‹ Du Pneumothorax Thérapeutique chez les Tuberculeuses GravidesChapitre 39 sur 47 · APT ES · texte numérisé non relu

APT ES

bondantes sueurs nocturnes et ressent de nombreux points de côté.

En mai, constamment fébrile, aussi bien le matin que le soir {sa température dépasse en moyenne 38°5), toussant et crachant beaucoup, elle est envoyée an Dispensaire Léon Bourgeois où les Docteurs Rist et Ameuille constatent la présence d’une condensation lobaire supérieure droite, accompaonée d’un souffle cavitaire. Les examens radiologiques confirment l'atteinte du poumon droit, et montrent également l'intégrité parfaite du côté gauche.

La malade est admise à Laënnec. Le 2 août, on pratique la première insufflation d’un pneumothorax artificiel droit : —6 100 oxyg. 600 air —3.

>° insufflation le 6 août: —4 5oo —2.

Les insufflations sont poursuivies régulièrement par la suite, elles ont lieu tous les ro jours, puis tous les 15 jours, à cette dernière cadence, elles sont d’environ 700 cm3 à chaque fois.

Dès le début, on a obtenu un bon décollement, la malade est très sensiblement améliorée, engraissant de 3 kilos en 3 mois, ne toussant plus, ne crachant presque plus, l’expectoration n’est plus bacillifère, la température est revenue à la normale.

Le 2 octobre, la malade rentre chez elle, les insufflations sont régulièrement poursuivies d’abord au dispensaire Léon Bourgeois, puis au Sanatorium d'Angicourt, où la malade séjourne du 11 octobre 1923 au 17 mars 1925 (en raison de l'apparition d'un épanchement qui nécessita plusieurs ponctions, on diminua la quantité d’air insufflée à chaque fois). La malade revient ensuite à Paris et est régulièrement suivie au Dispensaire Léon Bourgeois, un incident fébrile avec réapparition de bacilles, nécessita son

retour à l'Hôpital pendant 6 semaines au cours de ‘été.

À partir de septembre 1925, les insufflations sont régulièrement poursuivies tous les 15 jours,

elles sont de 100 à 200 cm3 d’air environ à chaque fois (P.T. moyenne + 25).

À cette époque, la malade ne tousse plus, ne crache plus, la collapsothérapie, toujours efficace malgré de larges adhérences, est ainsi régulièrement poursuivie par la suite.

En mai 1926, la malade commence une grossesse qui est fort bien supportée, elle est envoyée du 15 juillet au 15 décembre au Sanatorium d’Angicourt où l’on continue son traitement. En fin décembre, la malade revient à Paris, elle est au 8° mois de sa grossesse, les insufflations sont poursuivies sans pousser, au Dipensaire Léon Bourgeois,

ainsi, le 24 décembre 1926: —1 795 +925.

le 21 janvier 1927 : o 5o +13.

Le 24 janvier, la malade, à terme, rentre à Baudelocque (Service du Profseseur Couvelaire) ; le travail commence à midi, présentation O.I.D.P., elle est admise à la salle de travail, dilatation complète à 23 heures 20, à 23 heures 35, la malade accouche spontanément d’une fille vivante pesant 3 kilos 280. Délivrance artificielle complète, poids 650 grs., à 24 heures 10. Suites de couches, très bon état, pas de dyspnée, la température n'’atteint jamais 38° (37°8 4°, 9° et 10° jour, puis retour à la normale).

La malade, en fort bon état, sort le 6 février 1927 et rentre chez elle, elle revient ensuite régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois, ainsi, 18 février : Oo 75 +95.

11 Mars: —7 75 +96.

Le 7 juillet 1927, on prend les pressions P.I. +71, P.T. +25. Il se produit, en effet, peu à peu, une symphyse, et la malade allant très bien, on décide d'arrêter Îles insufflations.

En septembre 1927, la malade part pour 6 mois à la campagne, elle rentre à Paris en mars 1928, pendant son absence, elle reconnaît avoir été en contact avec des bacillaires, il semble donc qu'il ÿ aït eu réinfection qui va se traduire en mai 1928 par la réapparition de la toux et de l’expectoration (avec présence de B. K.) à ce moment la radiologie montre l'existence d’une caverne au sommet gauche.

