‹ Du plaisir et de la douleurChapitre 9 sur 107 · Liv. I, chap. X · texte numérisé non relu

Liv. I, chap. X

2. Selon un de ses meilleurs disciples, le père Roche, « les Sensations sont dés connaissances sombres accompagnées d'amour.» (Traité de la nature de Vâme, tom. I, p. i9i.)

12 ÉQriVOQUES DU MOT SENSATION

et le plaisir et la douleur qui en sont la suite. II semble bien, il est vrai, avoir quelques scrupules au sujet de cette confusion ; il s'efforce de la justifier, mais sans y réussir, par la raison que ces deux faits sont (c une perception soudaine et vive, qui se produit d'abord en nous, en présence des objets agréables ou déplaisants \ >

La confusion se continue dans le mot de sensation qui joue, comme on sait, un si grand rôle chez tous les philosophes du xviii* siècle. Pour Locke, le plaisir et la douleur sont des modes de la pensée ; ils prennent place parmi les idées simples qui sont le produit de la sensation et de la réflexion*. Gondillac, dans le chapitre V' du Traité des sensations, rapporte aussi à une même capacité, qu'il appelle la capacité de sentir, la connaissance des objets sensibles et la jouissance ou la souffrance qui en résultent. De la sensation, en tant que représentative, il fait sortir toutes les facultés de l'entendement; de la sensation, en tant qu'affective, toutes les facultés de la volonté.

Mais nul psychologue peut-être n'a fait un plus grand abus que Laromiguière des mots de sensation et de sentiment. Selon Laromiguière, le sen-

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