ConsoUUio ëd Mardam
2. Malgré un cortain abus de lyrisme et de mysticisme, il y a de belles pages sur les vertus morales delà douleur dans l'ouvrage de Blanc Saiot-Boimet que nous venons de citer. Voici quelques autres citations tirées du chap. III intitulé : Œuvre de la douleur dans le temps : f Approchez de Tâme altière que la douleur vient d'atteindre; dans sa gloire elle n'écoutait personne et méprisait tous les secours; mais à cette heure sacrée elle entendra tout, vous accueillera avec reconnaissance et se soumettra avec charme et résignation..... Approchez également du cœur insensible que la douleur vient de briser. Dans son orgueil il ne vivait que de lui seul et repoussait la sympathie. Mais, à l'heure de la douleur, ce cœur si intraitable n'a plus rien de dur, il vous appelle, se donne à vous et demande que vous l'aimiez un peu..... L*homme allier 8*est soumis, Thomme dur s'est attendri, rhomme paralysé s'est ranimé en prenant le breuvage de la douleur. »
Citons aussi, sur le même sujet : Les douleun humaines de Tabbé de Rafélis de Brèves, in-12, 1876. Ce livre, à la fois philosophique et religieux, est plein d'un sage et doux optimisme.
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à sec la source de la compassion. L'endurcissement du cœur est un des dangers de la prospérité le plus vivement signalés par Massillon'. Nul n'a pu méconnaître dans son cœur la vérité du vers si souvent cité de Virgile :
Non ignara mali miseris saccmrere disco.
Il faut plus ou moins avoir connu le malheur par soi-même pour compatir au malheur d'autrui.
Il est vrai que les grandes douleurs, suivant une juste remarque de M. de Laténa, peuvent nous rendre d'abord personnels, au moment même où nous les éprouvons : « mais si elles absorbent toute notre sensibilité et nous persuadent qu'elles n'ont point d'égales; lorsqu'elles s'affaiblissent, elles laissent dans notre cœur le germe de la compassion et nous disposent à verser des larmes sincères sur les maux d'autrui, surtout quand ils réveillent en nous le sentiment ou le souvenir des nôtres*. »
Ce sont les maux que nous avons soufferts qui excitent notre sympathie pour les maux des autres. Moïse ne prescrit pas aux Hébreux de respecter l'étranger sans leur rappeler qu'eux-mêmes ils.ont été des étrangers sur la terre d'Egypte^.