La malade rentre à Laënnec, le 13 juin 1928, comme elle présente du liquide, du côté où existait le pneumothorax, on lui fait deux premières ponctions, l’une de 200 cm3, l’autre de 275, et l’on décide, en juillet, de substituer un oléothorax au pneumothorax droit. On évacue encore par ponction le 6 août 200 cm3 que l’on remplace par 200 cm3 d'huile goménolée. Le 8 août, nouvelle injection d'huile de paraffine goménolée. Le 10 août, on injecte encore dans les mêmes conditions 15o cm3, de même le 16 août, ainsi que le 18 août (mais seulement 100 cm3 à chaque fois).

La malade s’améliore dans de très notables proportions, mais comme les symptômes de ramollissement du côté gauche semblent en pleine évolution, on décide d’instituer un pneumothorax artificiel gauche. La première insufflation a lieu le 16 octo-

bre 1928 : —g9 {oo —6 : la deuxième insufflation a lieu le 18 octobre 1928: —9 450 —9; la auatrième a Îlieu le 29 octobre : —6 600 —+1. Par

la suite, les insufflations ont lieu régulièrement une fois par semaine, comportant chacune une quantité d’air d'environ quatre à cinq cents cm3.

À partir du 12 décembre, l’expectoration n'est plus bacillifère. En janvier 1020, l’état de la malade est aussi satisfaisant que possible.

Bien que le collapsus soit très incomplet. la compression du sommet paraît cependant efficace.

Les insufflations sont poursuivies régulièrement dans les mêmes conditions.

En avril 1929, la malade, très améliorée, part au Sanatorium d'Angicourt, elle y reste plus d’un an.

Pendant son séjour, on arrête le pneumothorax, une symphyse s'établissant peu à peu (septembre 1929). Depuis cette époque, la malade qui, après son retour à Paris, a repris son existence normale, est toujours en état très satisfaisant.

L'enfant, qui avait été vacciné au B.C.G., séparé de la mère, et envoyé en placement à la campagne, est toujours très bien portant actuellement.

Tuberculose ulcéro-caséeuse droite, avec grosse spélonque apicale, traitée par un pneumothorax artificiel. — Trois ans après le début du traitement, la malade continue régulièrement ses insufflations, supporte parfaitement bien une grossesse et accouche dans des conditions normales. — Plus de deux ans après l’accouchement, l’état général est toujours parfait.

OBsERVATION N° 20

Mme Lai. Reine, 2r ans.

A la suite d’une grippe contractée en février 1925, la malade a été longtemps fatiguée; brusquement, le 25 mai suivant, elle fait, dans la même journée, deux hémoptysies depuis lors, elle accuse quolidiennement d’abondantes sueurs nocturnes et une élévation de température vespérale un médecin consulté fit faire une radiographie qui montra une condensation lobaire supérieure droite, ainsi qu’une diminution de transparence non homogène de tout le champ pulmonaire droit, le poumon gauche paraissant intact.

Bien qu'elle ait été mise au repos, l'état de la malade ne s’améliora pas, la température persista : elle se présenta au Dispensaire Léon Bourgeois, le 10 juin 1925, à ce moment, l’auscultation révéla la présence d'assez nombreux râles humides au sommet droit, d'autre part, la radiologie montra qu'il existait une condensation bien nette du lobe supérieur du poumon droit. On voyait en outre alors, au centre de cette condensation, une image cavitaire

arrondie de la grosseur d’une noix, siégeant sous la clavicule. L’expectoration enfin fut reconnue bacillifère. El

Le Docteur Rist décida d’instituer un pneumothorax artificiel, la malade entra à l'Hôpital Laënnec:

la première insufflation eut lieu le 15 juin: —3 100 OXY. 350 air —1, °° insufflation, le 18 juin: —4 45o —3.

3° insufflation, le 22 juin: —"7 450 —2.

4° insufflation, le 29 juin: —8 425 4.

Les insufflations furent poursuivies régulièrement par la suite tous les 8 jours, elles étaient d’environ 100 cm3 à chaque insufflation. On obtient de suite un décollement très marqué, bien qu’au début deux petites brides aient subsisté.

Dès la fin juillet, ces brides disparurent, il sembla alors qu’on était parvenu à déterminer une compression suffisante du poumon, d’ailleurs, depuis le début de ce mois, la malade augmentait régulièrement de poids, son expectoration n’était plus bacillifère, elle ne le redeviendra pas par la suite.

La malade sort de Laënnec en août 1925, et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois.

