Théorie des sentiments agréables
3. C'est la pensée d'écrivains qui n*ont rien de mystique. < Nous ne concevons pas, dit Régis, que Dieu ait pu employer un autre moyen plus propre que la douleur pour conserver notre corps. » (Cours de philosophie^ liv. II» part. II, chap. xxix.)
Bastiat a dit de même : « 11 n*est pas donné à l'imaginatioa elle-même de se figurer, encore moins à la raison de concevoir un être animé et mortel exempt de douleur. Tous nos efforts seraient vains pour comprendre la sensibilité sans la douleur, ou Thomme sans la sensibilité. » {Harmonies économiques, cbap. III, Des besoins de Vhnmme,
plaisir et la douleur pouvaient se séparer, et si nous avions à opter entre l'un et l'autre, le plus sûr et le plus sage serait assurément de ne pas se dessaisir de la douleur, quelque étrange qu'un tel choix puisse d'abord paraître. Mais c'est une question, nous l'avouons, qu'il ne serait pas prudent de soumettre à la multitude et au suffrage universel. La douleur n'aurait certainement pas la majorité; de même que, suivant une comparaison de Platon^, le médecin avec ses remèdes salutaires, mais amers, ne l'emporterait pas sur le cuisinier, qui flatte le goût avec des mets nuisibles à la santé, par-devant un aréopage d'enfants ou d'hommes aussi peu raisonnables que des enfants
i. « Si le médecin et le cuisinier avaient à discuter ensemble devant des enfants ou devant des hommes aussi peu raisonnables que des enfants, pour savoir qui des deux, du cuisinier du du médecin, connaît mieux les qualités bonnes ou mauvaises de la nourriture, le médecin mourrait de faim. > {jGorgias, trad. Cousin»)
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