‹ Du pneumothorax essentiel ou pneumothorax sans perforationChapitre 19 sur 25 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

«La nommée Anne C éprouva une douleur vive au côté droit

le 2 mars; elle entra à l’hôpital le 9. L’oppression devint plus vive le 12. La malade offrait alors les signes suivants : un son très-clair, comme tympanique, se faisait entendre à la partie moyenne et antérieure du côté droit du thorax ; en bas, il y avait de la matité; du même côté, en haut et en avant, respiration amphorique bien caractérisée; en bas et en arrière, égophonie; à gauche, sonorité presque normale; quelques râles muqueux; dilatation évidente de la moitié droite du thorax; bombement des espaces intercostaux, etc. Tous ces caractères furent constatés plusieurs fois; il s’y joignit pendant quelques instants seulement, quatre jours avant la mort, un léger tintement métallique qui ne s’entendait que pendant la toux.

« Mort le 17.

l’autopsie, la plèvre, mise à nu, parut distendue, divisée; on

(1) Henri Gintrac, extr. du Journal de méd. de Bordeaux, 1845, p. 327.

vil immédiatement un espace vide assez considérable qui la séparait du poumon; celui-ci était refoulé contre la colonne vertébrale; la plèvre, dans presque toute son étendue, était tapissée par des couches de fausses membranes qui se détachaient avec facilité ; celles-ci étaient blanchâtres, plus épaisses <à la face interne du poumon. Vers la partie la plus déclive, la plèvre contenait 1 demi-litre de sérosité verdâtre, sans flocons albumineux ni matière purulente; ce liquide ne paraissait avoir subi aucune décomposition. Les poumons, insufflés, ne laissaient pas échapper à leur surface une seule bulle de gaz. A la partie moyenne du bord externe du poumon droit existaient quatre légères saillies formées par autant de tubercules du volume d’un pois, logés dans l’épaisseur du parenchyme pulmonnaire, mais en contact avec la plèvre viscérale, un peu altérée en cet endroit; la matière tuberculeuse était légèrement ramollie. Après l’avoir enlevée, on s’assura que les quatre petites cavités n’avaient aucune communication avec les rameaux bronchiques ; une nouvelle insufflation pulmonaire en donna la preuve positive, etc.»

Le fait de Legendre (1) a été considéré comme un cas de pneumothorax essentiel, pai ce qu’il était un exemple de pneumothorax guéri ; mais il n’y a pas eu d’examen anatomique, et, comme le malade était manifestement tuberculeux , l’hypothèse d’un tubercule sous-pleural me semble bien plus admissible.

L’observation suivante, étant encore un exemple de guérison au moins momentanée, a été encore, pour cette même raison, regardée comme un cas de pneumothorax essentiel.

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