‹ Du Pneumothorax Thérapeutique chez les Tuberculeuses GravidesChapitre 14 sur 47 · PE · texte numérisé non relu

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b) le traitement médical auquel il faut maïntenant rattacher l'étude du pneumothorax artificiel.

Le traitement chirurgical devant avoir lieu avant la fin du quatrième mois, constituant une opération peu dangeureuse, facile et nullement choquante, mais dont il est impossible d'établir actuellement des règles exactes, quant à son opportunité.

Le traitement médical comprenant la cure hygiéno-diététique sanatoriale, si possible, et l’association du pneumothorax artificiel, en cas de nécessité, ce dernier étant très souvent compatible avec la gestation et l’acouchement, mais n’écartant pas infailliblement les risques d'évolution.

3° Au point de vue des enfants nés de mères tuberculeuses ; avec cette question on soulève tout le problème de l’hérédité de la tuberculose : hérédité de germes, hérédité de terrain, telles sont les voies de transmission, à l’enfant, de la tare dont est affecte la mère tuberculeuse. — L’hérédité de germes est exceptionnelle, et l'hérédité de terrain ne se manifeste que si l’enfant est élevé dans le milieu familial déjà contaminé. À condition de faire l’objet de mesures de préservations qu’il est du devoir de la Société de prendre à son égard, l'enfant de la tuberculeuse offre donc des chances habituelles de vie saine et normale.

Ces questions, d’un intérêt primordial, furent, une fois de plus, reprises à la conférence internationale contre la tuberculose de Lausanne, du mois d'août 1924, au cours de laquelle M. Forssner (de Stockholm) présentant un remarquable rapport se basant sur des milliers de cas observés : « Condamne le vieux dogme de l'influence néfaste de la gestation sur la tuberculose, et cela d'autant plus nettement, ail s’aoit de cas peu avancés, affirme l’impossibilité dans laquelle on se trouve de prouver qu’un avortement puisse améliorer l’évolution d’une tuber-

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culose, et en conséquence s'élève avec force contre toute idée d’avortement thérapeutique, à part de très rares exception, et s'efforce de prouver qu'à la condition d’en excepter les formes nettement graves, la gestation n'a guère d’action sur la tuberculose pulmonaire. »

Bien que présentant quelques réserves, sur un optimisme qui risquerait d’être assez souvent exagéré, MM. les Professeurs Fernand Bezançon et Léon Bernard s'associent dans cette mesure à l’opinion de M. Forssner, en indiquant comme inutile et condamnable l'avortement, étant donné que l’accouchement normal ne sera généralement pas plus dangeureux pour la mère.

Revenant sur la question, M. Rist affirme la valeur du pneumothorax artificiel appliqué précocement chez les femmes en état de gestation, pour parer à l’évolution des lésions graves, ou débutantes pouvant apparaître par la suite; enfin, le Docteur Hervé de Davos a, d'autre part, dans de nombreux articles, bien souvent démontré l'intérêt et la valeur de la collapsothérapie chez les gestantes tuberculeuses.

Depuis lors, l'emploi du pneumothorax artificiel chez les tuberculeuses en état de gestation a fait l'objet de nombreuses communications (une Maternité pour tuberculeuses à la Clinique Baudelocque. Revue Gyn. et Obst. Professeur Couvelaire, juin 1926. Thèse de Paris, Lacomme, 1926). Tout récemment, enfin, au Congrès de la Tuberculose de Bordeaux (10 avril 1931), à propos de la généralisation des traitements par le pneumothorax, plusieurs orateurs insistèrent sur l'énorme intérêt de la collapsothérapie et le Professeur Gausset, de Montpellier, affirma qu'à l'heure actuelle personne ne discute plus l'utilité — la nécessité, devrais-je di-

