Méditations métaphysiques et chrétiennes^ médit, xix
quelques pages intéressantes dans les Institutionés philosophicœ de Pourchot, un des meilleurs et des plus célèbres professeurs cartésiens de l'Université de Paris, vers la fin du xvii* siècle i.
Dans toute affection, dit Pourchot, même dans la tristesse, nous ressentons une douceur secrète qui fait que nous nous y abandonnons volontiers et que nous ne pouvons pas supporter qu'on détourne notre esprit de la pensée de l'objet qui nous arrache des larmes.
Cela n'est pas seulement vrai des regrets qu'inspire la perte d'une personne aimée, mais aussi, suivant Lévêque dePouilly, comme suivant Platon, de la haine et de toutes les passions dont elle est le principe, de la crainte, de la pitié, des émotions douloureuses que provoque le spectacle de la souffrance et de la mort. Les récits effrayants de la veillée, les histoires de revenants et d'assassins excitent une terreur agréable dans le cercle tremblant qui les écoute*.
S'il y a du plaisir dans les larmes qne nous versons sur nos propres maux, il y en a aussi dans celles que nous versons sur les maux des autres. La pitié, la compassion, sont des affections douces au cœur. Nous éprouvons de la joie, selon la remarque de Platon, aux représentations drama-