‹ Du plaisir et de la douleurChapitre 79 sur 107 · De vitâ propriâ, cap. VL · texte numérisé non relu

De vitâ propriâ, cap. VL

nous touche pas comme une légère douleur... Notre bien-être, ce n'est que la privation d'être maP. >

Leibniz semblerait pencher pour la même doctrîne, mais non sans beaucoup l'adoucir au moyen des douleurs imperceptibles ou demi-douleurs : « Dans le fond, dit-il, sans ces demi-douleurs, il n'y aurait pas de plaisir et il n'y aurait pas moyen de s'apercevoir que quelque chose nous aide et nous soulage, en ôtant quelques obstacles qui nous empêchent de nous mettre à notre aise ^. » La nature, dit-il encore, nous a donné ces demidouleurs pour que nous jouissions de l'avantage du mal sans en avoir Fincommodité.

Dans un de ses ingénieux dialogues des morts, entre Apicius et Galilée, Fontenelle a effleuré cette question. Peut-on trouver de nouveaux plaisirs comme on trouve de nouvelles connaissances : voilà le sujet de ce dialogue. « Quoi, chaque plaisir, s'écrie Apicius, serait fondé sur un besoin ! J'aimerais autant abandonner l'un pour l'autre. La nature ne nous aurait donc rien donné gratuitement? » — Galilée : « Ce n'est pas ma faute. >

Un des partisans les plus décidés de cette doctrine, après Cardan, est le philosophe italien Verri, auteur d'un discours sur le plaisir et la douleur où il soutient que les plaisirs des beaux-arts ont

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