En novembre 1925, elle est envoyée au Sanatorium de Bligny où son traitement est régulièrement poursuivi dans les mêmes conditions. (Peu après son entrée au Sanatorium, du liquide, en petite quantité, était apparu, mais la quantité d'air insufflée restant aux alentours de 300 à 4oo cm3, le liquide n’augmenta jamais pendant toute la durée de son séjour.)

La malade quitte Bligny en avril 1926, et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois. Un an plus tard, l’état de la ma-

lade étant toujours excellent, elle est autorisée à reprendre son travail, tout en venant régulièrement tous les 15 jours aux insufflations. L'état de la malade demeure toujours très satisfaisant par la suite ; un an plus tard, en juin 1928, elle commence une grossesse qui est parfaitement bien supportée, le traitement est toujours régulièrement poursuivi, il ne se produit pas de liquide.

Ainsi : 1° janvier 1929: —5 Boo —2.

22 février 1929 : —5 4oo 0.

Au début du mois de mars 1929, la malade est presque à terme, elle demande au Docteur Hirschberg qui la suit régulièrement, l’autorisation de garder son enfant auprès d’elle pendant son séjour à la Clinique Baudelocque, étant donné que l’enfant sera vacciné au B.C.G., qu'il ne sera pas nourri par la mère et qu’il sera placé dès la sortie de Baudelocque, cette autorisation lui est accordée. La malade n’est, d’ailleurs, plus contagieuse depuis plus de trois ans et demi.

La malade entre à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire) le 2 mars 1929, à 3 h. 45. À midi 25, la dilatation est complète (O.I. G.A.), la malade accouche spontanément à midi 45, d’un garçon vivant pesant 3 kilos 240. Délivrance naturelle et complète à 13 h. 5, poids 420 grs. Suites de couches normales sauf un petit clocher à 38° le 7° jour. La malade, en bon état, rentre chez elle Île 14 mars 1929, et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois, tous les 15 jours, ainsi, 22 mars 1929: —5 390 +7.

20 décemb. 1929: —9 425 —r.

16 mai 1930: —6 395 —r.

26 sept. 1930: —5 350 —1.

10 janvier 1931: —6 oo —1.

6 mars 1931: —6 425 —"r.

Actuellement, plus de 2 ans après l’accouchement, la malade continue régulièrement ses insufflations, elle est en parfaite santé, et travaille comme par le passé.

L'enfant, envoyé à la campagne, se porte toujours très bien.

2 2 EEE

Tuberculose ulcéro-caséeuse unilatérale évolutive, avec spélonque d’assez grande dimension, traitée par un pneumothorax artificiel. — La malade supporte très bien une grossesse survenue en cours de traitement. — On suspend le traitement quelques semaines avant l’accouchement. — Plus de deux ans après l’accouchement, la malade est toujours en parfaite santé.

OBsERVATION N° 21

Mme Ev. Jeanne, 19 ans.

La malade, qui a eu des bronchites à répétition pendant son enfance, fait une grossesse au cours de l’année 1927. Au sixième mois de cette gestation. elle commence à tousser, elle accouche cependant normalement à la Clinique Baudelocque, le 11 juillet 1927 ; un mois après, la toux augmente, l'expectoration apparaît, la malade continue cependant à travailler.

Vers le 15 août, elle consulte un médecin qui constate une lésion au niveau du poumon droit, et l'envoie au Dispensaire Léon Bourgeois. La malade est admise à Laënnec le 22 août 1927.

À son entrée, l’auscultation révèle la présence d'un foyer de râles humides à la partie moyenne du poumon droit. D'autre part, la respiration est diminuée dans tout le champ pulmonaire droit. La radiologie montre qu’il existe une spélonque de la dimension d'une pièce de cinq francs au niveau du hile, tout le reste du champ pulmonaire droit étant semé de fines taches surtout développées au niveau de la moitié inférieure. Le poumon gauche paraît

rene »

normal. Son expectoration est d’ailleurs, à ce moment, bacillifère.

Malgré la gravité des lésions pulmonaires, l’état général de la malade est encore relativement bon.

Le Professeur Léon Bernard et le Docteur Triboulet décident d’instituer un pneumothorax artificiel droit. La première insufflation a lieu lle 8 sep-

tembre 1927 : —16 5oo —8.

la deuxième a lieu le-r1 sept. : —4 500 —{4.

la troisième a lieu le 15 sept. : —10 600 —4. la quatrième a lieu le 23 sept.: —8 boo —{4.

