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Confessions, liv. IV, chap. v

DU PLAISiR DANS LA DOULEUR 143

Titœ carpitur, gemere et flere, suspirare et conqueri*? » On ne peut mieux mettre en saillie ce contraste, sans toutefois en donner aucune explication. Le même fait n'a pas échappé à Fontenelle : € Quoiqu'il soitfort étrange de l'avancer, il est vrai cependant, dit-il dans un petit Traité du bonheur^ que nous avons un certain amour pour la douleur .et que dans quelques caractères il est invincible*. »

Rappelons ici encore : € cette tristesse attirante dont parle Rousseau, et qu'il n'aurait pas voulu ne pas avoir*. » Combien ont souffert pour de nobles sentiments, pour de grandes causes, la religion, la patrie, et qui n'auraient pas voulu ne pas avoir ces souffrances au cœur! Combien de victimes de l'amour, de la foi, du devoir se sont écriées, dans le fond de leur cœur, comme Carmosine, dans Alfred de Musset : « ma chère douleur o délicieuse souffrance ! »

Herbert Spencer remarque l'existence d'un scn liment singulier, la volupté de la douleur, luxury of pily^ Schopenhauer attribue aux Anglais, le plus mélancolique des peuples, suivant lui, cette autre expression non moins caractéristique, de joie

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