Ouvrage déjà cité
sirs, se distinguent par bien d'autres caractères que l'intensité et la durée. Combien d'espèces de douleurs le malade attentif ne discerne-t-il pas en lui-même, non, à ce qu'il semble, d'après les causes qu'il ignore, mais d'après le genre de tourments qu'elles lui font éprouver? Ouvrez les livres de médecine, quelle nomenclature formidable d'espèces différentes de douleurs ! Pour ne nommer que les principales, les anciens et, d'après eux, les modernes, ont distingué la douleur tensive, la douleur gravativCj la douleur pulsative, la douleur pungitive*. Il y a des douleurs prurigineuses, aiguës, sourdes, brûlantes, déchirantes. « Il y a, dit Gratiolet, une multitude d'espèces de plaisirs et de douleurs, les unes excitantes, les autres énervantes. On les distingue aussi quant à leur énergie et à leur étendue. Les unes occupent un grand espace, les autres des points très-limités, comme les piqûres ; ces points de douleurs se succèdent-ils comme des éclairs rapides, il en résulte comme une sorte de scintillation qu'on désigne en général sous le nom de picotements ; les étincelles sont-elles faibles, mais excessivement divisées et innombrables, on a dans ce cas le sentiment de la démang^eaison'^. »
Toutes ces distinctions ont de l'importance en