Dès le début, on a obtenu un très bon décollement, l’état de la malade s'améliore considérablement, elle ne tousse plus, ne crache plus ; les insufflations sont poursuivies régulièrement par la suite, elles ont lieu tous les 8 jours, puis tous les 15 jours, et sont en moyenne de 5 à 600 cm3 à chaque fois. Ainsi, 19 octobre : —10 600 —4.

12 décembre : —14 500 —10.

La malade sort de Laënnec le 31 décembre et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois.

En juin 1928, elle commence une nouvelle grossesse, qui est fort bien supportée. Les insufflations sont régulièrement poursuivies,

ainsi, le 5 septembre: —g9 300 +3.

17 octobre: —8 275 +1.

15 novembre: —8 200 +1.

15 décemre: —7 125 O.

On arrête les insufflations dans le courant du mois de février 1929. À ce moment, la malade est presque à terme, elle entre à Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le 4 mars 1929, à 21 heures. À 24 h. 45, le 5 mars, la dilatation est complète et la malade accouche spontanément le 6 mars 1929, à

1 heure, d’une fille vivante pesant 2 kilos 880. À 1 h. 40, délivrance naturelle et complète, poids 450 ors. Suites de couches normales non fébriles (la température n’a jamais dépassée 37°6). La malade sort en parfait état le 17 mars 1929 et rentre chez elle avec son enfant qui a été vacciné au B.C.G. mais qu’elle ne nourrit pas. La séparation a été jugée inutile, la malade ne présentant plus de bacilles depuis * 15 mois.

Après être revenue au Dispensaire Léon Bour-

geois, en Avril 1929, la malade en excellente santé part dans sa famille en Auvergne.

Depuis cette époque, elle envoie régulièrement de ses nouvelles : sa santé est toujours très satisfaisante, ainsi que celle de son enfant. (dernière lettre avril 1931).

Tuberculose ulcéro-caséeuse excavée, à marche évolutive rapide, apparue à la fin d’une troisième gestation trop rapprochée des précédentes et soignée par un pneumothorax artificiel qui se montre rapidement efficace. —- L'évolution paraissant enrayée, on arrête les insufflations au bout de seize mois de traitement, —— Sept mois plus tard, la malade commence une nouvelle grossesse au cours de laquelle se produit une évolution de lésions du côté opposé. Elle refuse cependant de reprendre le traitement, — Son état général décline peu à peu. Elle meurt dix jours après l’accouchement.

Madame Leq. Louise, 23 ans.

La malade fit successivement trois gestations au cours des années 1924, 1925, 1926. La troisième grossesse fut fort mal supportée par la malade, elle fit même au cours de cette gravidité, pendant laquelle elle avait beaucoup maigri, une hémoptysie.

Huit jours après l'accouchement, la malade commence à présenter des points de côté marqués, présente d’abondantes sueurs nocturnes et se met à tousser. Elle fait alors une série d'hémoptysies, entre à l'Hôpital Laënnec où l’on constate l'existence d’une grave lésion excavée du sommet gauche, en même temps l'examen de son expectoration montre la présence de très nombreux bacilles de Koch. On institue un pneumothorax artificiel gauche en avril 1926. On obtient assez rapidement un bon collapsus, le pneumothorax se révèle efficace et les insufflations sont poursuivies régulièrement tous les 8 jours pendant 16 mois.

Au bout de ce temps, on a obtenu urie amélioration considérable, l'expectoration n’est plus bacillifère depuis plus d’un an. La malade a repris son existence habituelle et travaille régulièrement. L'évolution des lésions semblant enrayée, on décide d’arrêter les insufflations.

Mais sept mois plus tard, la malade commence une nouvelle grossesse. Examinée régulièrement à Laënnec, elle est trouvée porteuse, un mois plus tard, d’une tache suspecte au poumon droit.

Au cinquième mois de la grossesse, des lésions évoluantes apparaissent nettement au niveau du poumon droit. On retrouve à nouveau des bacilles dans l'expectoration. On propose à la malade d’instituer un pneumothorax artificiel droit, mais elle refuse, ne se soigne pas, son état général décline rapidement.

Trois semaines avant l'accouchement, elle présente, chaque soir, une température aux alentours de 39°5, d'autre part, la malade a considérablement maigri, une entérite bacillaire s’est installée. La malade, en pleine cachexie, accouche chez elle le 17 novembre 1928, d’un enfant vivant pesant 2 kilos 150. Transportée à la Clinique Baudelocque, on y pratique la délivrance artificielle.

