Traité des sensatiûnSr i* chapitre
CONTINUITÉ DE Là SENSIBILITÉ $11
Les psychologues contemporains, Irançais et étrangers, ne sont pas davantage d'accord sur la question. Selon M. Garnier, pendant l'état de veille, nous sommes souvent dans la plus complète indifférence. « Le plaisir et la peine s'émoussent vite, dit-il ; notre nature ne parait pas faite pour résister à la présence assidue de l'un ou de l'autre ^ > Cela est vrai sans doute à l'égard de plaisirs et de peines d'une ceitaine vivacité; mais il y a des peines et des plaisirs de tous les degrés et qui, même plus ou moins émoussés, sont encore des peines et des plaisirs,
Hamilton semblerait aussi, au premier abord^ devoir être rangé parmi les partisans de l'indifférence. Le plaisir et la douleur, suivant lui, sont opposés comme contraires et non comme contradictoires, parce que l'affirmation de l'un enferme la négation de l'autre, tandis que la négation de l'un n'emporte pas l'affirmation de l'autre. Il croit, en effet, qu'il peut y avoir un état intermédiaire d'indifférence qui ne serait ni le plaisir ni la douleur. Toutefois il n'ose pas l'affirmer ; il ajoute qu'il ne veut pas examiner si cet état existe réellement, ou bien si ce n'est pas un état complexe dans lequel s'équilibrent des doses égales de plaisir et de dou-