Traité des facultés dé rame, t. I, p
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leur^ Ainsi il pose la question plutôt qu'il ne la résout, sans se décider entre ces deux alternatives.
Le philosophe allemand Lotze est contre l'indifférence : On doit, dit-il, se déshabituer de considérer les sentiments comme des &its accessoires qui entrent quelquefois dans le cours des états intérieurs, tandis que la plus grande partie . s'écoule en une série indifférente de changements sans plaisir et sans douleur. 11 est pour l'omniprésence du sentiment, AUegegenwart derGefuhle*. Nous goûtons cette expression et nous soutiendrons, avec Lotze, l'omniprésence de la sensibilité.
En Angleterre, Bain, de même que James Mill *, se prononce en faveur d'états d'indifférence. ou de coinplète neutralité entre le plaisir et la douleur. Sous la dénomination générale et fort équivoque, comme nous l'ayons remarqué en commençant, de feelings, il comprend, avec le plaisir et la douleur, des états d'indifférence, qu'il appelle neutral feelings, states of neutral excitement, dont le caractère est, dit-il, de retenir et d'occuper l'esprit sans; l'aide de la douleur ou du plaisir, par la seule force de l'excitement. Pour exemple il donne la surprise*.. Mais comment concevoir un excite-
^ 1. Lectures on Metaphysics, t. II, chap. xlii, p^i57. . .
. 2. Microœsmos, t. I, chap. v.
3. Analyse des phénomènes de Vesprit, t. H, chap: xvî/1869. ' . 4. Voir le i« chapitre des Emotions and Will et TAppendix de Mental and moral science» ...
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menty suivant son expression, où la sensibilité n'entre absolument pour rien, une surprise qui ne soit, au moins à quelque degré, agréable bu désagréable?
Préoccupé par des notions de mécanique ou de chimie qui, à notre avis, ne sont ici nullement à leur place, M. Dûmont se persuade à tort qu'il y a indifférence quand il y a équilibre entre des quantités égales de plaisir et de douleur ^ En effet l'égalité des doses, si jamais elle a lieu d'une manière absolue, n'a pas pour effet dans l'âme, comme en chimie ou en mécanique, une neutralisation, un équilibre des forces. Il en résulte un état complexe de l'âme partagée entre le plaisir et la peine, la joie et la tristesse, Tamour et la haine, la crainte et l'espérance. Combien souvent, et avec quelle délicatesse d'analyse, moralistes, poètes et romanciers, ne se sont-ils pas plu à décrii^e ces sentiments complexes, ce mélange d'impressions con-i traires, ce partage de l'âme entre deux sentiments, deux passions, qui se contredisent et se balancent sans s'annuler, comme il arrive pour certaines • propriétés des corps et pour des forces mécaniques? Loin de produire l'indifférence, la neutralisation, l'équilibre, ce conflit d'impressions contraires agite et trouble la sensibilité plus qu'une im-