Morale d Nicomaquef liv. X, chap. ii
tificîelle, des systèmes sur le plaisir*. Il la rapporte à Épicure lui-même, par une généalogie fort inattendue, pour la faire passer ensuite, à travers toute l'histoire de la philosophie, à des philosophes et à des écoles qui, en fait de morale et de plaisir, sont précisément à l'extrémité opposée des doctrines épicuriennes. L'ascétisme et l'épicurisme sont-ils donc la même chose, tous deux aussi peu favorables l'un que l'autre au plaisir?
Sans doute, il y a ici quelque confusion ou méprise. Il ne faut pas prendre le nihil dolere d*Épicure pour une définition du plaisir, mais pour l'état auquel le sage doit aspirer, pour le bonheur du sage qui est la résultante du bon gouvernement de soi-même et qui ne doit pas être confondu avec le plaisir lui-même.
Malgré cette prétendue origine épicurienne, nous ne voyons pas que cette doctrine ait eu beaucoup de partisans chez les anciens. M. Dumont lui- -même ne peut pas nous en signaler quelquesuns avant l'époque de la Renaissance ou dans les temps modernes. Ce ne sont d'ailleurs que des penseurs isolés qui ne forment point une école et' qui ne songent nullement à rapporter, soit à Platon, soit à Épicure, cette triste et mélancolique notion de la nature purement négative du plaisir.