fr. de rente française 5 p
2,500 fr. de rentes russe, turque, italienne, 5 p. 100.
800 florins or Autrichiens, 4 p. 100.
1,200 florins or Hongrois, 6 p. 100.
300 piastres de rente intérieure ou extérieure espagnole, 3 p. 100.
25 actions ou obligations de chemins de fer, sociétés de crédit, compagnies industrielles, etc.
Ce minimum pouvant être doublé, triplé, etc., on peut acheter ou vendre 1,500 fr.*; 3,000 fr. ; 4,500 fr. ; 6,000 de rente 3 p. 100 ; — 2,500 fr. ; 5,000 fr. ; 10,000 francs, etc. de rente 5 p. 100; — 25, 50, 100, etc. actions de chemins de fer ou de sociétés de crédit.
Par suite, le courtage pour les opérations à terme a été fixé, comme on l’a vu précédemment, d’après les quantités ci-dessous :
20 fr., pour l’achat ou la vente de 1,500 francs de rente 3 0/0 ; — 25 fr. pour 2,500 fr. de rente française 5 0/0 ou de rentes étrangères; — 12.50 pour 25 titres cotés au-dessous de 500 francs; — 1/8“ p. 100 pour 25 titres cotés au-dessus de 500 francs et n’ayant qu’une liquidation; — 1/10™ p. 100 pour les titres cotés également au-dessus de 500 francs, mais ayant deux liquidations par mois.
En outre des droits de courtage, chaque compte de liquidation est frappé d’un droit uniforme de 1 fr. 90, à quelque chiffre qu’il s'élève.
Les opérations à terme se divisent en deux catégories bien distinctes : 1® Les marchés fermes; 2® les marchés à prime.
IL Des marchés fermes. — Les marchés fermes sont des opérations à terme proprement dites, qui sont définitives et qui consistent à acheter ou à vendre des valeurs qu’on suppose devoir être livrées et payées à une époque déterminée, appelée liquidation. Les époques de liquidation sont fixées au 1®" et au 16 de chaque mois. Certaines valeurs, comme les rentes françaises, les obligations des villes, les chemins de fer n’ont qu’une liquidation fixée à la fin de chaque mois, ou, pour parler plus exactement, au 1®" du mois suivant ; les autres valeurs ont deux liquidations par mois, celle du 16 et celle de la fin du mois. On a voulu rappro-
cher les époques de liquidation pour les valeurs qui sont sujettes à des variations rapides, afin de rendre moins sensibles les différences résultant de la hausse ou de la baisse.
Les règlements de la chambre syndicale des agents de change ne permettent pas de faire des opérations à un terme plus éloigné. Dans les Bourses étrangères, aucun règlement ne s’oppose à ce que le spéculateur s’engage pour le terme qui lui convient.
Les spéculateurs n’étant obligés de prendre livraison des titres achetés ou de livrer les titres vendus que le jour de la liquidation, ont, par conséquent, tout ce laps de temps pour revendre ou racheter suivant leur convenance.
Régulièrement, lorsque le jour de la liquidation est arrivé, les opérations à terme devraient s’exécuter par la livraison des titres vendus contre le paiement effectif du prix. Mais, presque toujours, elles se règlent, d’un commun accord entre le vendeur et l’acheteur, par le simple paiement que fait le perdant de la différence des cours au jour du marché et à la fin du mois.
Ainsi, Pierre croit à la hausse de la rente 3 p. 100. Il achète le 1" octobre, au cours de 80 francs, 3,000 fr. de rentes « livrables à fin courant fixe ou plutôt à volonté » suivant la formule du marché. Si l’opération était sérieuse, Pierre devrait payer à la fin du mois 80,000 fr., et prendre livraison des titres. Mais le plus habituellement, il n’a opéré qu’en vue de réaliser un gain sur les différences résultant de la hausse présumée : en conséquence, si, dans l’intervalle entre l’opé-
ration qu’il a faite et la liquidation, le 3 p. 100 est monté par exemple à 81 francs, il n’a pas besoin d’attendre la fin du mois pour se liquider ; il peut revendre à terme, c’est-à-dire livrables à la fin du mois, les rentes qu’il a achetées, et il se liquidera par ce fait même puisqu’il recevra d’une main ce qu’il donnera de l’autre. Seulement, il ne touchera les différences établies en sa faveur, soit la somme de 1,000 francs, qu’à la fin du mois, lors de la liquidation. — S’il n’a pas vendu ses rentes dans l’intervalle de la livraison, et si le jour de la liquidation la rente est à 81 francs, il revendra ce jour-là et il aura également un gain de 1,000 francs. — Si, contrairement à ses prévisions, la rente a ba’ssé, si, par exemple, le 31 octobre elle est tombée à 78 francs, il sera en perte de 2,000 francs. Il lui restera toutefois, ainsi qu’on le verra plus loin, la ressource de se faire reporter à la liquidation suivante. Au surplus, pour faire une opération de cette nature, Pierre n’a pas besoin de posséder actuellement 80,000 fr. : il suffit qu’il remette en dépôt à son agent de change des valeurs représentant une somme suffisante pour le garantir de la perte éventuelle.
Autre exemple.