Dans les jours suivants, la malade présente une température à 4o°. Elle meurt le 26 novembre, au milieu d’une hémoptysie.

Tuberculose ulcéro-caséeuse à localisation gauche, avec spélonque à la partie moyenne, traitée par un pneumothorax artificiel qui s’est montré très rapidernent efficace. — Un an après le début du traitement, la malade commence une première grossesse, parfaitement supportée. — Elle accouche à terme dans les meilleures conditions. — Quelques mois plus tard, la malade commence une deuxième grossesse. — Elle la mène à terme comme la précédente et accouche normalement. — Quatre ans après le début du traitement, toujours régulièrement poursuivi, la malade commence une troisième gestation. — Elle la supporte également parfaitement bien et la mène également à terme.

\ Mme Greng. Marie-Louise, 24 ans.

La malade, qui a mené à terme une première grossesse et a accouché normalement en février 1924, a perdu sa mère de tuberculose pulmonaire en décembre 1924, elle-même se met à tousser au début de l’année 1926, elle continue, cependant, de travailler, tout en se sentant extrêmement fatiguée et, en maigrissant beaucoup; au mois d'avril, elle se mit à tousser davantage et commença à cracher. Elle se décide à venir consulter au Dispensaire Léon Bourgeois dans le courant du mois de mai.

À son entrée, l'examen révèle alors la présence d’une tuberculose pulmonaire ulcéro-caséeuse gauche avec caverne au niveau de la partie moyenne du poumon gauche. D'ailleurs, les examens radiologiques confirmèrent l’ausculttion en montrant au ni-

‘veau du champ pulmonaire gauche de nombreuses taches et marbrures et un aspect en mie de pain bien net, surtout accusé au niveau du tiers moyen, aspect normal à droite ; enfin, l'expectoration renfermait de nombreux bacilles de Koch.

Le Docteur Rist et le Docteur Hirschberg décidèrent, en présence de ces symptômes, d'instituer un pneumothorax gauche. Première insufflation, le 14 juin 1926: —5 oxyg. 150 air 280 —3.

2° insufflation, le 16 juin 1926: —5 420 —>2. 8° insufflation, le 19 juin 1926: —6 520 —1.

4° insufflation, le 24 juin 1926: —6 560 O.

Dès le début, on obtient un bon décollement, cependant, une bride sous-tendant la caverne toujours visible, persiste au sommet.

On poursuit régulièrement par la suite les insufflations, elles sont d'environ 500 cm3 à chaque fois.

La malade sort de Laënnec le 14 juillet et revient ensuite régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois,

ainsi, le 4 août 1926: —3 425 +17.

le 15 août 1926: —4 430 +1.

Elle part ensuite en Sanatorium, les insuffla-

tions y sont poursuivies tous les 15 jours,

ainsi, le 5 novembre 1926 : —6 4oo o.

le 3 décembre 1926: —4 5oo o.

le 18 février 1927: —5 475 o.

Au début de l'année 1927, on a obtenu un collapsus presque complet, la malade ne tousse plus, son expectoration est absolument tarie et n’est d’ailleurs plus bacillifère depuis plus de 6 mois. Peu après, la malade, qui à présenté ses dernières règles. le 26 mars 1927, Commence une grossesse qui est fort bien supportée; les insufflations sont poursuivies en méme temps, régulièrement :

ainsi, le 3 juin 1927: —7 425 —3.

le 5 août 19279: —7 450 —.

le rx novembre: —7 550 —1.

La malade étant près du terme, on insuffle encore, le 19 décembre 1927 : —8 675 —1. |

Dans la nuit du 4 au 5 janvier 1928, la malade entre en travail, elle est immédiatement transportée à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), elle accouche spontanément le 5 janvier, à.2 h. 40 (O.I.G.A.) d’une fille vivante pesant 2 kilos 650. Délivrance naturelle et complète à 2 heures 5o, poids 44o grammes.

Suites de couches : Bon état général, température à peu près normale, pas d'évolution pulmonaire. La malade sort en parfait état de la Maternité le 18 janvier 1928 ; l'enfant semble très bien portant, mais il meurt brusquement au bout de quelques jours, sans que la malade ait pu en connaître la cause.

