L’essor donné aux entreprises maritimes a son point de départ dans

DES SOCIÉTÉS INDUSTRIELLES. 257

Je mouvement imprimé aux transports par la création des voies ferrées.

C’est en 1835 que le gouvernement français eut l’idée d’établir un service de bateaux à vapeur partant de Marseille pour desservir, à époques fixes, les divers ports du littoral de la Méditerranée. Cet exemple ne tarda pas à être suivi par l’Angleterre, l’Autriche, les Etats-Unis. Pendant quatorze ans, le service de la Méditerranée continua à être exécuté par l’Etat. Mais ce n’était pas sans lui imposer des sacrifices : chaque année accusait un déficit de 3,500,000 fr. ; en 1847 et 1848, le déficit était même monté à 4,200,000 fr., non compris les frais généraux, l’intérêt du capital, l’assurance et la dépréciation. Tant il est vrai que l’Etat est un mauvais administrateur en matière de commerce et d’industrie. Ce fut alors qu’on songea à confier l’entreprise à l’industrie privée, et, quelques années plus tard, une loi du 8 juillet 1851 accorda la concession du service de la Méditerranée à une Compagnie privée, qui prit le nom de Compagnie des Messageries Nationales.

La Compagnie des Messageries Nationales, appelée aujourd’hui Compagnie des Messageries Maritimes, s’est formée au capital de 24 millions, divisé en 4,800 actions de 5,000 fr., comprenant deux séries de 2,400 actions chacune. La première série fut seule émise, avec un versement de 2,500 fr. par action ; ce qui portait à 6 millions seulement le capital versé et immédiatement disponible. La Compagnie obtint dès le début de brillants résultats, qui lui permirent de distribuer, une année, à ses actionnaires un dividende de 600 fr. pour

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