‹ Du placement des capitaux en valeurs de BourseChapitre 111 sur 135 · Décrets du 22 décembre 1849 et du 6 août · texte numérisé non relu

Décrets du 22 décembre 1849 et du 6 août

succursales dans les départements où il n’en existerait pas. En outre, la Banque de France s’obligea à prêter à l’Etat une somme de cent millions contre des inscriptions de rente 3 p. 100 qui furent immobilisées.

Depuis 18o7 jusqu’au mois de juillet 1870, la Banque de France poursuivit ses opérations d’après les nouvelles bases établies par la loi de 1857. Le taux de ses escomptes, qui avait été jusqu’alors à peu près invariable, et qui, dans tous les cas, n’avait pas pu dépasser la limite légale de 6 p. 100, fut dès lors sujet, en raison de son nouveau privilège, à une plus grande mobilité, et, dès la fin de l’année 1857, il était élevé successivement à 7, à 8, àOet àlOp. 100. Il redescendit les années suivantes, en oscillant entre 3 et 7 p. 100. « Cette mobilité, observe le compte rendu aux actionnaires pour l’année 1861, ne cesse de protéger nos encaisses. Son efficacité est démontrée par les résultats. » Le rapport du gouverneur présenté à l’assemblée, pour l’exercice de 1862, exprime la même pensée *.

On connaît les graves événements qui marquèrent d’une trace ineffaçable les années 1870 et 1871 : la défaite de nos armées, l’envahissement du territoire, Finvestissement et le siège de Paris ; puis la guerre civile avec toutes ses horreurs succédant à la guerre nationale, les pouvoirs publics ébranlés, la société menacée d’une liquidation sociale. On sait aussi quel a été le rôle de la Banque de France durant cette crise sans exemple ; avec quelle fidélité et quel courage elle a conservé le

1. Rapports et comptes rendus aux actionnaires, exercices de 1871 et de 1872.

DE LA BANQUE DE FRANGE

dépôt de la fortune publique et de la fortune privée. Ce qui est moins connu, ce sont les opérations de la Banque pendant cette longue crise, ce sont les mesures prises avec autant d’habileté que de dévouement à la chose publique. Voici comment s’expriment, à cet égard, les comptes rendus du gouverneur aux assemblées d’actionnaires des 13 juillet 1871 et 25 janvier 1872.

(( Aucune période de notre histoire politique et financière n’a présenté des événements plus graves et plus imprévus. La Banque, forte de la confiance publique, a prouvé, de nouveau, la solidité de son institution et de son crédit, en répondant à tous les besoins, à ceux de l’Etat, comme à ceux du commerce et de l’industrie.

» Après avoir supporté le siège, la Banque de France subissait un nouveau blocus et traversait les plus périlleuses épreuves. Les membres du gouvernement et du Conseil général de, la Banque étaient alors dispersés, soit par la fatale nécessité des événements, soit pour remplir des devoirs de service.

» L’un des sous-gouverneurs, M. le marquis de Plœuc était resté à Paris avec MM. Durand, notre honoré doyen, Davillier, Denière, Millescamps et Siéber, régents, et M. Fère, l’un des censeurs. Ils ont eu à faire face à d’énormes difficultés et à des dangers redoutables. Grâce à leur conduite constamment habile et ferme, grâce à leur dévouement absolu aux grands intérêts dont ils avaient la garde, grâce enfin à un concours de circonstances qu’il a fallu prévoir ou mettre à profit, la Banque centrale est restée debout, intacte,

au milieu des convoitises qui la menaçaient et des incendies et des désastres qui l’entouraient.

» Pendant cette douloureuse période, il y a eu, dans beaucoup de nos succursales, de très vives craintes à l’occasion des violences et des émeutes provoquées par le parti révolutionnaire. La succursale de Marseille a été un moment envahie ; et des mesures de prévoyance et de sûreté ont dû être prises à Lyon, à Saint-Etienne, à Toulon, partout enfin où l’on pouvait redouter le désordre et le pillage. Déjà le personnel de nos succursales, administrées par M. Cuvier, premier sous-gouverneur, et délégué à Tours, puis à Bordeaux, avait eu, pendant toute la durée du premier siège de Paris, à supporter de grandes fatigues et à déployer beaucoup de zèle et de fermeté, au milieu d’exigences de toutes sortes, et d’un mouvement considérable d’argent et de billets. Aussi, messieurs, la Banque de France, si courageusement préservée à Paris, a été assez heureuse encore pour ne rien perdre dans les départements, et elle peut aujourd’hui représenter à tous la masse entière de ses valeurs, de ses titres et de ses dépôts h

» En 1871, la Banque de France a continué résolument l’œuvre que les circonstances lui avaient imposée dès les derniers mo‘s de l’année 1870. Vis-à-vis du commerce et de l’industrie, il fallait prévenir les souffrances, les ruines, et faciliter par des mesures larges et bienveillantes, la liquidation des affaires engagées, aussi bien que la reprise du travail et des transactions.

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