La malade revient ensuite régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois,

ainsi, le 27 janvier 1928: —3 675 +2.

le 24 février 1928: —3 875. —1.

le 23 mars 1928 : —4 650 —r.

de inême par la suite.

lé 28 septembre 1928: —5 450 +r.

le 21 décembre 1928 : 5 350 +1.

À cette époque, la malade est à nouveau enceinte (dernières règles : juillet 1928), cette seconde gestation survenue en cours de traitement est également bien supportée ; on poursuit les insufflations tous les 15 jours (3 à 4oo cm3 d'air à chaque fois), ainsi, le 25 janvier 1929 : —6 375 +5.

le 1° mars 1929 : :—7 375 +4.

La dernière insufflation a lieu le 5 avril 1929: —8 400 ‘+2.

La malade, à terme, accouche le 14 avril suivant, en ville, d’une fille vivante, actuellement bien portante, après l'accouchement, les suites de couches ont été absolument normales, la malade, en parfait état, revient ensuite se faire insuffler à nouveau au Dispensaire Léon Bourgeois: en premier lieu, le 5 mai 1929 : —3 425 +3. On poursuit, par la suite, régulièrement le traitement :

ainsi, le 28 mars 1929: —b 4oo +7.

6 septembre 1929: —4 300 +12.

17 janvier 1930: —3 150 +20.

28 mars 1930: —1 D00 +12.

La malade ne présente à nouveau plus ses règles au mois d'août 1930. En fin septembre, on s'aperçoit alors, que la malade est enceinte pour la troisième fois depuis le début du traitement, on poursuit les insufflations,

ainsi, Le 29 août 1930: —3 150 +20.

19 septembre 1930: —2 175 +20.

3 octobre 1930: —3 150 +24.

29 novembre 1930: —4 300 +20.

19 décembre 1930: —7 175 +20.

6 février 1931: —2 175 +rg.

En fin avril 1931, la malade, au 8° mois de sa grossesse, est toujours en parfait état, elle s'occupe de son ménage et mène une vie normale.

Elle entre à la Clinique Tarnier (Service du Professeur Brindeau), le 1° mai 1931, et accouche le 6 mai dans les meilleures conditions, pour la 3° fois, depuis le début du traitement. La malade, à sa sortie de la Maternité, doit rejoindre le Dispensaire Léon Bourgeois, où son traitement sera poursuivi comme par le passé.

Ses deux derniers enfants sont en parfaite santé.

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Tuberculose pulmonaire lobaire supérieure gauche évolutive, soignée par un pneumothorax artificiel. — Quatre ans après le début du traitement, la malade, en parfait état, mène à bien une grossesse et accouche dans les meilleures conditions. — Dixhuit mois plus tard, la malade commence une seconde gestation. — Elle accouche sans que cette seconde gestation ait en rien interrompu la cicatrisation de ses lésions. — Deux ans après cette seconde grossesse, la malade, qui mène une existence normale, se trouve en parfaite santé. — Deux ans et demi après l’arrêt du traitement, la guérison semble donc à l’heure actuelle vérifiée.

OBsERVATION N° 24

Mme Bau. Yvonne, 24 ans.

Le frère de la malade, avec lequel elle vivait, meurt de tuberculose pulmonaire, en fin février 1922. À cette époque, la malade, qui toussait et crachait déjà beaucoup depuis trois mois, et avait beaucoup maigri, se sentant de plus en plus fatiguée, se décide à venir consulter au Dispensaire Léon Bourgeois, dans les premiers jours de mars 1922.

À cette époque, on ne trouve à l’auscultation qu’une respiration un peu rude à gauche, tandis que la radiologie montre qu’il existe seulement une traînée d’ombres plus accusée entre lle hile et la clavicule gauche. En avril, la malade, suivie régulièrement par le Dispensaire Léon Bourgeois, présente aux examens radioscopiques et radiographiques une modification très nette du précédent aspect. On trouve en effet, alors, à la partie supérieure du poumon gauche, une zone de condensation lobaire en

pleine évolution, en même temps, l’auscultation met en évidence à ce niveau la présence d’un foyer de râles asez gros, le côté droit paraît normal. L'expectoration n’est pas reconnue bacillifère, mais la cutiréaction est positive. Le Docteur Rist décide d’instituer un pneumothorax artificiel gauche, mais la malade préfère attendre, elle est envoyée en cure sanatoriale à Villepinte pendant six semaines et, de

là, passe encore quelques jours à la campagne.

Elle revient enfin à Laënnec le 12 juillet 1922, pesant alors 55 kilos.

