Caractèresj chap. de VHomme
rhorizon qui borne notre vue, s'élôignant de ntius i mesure que nous en approchons, ne la voyant jamais qu'au plus loin, ne croyant jamais pouvoir y atteindre. Chacun se promet une sorte d'immortalité sur la terre. Tout tombe à nos côtés ; Dieu frappe à côté de nous nos proches, nos amis, nos maîtres et; au milieu de tant de têtes et de fortunes abattues, nous demeurons fermes comme si le coup devait toujours porter à côté de nous, et que nous ayons jeté ici-bas des racines éternelles ^ »
Ce n'est pas seulement l'Iphigénie d'Euripide ou la jeune captive d'André Chénier qui s'écrient: c Je ne veux pas mourir encore ! > Le vieillard lui-même, charçé d'années, n'est pas mieux résigné. La Fontaine l'a dit :
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret^.
Cette appréhension de la mort, l'inévitable retour que nous faisons sur nous-mêmes quand nous apprenons la mort des autres, se traduisent, ches presque tous, en des impressions diverses qui méritent qu'on les analyse à cause de ce qu'elles ont d'inconséquent et de bizarre.
Recevonsrnous la nouvelle imprévue de la moi^ de quelqu'un que nous avons plus ou moins