Philosophisches Lexicon, art. Seelénkraft et Gefdil
mêmes, c'est-à-dire d'être immanents et purement subjectifs, comme nous alIonsPexpliquer davantage par l'analyse des caractères qui leur sont propres et qui ne permettent pas de les confondre avec aucune autre classe de phénomènes de conscience.
Si les faits affectifs ne se séparent pas, dans la conscience, d'autres phénomènes auxquels ils sont intimement mêlés, s'ils les pénètrent et s'ils en sont pénétrés, ils n'en gardent pas moins des caractères propres que Tanalyse psychologique a pour but de dégager.
Commençons par les distinguer des faits intellectuels et surtout des perceptions des sens avec lesquelles, ^ous Je nom de sensations, ils ont été le plus souvent confondus , à cause sans doute de l'union qui semble ici plus apparente, plus intime que partout ailleurs, de l'élément affectif et de l'élément représentatif, et à cause de la prépondérance, en plus d'un cas, du premier sur le second.
Ma main rencontre un fer rouge ; la sensation de douleur est si vive qu'elle m'empêche de prendre garde à la perception de la forme tan^ gible de ce fer rouge que j'ai eue au même moment. Cependant autre chose est la perception, la connaissance d'un fer rouge, ou d'un son, d'une saveur, autre chose le plaisir et la douleur qui suivent cette connaissance et qui viennent s'y mêler, avec tel ou tel degré d'intensité. S'il est
impossible de les séparer, il est nécessaire de les distinguer. 11 suffit de remarquer, avec les psychologues les plus autorisés, qu'ils ne sont pas en proportion Tun de l'autre*. Plus la perception est vive, plus faible est la sensation; plus vive au contraire est la sensation, plus faible est la perception. Loin qu'elles soient en proportion, ellcj^ sont en raison inverse l'une de l'autre, suivant une loi que nul, mieux qu'Hamilton^, n'a mise en évidence.
Quoi d'ailleurs de plus hétérogène que sentir et connaître? La sensation, par où, encore une fois, nous n'entendons qu'un phénomène purement affectif, n'est pas, comme le disent quelques psychologues, une matière, un commencement plus ou moins confus, un premier échelon de la connaissance, mais un fait sui generis q\xi ne change pas de nature suivant les degrés ou les proportions. Faites varier, augmenter, ou diminuer, autant qu'il vous plaira, un plaisir ou une douleur, vous n'aurez jamais que du plaisir ou de la douleur, avec tel ou tel degré d'intensité, le plus vif ou le plus faible des plaisirs, la plus vive ou la plus faible des douleurs, mais non la moindre