‹ Du plaisir et de la douleurChapitre 89 sur 107 · Descartes, L««rM, t. I« 43^ lettre · texte numérisé non relu

Descartes, L««rM, t. I« 43^ lettre

4. Réponse au poème de Voltaire sur ie Tremblement de terre deU&lHmne,.

voudra bien, comme il est juste, les mettre dans la balance avec bien d'autres plaisirs du même genre, ne sera sans doute pas éloigné de penser, avec Descartes et Leibniz, que, tout compensé, les biens l'emportent : « Et sur ce pied, dit Leibniz, j'oserais soutenir que, même en cette vie, les biens surpassent les maux, que nos commodités surpassent nos incommodités et que M. Descai*tes a eu raison d'écrire que la raison naturelle nous apprend que nous avons plus de biens que de maux en cette vie*. »

Sans nous imaginer que tout dans ce monde est au mieux pour chacun, sans fermer les yeux sur aucune misère et sur aucune souffrance, nous sommes de l'avis de ceux qui donnent en général au plaisir la prépondérance sur la douleur. Nous oserons même dire que, si l'on considère dans leur entier le cours de l'ensemble des vies humaines, c'est le plaisir qui est la règle, et la douleur qui est l'exception.

Après avoir montré la nécessité de la douleur pour la vie physique, nous avons à voir son utilité pour la vie intellectuelle et morale. Sans vouloir entrer, avec Leibniz, dans le domaine de la théodicée et entreprendre ici la justification de la Providence contre l'objection du mal, il nous est

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