Tome II
Tannée 1881. Elle possède, en outre, une agence à Londres, et des bureaux de quartiers, répartis dans les différents quartiers de Paris. La Société générale alsacienne, qui a pris la suite de ses affaires en Alsace- Lorraine^ également des agences à Colmar, Strasbourg, Mulhouse, Metz et Guebwiller.
Cette création d’agences et de bureaux de quartiers a été une innovation très heureuse et qui a depuis été imitée par d’autres établissements de crédit. Elle a contribué puissamment au développement de la Société générale. Les villes éloignées des grands centres et où les moyens de communication sont difficiles les ont accueillies surtout avec une grande faveur. Dans les premiers temps, la Société n’avait procédé à la création de nouvelles agences qu’avec une certaine circonspection; mais à mesure que l’expérience lui a appris les résultats qu’on pouvait en obtenir, quelles ressources et quelles aides elles venaient apporter au siège social, avec quel empressement elles étaient partout accueillies, elle s’est mise résolument à l’œuvre, et elle en a établi dans toutes les villes d’une certaine importance.
Par suite du développement de ses agences, la Société générale a pu organiser une branche nouvelle d’opérations, qui rentre essentiellement dans les fonctions d’une Banque de commerce, le service de l’encaissement et du recouvrement. Avant que ce service fût complètement organisé, elle était obligée de s’adresser à des banquiers particuliers pour l’encaissement des effets qui lui étaient remis par sa clientèle, d’où il résultait pour elle des conditions relativement onéreuses
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et des retards forcés apportés dans le service, surtout pour les effets déplacés. Le Conseil d’administration a jugé avec raison qu’avec son organisation et ses agences, la Société devait faire directement son service d’encaissement. Dans ce but, un tarif général pour la France et l’étranger a été établi et envoyé à tous ses correspondants. Cette œuvre nouvelle est un symptôme des tendances actuelles de la Société à revenir de plus en plus aux opérations commerciales et à en faire la base principale de son industrie.
III. Des opérations de la société générale. — Les opérations de la Société générale consistent :
1° A escompter les effets de commerce payables à Paris, dans les départements et à l’étranger; les effets, bons et valeurs émis par le Trésor public, les villes, communes et départements; les warrants ou bulletins de gage concernant les marchandises déposées dans les magasins généraux ; et, en général, toutes sortes d’engagements fixes résultant de transactions commerciales et industrielles et d’opérations faites par toutes administrations publiques.
2° A se charger de tous les recouvrements et encaissements pour le compte des associations patronnées, clients et correspondants ; àpayer tous coupons d’intérêts et de dividendes; à accepter et à payer tous mandats, chèques ou traites ou lettres de change dont la couverture aurait été faite.
3° A ouvrir des crédits, avec ou sans nantissements ;
4° A prêter son concours à des sociétés déjà constituées
ou à constituer, pour toutes sortes d’entreprises ; — à se charger delà constitution de ces sociétés, de l’émission de leur capital et à y prendre une ou plusieurs parts d’intérêt, sans que le total des capitaux consacrés à cet objet puisse excéder la moitié du capital social ;
5° A contracter et négocier tous emprunts publics ou autres ; à ouvrir toute souscription pour leur émission ; à participer à ces emprunts et à ces souscriptions.
Les opérations des agences départementales et des bureaux de quartier établis à Paris consistent principalement à ouvrir des comptes de chèques, et à se charger, pour leurs clients, de tous encaissements d’effets, coupons, factures visées, etc. ; à recevoir en dépôt tous titres et valeurs ; à recevoir et transmettre tous ordres de Bourse ; à escompter les coupons des principales valeurs ; à délivrer des délégations ou des chèques sur toutes les caisses de la Société.
Le solde des comptes courants doit être représenté par des valeurs de portefeuille escomptables à 90 jours, ou par des rentes, bons du trésor et autres valeurs sur lesquelles la Banque de France fait des avances.
Sont interdites les opérations à terme sur les fonds publics français et étrangers, et sur les actions des Compagnies. Mais cette interdiction n’est pas applicable aux reports, ainsi qu’aux opérations qui se rattachent à des valeurs émises par la Société.
III. De la situation actuelle de la société générale. — Les opérations de la Société générale peuvent, comme on vient de le voir, se diviser en deux catégories : en
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opérations de commerce, et en opérations d’émissions et de participations. Sous ce dernier rapport, ellea prêté son concours à un grand nombre d’affaires françaises etétrangères, parmi lesquelles nous citerons : l’affaire des guanos du Pérou, l’entreprise du port de Callao, la caisse générale des familles, l’Urbaine-accidents, le chemin de fer des Asturies, Galice et Léon, l’emprunt de la république argentine, l’emprunt hellénique, le Crédit foncier égyptien, la Banque générale d’Egypte, le Rio-Tinto, les obligations ottomanes privilégiées, etc. — L’affaire de la participation aux guanos touche à sa fin ; quant à l’entreprise du Callao, elle souffre toujours de la situation dans laquelle est le Pérou.
Voyons maintenant quel a été le chiffre des affaires de la Société pourl’exercice de 1882. Durant cet exercicet le mouvement général de lacaisse a été de 12,317,686, 482 fr. ; — celui du portefeuille de 6,260, 859, 1 10 fr. celui des comptes de chèques de 3,698,540,237 fr. ; — celui des coupons encaissés de 242,994,855 fr.; — celui des ordres de Bourse au comptant de 776,686,199 fr. — Les comptes de chèques ont été au nombre de 45,354 ; leur solde était, au 31 décembre 1882, déplus de 135 millions. Le solde des dépôts à échéance fixe était, à la même date, de plus de 114 millions, celui du portefeuille de plus de 125 millions. — Les bénéfices nets ont été de 4,975,604 fr., et ont permis la distribution d’un dividende de 18 fr. 04. Ce dividende est inférieur à celui de 1881, qui était de 23.19 ; mais il faut tenir compte des conditions particulièrement défavorables de l’année 1882.
SECTION VI