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re — du pneumothorax. » Comme, d'autre part, on a beaucoup cherché, ces dernières années, à lutter contre la brusque poussée évolutive post-partum dont nous avons déjà parlé plus haut, on a, entre autres moyens curatifs préconisés de plus en plus ces dernières années, la méthode du pneumothorax artificiel, en proposant, selon les cas :

L'institution d’un collapsus,

L'entretien normal d’un pneumothorax en cours ou, dans certains cas, l’augmentation de sa pression intra-pleurale. Ceci a été l’objet de communications des Professeurs Fernand Bezançon et Sergent, des Docteurs Rist et Dumarest et, enfin, du Professeur Léon Bernard, qui inspira, récemment, la thèse du Docteur Decaulne : « Pneumothorax et Grossesse », Paris, 1926. \

Dans cet ouvrage, ce dernier auteur, citant son Maître, dit, dans son introduction :

«M. le Professeur Léon Bernard nous enseigne « que, parmi les bienfaits incontestables que donne « le pneumothorax artificiel, il en est un qui mé- « rite une place prépondérante : C’est l'aptitude à « la maternité. Soit que le pneumothorax soit insti- « tué ou poursuivi au cours de la grossesse, soit que « des gestations surviennent chez des femmes anté- « rieurement guéries, grâce au pneumothorax, la « grossesse fait l'épreuve de la guérison, et le béné- « fice se traduit par la venue au monde d'enfants, « dont l’état ne le cède en rien, à celui d’enfants « nés en d’autres conditions. »

Dans son intéressant travail, cet auteur cite 12 observations qui viennent étayer cette affirmation et prouver l'exactitude de l’heureuse formule du Professeur Léon Bernard : « Le pneumothorax restaure l'aptitude à la maternité ».

Cependant, lorsque le Docteur Decaulne fit paraître sa thèse, en 1926, publiant ainsi quelques ob-

servations sur l'emploi du pneumothorax artificiel chez les tuberculeuses gravides (1), il pouvait déjà s'appuyer sur l’opinion de Maîtres autorisés. Il n'en allait pas ainsi quelques années plus tôt.

En effet, dans sa Thèse de 1923 : « Grossesse et Pneumothorax artificiel », le Docteur Grimbert rappelle : « les scrupules qui firent longtemps hésiter les Phtisiologues qui craignaient une hémostase incomplète pour les deux êtres appelés à vivre en étroite symbiose au cours de la gestation, du fait de la suppression d’une grande surface respiratoire ; on craignait aussi une dyspnée à tendance asphyxique, particulièrement pendant le travail ». Sur deux observations recueillies dans le service d'un de ses Maîtres à Tours, sur douze autres qui lui furent envoyées de Province, par un certain nombre de phtisiologues, il put toutefois montrer qu'aucun des accidents dont on redoutait l'éventualité n'avaient eu lieu. Il put, d'autre part, mettre en évidence que le pneumothorax n'avait, dans tous ces cas, nullement empêché la femme de mener à bien sa grossesse et qu’il n’y avait pas lieu de suspendre le traitement à l'approche du terme, l'accouchement se faisant normalement. Il terminait en disant : « Chez une femme enceinte, le pneumothorax se comportera donc tout à fait comme dans une tuberculose non

(x) Comme le rappelle par ailleurs Decaulne, cette méthode du pneumothorax artificiel, mise, pour la première fois, en valeur par Forlanini, qui a d’ailleurs donné son nom à la méthode, ce n’est pas le célèbre Maître de Padoue qui en a eu le premier l’idée : « En effet, le Professeur Potain, dès 1888, présentait à l’Académie de Médecine deux cas de tuberculose pulmonaire compliquée de pneumothorax spontané dont la guérison avait été obtenue par l'entretien artificiel de la collection gäzeuse. Potain ayant, d’ailleurs, prouvé la nature tuberculeuse de l’affection par la découverte des B. K. dans l’expectoralion, avait pu, ensuite, contrôler la guérison clinique, en constatant la disparition des bacilles. ;

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