Virgile, Géorgiq., IV
A. « Sol cœli tri&lifiam discûtit et nubila animi humaiii serenat. » (//»(, nat, lib. 11, cap. iv.)
notre propre corps, qui constamment agissent sur notre sensibilité, c'est notre esprit lui-même avec les idées qui s'y succèdent sans interruption. Que d'ombres ou de rayons, que de points noirs ou lumineux, que d'alternatives plus ou moins brusques, plus ou moins marquées, que de sentiments contraires se suivent sans interruption, sous l'influence des idées présentes à nôtre esprit I Disons encore qu'il n'est pas une seule idée, de quelque nature qu'elle soit, qui ne mène à sa suite quelque peu de peine ou de plaisir. Nulle perception, selon Leibniz, n'est complètement indifférente, c II y a diverses sortes d'attrait et de répugnance, dit Ampère, dont sont accompagnées toutes ou presque toutes nos pensées ^ > M. Taine a dit de même : c Toute idée, représentation ou concep* tion a une double face. D'un côté elle est une connaissance, de l'autre elle est une émotion*, s Ajoutons encore que, selon Spencer, l'élément intellectuel et l'élément émotionnel de l'esprit sont inséparables. Tantôt c'est un objet représenté par notre imagination, une idée amenée par le cours capricieux de l'association et de la rêverie, tantôt une conception de notre esprit, ou même un simple rêve, qui change nos humeurs, qui nous égayé et nous relève, ou bien nous assombrit et
i. PhUosophie <tAmpère, p. 339.