Episl
2. t Beatus qui horam mortis suœ semper ante oculos habet et ad moriendum quotidie se disponit. » {De ïmitat.f lib. I, cap. xxiii.)
l'écrit Descartes à U princesse J^iMbMb : vpilà à ce qu'il nous sembla^ ia ;wiaie sagesse y 4gs^ lement ékûgxiée.des deux iQàxîmes^ apposéesi .4e Ptaton et 4le Spiuozaw D'aillçurâ^ abstraction^ faÂt^ de toute considératiida d'uu ordre plu^ él^eyé^ y a^tril doDCfun bien grand mérite à se résigner à, ce qui est le lot commun et à aller où tous ^oiffi, allés et < où sont nos pères, » comme le dit h ses enfants le vieillard «de la Fontainp? . r
4 (^ se peut plaindre, dirons^nous «ncoreavec Montaigne, d'être compris où tous sont, com* j^ris? i On ne peut guère s'empêcher rde pçns^çr comme . la firuyère, ; quoique ce sentiment n'ait rien de bien noble: « Si de tous les lv;)mmes,les uns mom*aient,les*autre3,npn, ce. serait une désolante affliction que de < mourir > » Nous n'avons certes pas à redouter cette désolante. affliction. SénèqueS qui a si souvent et si fortement parlé de la mort, est bon à méditer : c Tu iras où vont toutes choses. Tel a été ,1e sort de ton père, de ta' mère, de tes ancêtres, de tous ceux qui ont été avant toi, de tous ceux qui seront après. Quel
1« « Eo ibis qno omnia Quat— Hoc patri tuo accidit, hoc mairie hoc maioribus, hoc omnibus ante te, hoc omnibus post te. Quantus te mortuorum populus prœcessit! Quantus sequetur! Quantus comitabifur ! » (Epist. lxxyii.) Gîtons encore cette autre pensée où il recommande de prendre courage par Tabsence même de toat espoir : r Animus ex ipsa desperatione sumatur. » QuœsU Natur , (lib. u.) i
immense peuple de morts t'a précédé ! Quel autre te suivra non moins grand de ceux qui doivent mourir ! Quel autre t'accompagnera ! »
Que la pensée de la mort, loin de paralyser la vie et de la tenir en échec, soit donc comme une continuelle exhortation à n'en rien laisser perdre, à vivre jusqu'au bout dans l'action et le devoir, sans que notre sensibilité en soit outre mesure affectée et troublée. Que cette pensée ne soit pas comme le spectre que faisaient apparaître les anciens dans la salle du banquet pour exciter au plaisir par la brièveté de la vie ; qu'elle ne soit pas non plus comme la tête de mort sur laquelle, jour et nuit courbé, le solitaire de la Thébaïde méditait les jours anciens et les années éternelles, dans l'oubli du monde présent, de la société des hommes, des devoirs de la famille et des devoirs de la patrie.