AVERTISSEMENT . XI
Toutefois nous n'avons ni assez de présomption, ni assez d'ignorance pour nous imaginer que nous ayons découvert, sur la nature du plaisir .et de la douleur, des faits et des lois qui aient entièrement échappé à nos devanciers. Platon, Descartes, Malebranche, Spinoza, Adam Sniith, pour ne nommer que les plus illustres et, par-dessus tous les autres, Aristote, ont laissé d'abondants et de précieux matériaux pour une théorie * de la partie affective de l'âme humaine. Mais la plupart, préoccupés de problèmes métaphysiques d'un ordre supérieur, n'ont pas embrassé dans son entier un si riche sujet; ils ne l'ont traité qu'à certains points de vue particuliers, plutôt que d'une manière systématique et complète.
Peut-être ne seià-il donc pas sans quelque intérêt de chercher à réunir ce qu'ils ont dit de meilleur pour en former un seul tout, sans nég'liger d'appeler à notre aide les poètes, les écrivains, les moralistes et les théologiens qui ont le.mieùx connu le cœur humain. Nous croyons que des essais de ce genre, que des monographies, pour ainsi dire, des plus importantes facultés de IJâme humaine seraient d'un grand avantage pour les progrès de la science de l'esprit humain. Il est bon de travailler à élargir ce cadre ufi peu étroit de