Paul croit à la baisse de la rente 3 p. 100. Il vend le 1®"’ octobre, au cours de 80 francs, 3,000 fr. de rentes livrables fin du mois ou à volonté, moyennant le prix de 80,000 francs. Il n’a d’ailleurs en vue que de réaliser un gain sur la différence des cours. Si, dans l’intervalle de la livraison, le 3 p. 100 tombe à 78 francs, il en profitera pour acheter à terme, livrable
fin du mois, si, d’ailleurs, il pense qu’il n’y aura pas une plus forte baisse ; et, comme dans le cas précédent, il se liquidera par ce fait même puisqu’il recevra ainsi le prix qu’il doit donner à son vendeur ; à la fin du mois, il touchera la différence de 2,000 fr. existant en sa faveur. — S’il ne s’est pas racheté dans l’intervalle de la liquidation, il sera liquidé au cours de compensation, et si, à ce moment, la rente est montée, par exemple à 82 francs, il sera en perte de 2,000 francs.
Ces opérations n’étant pas réelles et sincères, le spéculateur qui a acheté à terme n’a pas, comme on le voit, à se préoccuper du paiement du prix. Il suffît que, dans l’intervalle du marché à la liquidation, il revende les titres qu’il a achetés, ou qu’il exécute cette revente le jour de la liquidation. Le prix qui lui est dû à raison de la revente ainsi opérée, représentera celui dont il est débiteur. Ces deux opérations, l’achat de titres à terme et la revente de ces mêmes titres avant l’expiration du terme, seront ainsi la contre-partie l’une de l’autre. Le spéculateur paiera les titres achetés avec l’argent provenant de la revente ; et s’il a revendu plus cher qu’il n’avait acheté, il bénéfîciera de la différence. En réalité, il n’y aura pas de paiement effectif, et tout se réglera par des différences. — Pareillement, le spéculateur qui a vendu à terme des valeurs qu’il n’avait pas, se rachètera dans l’intervalle de son marché à la liquidation et livrera les titres ainsi rachetés, ou plutôt il ne livrera rien, tout se réglera par des différences.
Les opérations ainsi faites en vue de spéculer sur des différences, et dans lesquelles les spéculateurs
achètent sans avoir l’intention ni les moyens de payer le prix, ou vendent sans se préoccuper de la livraison des titres, sont appelées quelquefois opérations à découvert. Celui qui achète des titres sans avoir les fonds nécessaires pour les lever achète à découvert, et celui qui vend des titres qu’il ne possède pas vend à découvert. On emploie également cette locution pour exprimer que la quantité des ventes d’une valeur dépasse le nombre de titres en circulation : on dit alors qu’^7 s est formé un découvert sur telle- valeur. Pareillement, quand les vendeurs sont dans la nécessité de se racheter, on dit le découvert se rachète.
On verra tout à l’heure dans quelle hypothèse les vendeurs à découvert peuvent être contraints de se racheter. Nous devons faire remarquer dès maintenant que toutes les opérations à terme convergeant nécessairement à la hausse ou à la baisse, les spéculateurs se partagent en deux camps opposés, les haussiers et les baissiers. Ceux qui achètent à terme sont par là même engagés à la hausse, car ils achètent pour revendre avec bénéfice avant que l’époque de la liquidation soit arrivée. Et, en sens inverse, ceux qui vendent à terme comptent sur une baisse pour se racheter à meilleur marché avant la liquidation et réaliser un gain.
Des opérations immenses se font ainsi, les unes en prévision d’une hausse, les autres sur la probabilité d’une baisse, sans que de part et d’autre il y ait intention de payer les effets que l’on achète ou de livrer les titres qu’on vend. Une estimation faite en 1855, d’a-
près le montant des courtages s’élevant à 80 millions, a porté à 32 milliards par an le chiffre des opérations à terme. Presque toutes ces opérations sont des spéculations; les opérations sérieuses sont à peine dans la proportion de 1 à 20. Depuis cette époque, le mouvement s’est accru dans de grandes proportions, et il faut l’évaluer à 30 milliards au moins par année. C’est précisément à cause des difficultés que présenterait la liquidation de ce chiffre immense d’affaires, que les agents de change ont décidé que les négociations à terme ne pourraient s’effectuer, comme on l’a vu, que par des quantités fixes.
Tel est, dans ce qu’il a de plus essentiel, le mécanisme des opérations à terme. Nous devons maintenant entrer dans quelques explications sur certains points très importants, tels que l’escompte, la liquidation, les marchés à prime, les reports, etc.
III. Des ESCOMPTES. — On entend par escompte^ le droit qu’a tout acheteur à terme d’obliger son vendeur à lui livrer les titres achetés avant l’échéance du terme, moyennant le paiement immédiat du prix convenu. Afin d’éluder les anciennes prohibitions relatives aux jeux de Bourse, le spéculateur qui achète des valeurs à terme stipule dans le contrat que ces valeurs sont livrables « à terme fixe ou plutôt à volonté » ; ce qui laisse supposer que le vendeur est en mesure de livrer immédiatement les titres et l’acheteur de payer immédiatement le prix, et par suite que le marché est sérieux. L’acheteur à terme peut ainsi exiger que les