ThéorU s(nmUfique de la sensibilitéi p
pression unique. « L'émotion, dit encore M. Dumont, est une modification concomitante de la conscience, une impression de peine, de plaisir ou d'indifférence accompagnant la sensation, etc. K » Émotion et impression d'indifférence, ne sont-ce pas là des mots contradictoires fort mal accouplés ensemble? Peut-il donc y avoir indifférence là où il y a impression ou émotion?
Telle est la diversité des opinions sur la continuité ou l'intermittence de la sensibilité. Quant à nous, nous n'hésitons pas à déclarer tout à fait chimérique cet état prétendu d'équilibre et d'indifférence, si toutefois on le prend dans un sens absolu. Nous mettons au défi l'obsei^vateur le plus attentif de surprendre un seul instant l'âme à sec, pour ainsi dire, l'âme vide de tout plaisir et de toute douleur, sans le moindre sentiment d'aise ou de malaise. En soutenant que la sensibilité est toujours en acte, nous ne voulons pas dire en effet qu'elle soit toujours violemment surexcitée, qu'elle soit continuellement à l'état aigu du plaisir ou de la douleur, au point d'absorber toute notre attention, de tenir en échec toute notre intelligence,, d'exciter et de troubler notre organisme tout entier. Dans le train ordinaire de la vie, il n'en est pas ainsi, fort heureusement pour notre frêle exis-