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Mémoire mr Helvétiuê

158 LA SYMPATOIE

même plus ou moins grande. Déjà la plante, la fleur n'est pas sans l'exciter en nous à quelque degré. Avec Virgile, nous ne sommes pas même tout à fait insensibles à la fleur tranchée par le soc de la charrue :

Purpureus veluti cum flos suçcisas aratro.

Mais combien notre sympathie n'est-elle pas plus grande pour les animaux, sauf les cas particuliers, les circonstances accessoires, les associations d'idées, comme celles de crainte, de dégoût, de danger, qui la contrarient et la détournent? Parmi les animaux, ceux-là, en général, nous sont plus sympathiques qui se rapprochent le plus de nous, un oiseau plus qu'un poisson, un chien plus qu'un oiseau.

De tous les êtres vivants, ceux-là mettent le plus vivement en jeu notre sympathie, en qui nous voyons une nature, non plus analogue, mais semblable à la nôtre, soumise aux mêmes épreuves, enchaînée dans les mêmes entraves. Aristote a bien dit : rien n'est plus doux à l'homme que l'homme lui-même ^ Bossuet n'a pas dit moins bien : « le plaisir de l'homme c'est l'homme*. »

Cette sympathie de l'homme pour l'homme se

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