‹ Du Pneumothorax Thérapeutique chez les Tuberculeuses GravidesChapitre 15 sur 47 · DRE UES · texte numérisé non relu

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compliquée de grossesse, c’est-à-dire qu’il arrêtera rapidement l'évolution de la maladie : la fièvre, l’expectoration, les sueurs nocturnes disparaîtront rapidement en quelques semaines. Puisque dans la gestation, l'évolution de la tuberculose est plus rapide qu'en temps ordinaire, le pneumothorax devra être préconisé, sans hésitation, et avec plus de célérité chaque fois que cela sera possible. Les résultats en seront d'autant plus remarquables aussi bien pour la mère que pour l'enfant ».

. Mais la question du pneumothorax au cours de la gestation, méritait d’être étudiée sur une plus grande échelle, si l’on voulait en faire un premier et réel essai de mise au point, c'est ce que permit l'établissement à Paris de la première Maternité pour tuberculeuses, qui a été instituée dans l’ancien service du Professeur Pinard, par son actuel titulaire, le Professeur Couvelaire.

Dans une telle Maternité, les bacillaires gravides peuvent, en effet, être aisément soignées, selon les nécessités et les exigences de la technique et de la science modernes. C’est ainsi, par les soins mêmes et en étroite liaison avec les services de phtisiologie que peuvent leur être facilement appliquées ou poursuivies, les méthodes curatives actuelles et, en particulier, l’aurothérapie, la collapsothérapie gazeuse, ou éventuellement huileuse, que l’on peut suivre, grâce aux appareils appropriés, les pressions intrapleurales qui pourront ainsi être corrigées ou améliorées sur place. Pour certaines enfin, et nous voulons parler des femmes en cours de traitement par le double pneumothorax, on suivra et vérifiera aussi le métabolisme des échanges.

Ajoutons que cette organisation pour tuberculeuses gravides, le Professeur Couvelaire l’a réalisée dans un pavillon séparé, avec galeries de cure, qui en complètent heureusement la destination spéciale ; disons, par ailleurs, que l'exemple de Baudelocque

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a été récemment suivi en Italie, à la Maternité de la Clinique Universitaire de Bari (Italie Centrale) où fonctionne depuis peu un service spécial pour tuberculeuses en couches.

Mais on doit reconnaître cependant que, malgré la facilité que donne l'institution de telles Maternités pour tuberculeuses, on parvient très aisément, dans la plupart des Services de Phtisiologie des grands Hôpitaux de Paris, à suivre et à soigner, comme il convient, en étroite liaison avec les Maternités attenantes, les malades, puisque en particulier les inusufflations leur sont pratiquées par les soins du Service de Phtisiologie dans la salle d'isolement même de la Maternité où elles se trouvent. C'est toutefois grâce à la nouvelle Maternité de Tuberculeuses qu’a pu être poursuivie et achevée si heureusement la dernière Thèse parue en 1927, sur la question, je veux parler de la remarquable Thèse d’Andler faite, grâce aux documents communiqués tant à Baudelocque qu'à Laënnec par MM. Couvelaire et Rist. Dans cette Thèse, Andler s’est surtout efforcé de rechercher quel peut être l'avenir des tuberculeuses en état de gestation. Comme toute personne qui étudie la question, il a forcément été amené à s’apercevoir que; dans les formes très graves ou dans les formes évolutives, qu'elles soient soignées ou non par le pneumothorax, il n’y a pas lieu d’escompter de miracle.

Dans le travail que nous allons exposer, nous avons été, bien entendu, également conduits à la même conclusion logique ; dans ces formes-là, le devoir du médecin, que la femme soit enceinte ou non, consiste à appliquer le meilleur traitement, il est évident que chez de telles malades la gestation n'est pas faite pour arranger les choses, il faudrait l’interdire, mais est-ce toujours possible ?... Comme l'écrit M. Rist dans l'Observation n° 43, « Je n'avais pas autorisé le mariage à la malade, elle s’est mariée

sans mOn consentement et est actuellement enceinte. Dans son état, c’est évidemment regrettable ». Nous pensons, que dans les formes très graves ou très rapidement évolutives, chez les tuberculeuses en état de gestation ou non, on ne peut espérer de grands résultats de la collapsothérapie. Mais ce n’est pas une raison suffisante, semble-t-il, pour douter des résultats d’une méthode dont tant d'auteurs ont montré les remarquables effets et dont il est permis, chaque jour, de constater les excellents résultats. Rappelant l'opinion de Dumarest, que nous avons déjà cité plus haut, Andler dit qu’il considère, lui aussi, les cas fibreux comme des cas favorables. S'appuyant à son tour sur les cas qu'il a eu l'occasion d'étudier, Andler pense qu’il ne conviendrait d'autoriser seulement la gestation qu'aux formes fibreuses guéries non évolutives et non bacillifères. [Il convient cependant, que l'avortement spontané, ou provoqué, est un événement redoutable et qu'il n’y a aucune raison de le préférer à l’accouchement normal. Opposant à la statistique optimiste de Forssner le résultat de ses propres observations, il est amené à remarquer que lorsque les lésions, sans être aussi graves ni aussi évolutives que celles dont nous venons de parler, occupent encore les deux sommets des poumons ou les 2/3 d’un poumon, il a observé encore 87,5 % de morts dans les mois suivant l’accouchement. Il pense donc que l'opinion favorable de Forssner, que cet auteur base sur sa vaste statistique, est le résultat d’une erreur. Il en conclut qu'étant donné la nécessité reconnue dans laquelle on est de laisser évoluer une gestation chez une bacillaire, le mieux est de donner à la femme gravide une arme de plus, pour lutter contre l'évolution de sa phtisie : c’est ce que lui procure l’institution d'un pneumothorax artificiel. S'il reconnaît avoir constaté lui-même dans 56 cas observés quelques résultats remarquables, son impression est

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moins optimiste sur l’enseignement général et les indications pronostiques qu'il tire de l'ensemble de ses cas. Il lui semble que, en ce qui concerne la tuberculose existant antérieurement à la gestation, il ne faut guère escompter plus de 57 % de bons résultats trois ans après l'accouchement. Mais, d'autre part, en ce qui concerne la tuberculose apparaissant au début ou au cours de la gestation, il considère d’après ses observations qu’il ne faut guère escompter plus de 40 % de bons résultats au bout de trois ans après l'accouchement. Il en conelut que le résultat lui paraît, malgré tout, encore très satisfaisant, et il ajoute que, dans ces deux catégories étudiées, il y a un progrès très notable en comparaison des proportions que l’on relève chez les malades non penumothoracisées, et il termine ainsi :

« Il est donc certain qu’à l'heure actuelle, nous « possédons dans le pneumothorax artificiel appli- « qué à la femme et à la future mère un traitement « dont l'efficacité a fait ses preuves et dont la ca- « ractéristique est une action d'arrêt rapide et sou- « vent définitive à l’égard d’un processus tubercu- « leux évolutif.

« [l n’exsite actuellement, en effet, aucun autre traitement capable de nous apporter des résultats semblables. »

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