La première insufflation a lieu le 22 juillet :

—14 100 oxy. 425 air —4.

2° insufflation le 24 juillet: —6 425 —2.

3° insufflation Île 26 juillet : —8 525 —x.

4° insufflation le 29 juillet: —7 375 —x.

Dès le début, on a obtenu un bon décollement et le collapsus se révèle efficace ; il subsiste cependant uñe petite bride au sommet. Les insufflations sont régulièrement poursuivies par la suite, elles sont en moyenne dé 350 cm3.

La malade sort de l'Hôpital le 17 août, son traiterent ést régulièrèement poursuivi au Dispensaire Léon Bourgeois.

À la suite du traitement, son état s'est beaucoup améliôré, le 15 août, elle pèse 56 kilos 300. Neuf mois äprès lle début du traitement, la malade aura engraissé de 12 kilos (avril 1923), il ne se produira jamais de liquide, On poursuit le traitement comme par le passé.

En février 1954, bien qu'il subsiste toujours une bride au sommet, l’action du pneumothorax est toujours satisfaisante : l'expecloration ne sera jamais réconttüe bacillifère, la malade, én fort bon état, ne tousse et ne crache presque plus.

Au début de l’année 1926, il ne subsiste plus aucune adhérence, le collapsus est enfin complet, la malade va parfaitement bien.

Elle va si bien qu'elle se marie le 5 juillet 1926 sans le dire au Docteur Rist, qui lui avait conseillé d'attendre un peu. Bientôt après, la malade commence une grossesse, les insufflations sont poursuivies régulièrement une fois par mois ; en janvier 1927, elle est au sixième mois de sa grossesse qui est parfaitement bien supportée. Le traitement est régulièrement poursuivi au Dispensaire Léon Bourgeois : le collapsus est toujours parfait, le champ pulmonaire droit toujours intact,

Dernière insufflation le 18 mars 1927 : 200 cm.

La malade étant presque à terme, entre à Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le travail commence le 14 avril à 18 h. 30. Le 15 avril, à g h. 15, la dilatatoin est complète, mais ia malade, se fatiguant beaucoup à la fin du travail, devenant dyspnéique et commençant à se cyanoser, on fait une application de forceps à la partie inférieure de l’excavation et l’on extrait, à 9 h. 30, une fille vivante pesant 2 kilos 95o. Délivrance naturelle et complète à 9 h. 45, poids 520 grs. Suites de couches : température à 38°2, 38°4 le 3° et le 4° jour, puis retour à la normale.

La malade est réinsufflée le quatrième jour : —6 4oo —2. L'enfant, bien portant, vacciné au B.C.G., est mis à l'allaitement artificiel. Envoyé en placement à la campagne, il est actuellement bien portant.

Après sa sortie de Baudelocque, la malade revient régulièrement se faire insuffler, l’accouchement n’a eu aucune influence sur la cicatrisation des lésions.

À la fin de l’année 1927, le moignon pulmonaire gauche, toujours fort bien comprimé est parfai-

AV ur

tement clair, on y distingue quelques noyaux calcifiés, par ailleurs la malade est en excellent état.

Au début de l’année 1928, la malade, qui poursuit toujours régulièrement ses insufflations au Dispensaire Léon Bourgeois, va toujours très bien, elle ne tousse plus, ne crache plus.

Devant l'amélioration de l'état général et des signes pulmonaires, et après une inoculation au cobaye, on décide au mois d’août 1928 d’arrêter les insufflations. Mais, d’autre part, la malade, qui avait présenté ses dernières règles du 20 au 22 juillet, commence à ce moment une seconde grossesse qui est parfaitement bien suportée. Le dispensaire Léon Bourgeois continue à suivre régulièrement la malade. En janvier, février, mars 1929, la gestation se poursuit normalement, l'état général est extrêmement satisfaisant.

La malade entre à Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le 8 avril 1929, à 11 heures, elle est admise à la salle de travail à 2 heures. À 2 h. 45, la dilatation est complète (O.I.D.P.); elle accouche spontanément à 2 h. 5o d’un garçon vivant pesant 2 kilos 420, légèrement débile, mais cependant en bon état. Délivrance naturelle et complète à 3 h. 30, poids 440 grs. Suites de couches normales, sauf 35°9

le 3° et le 9° jour, la température revient ensuite à Ia normale.

La malade rentre chez elle le 21 avril et allaite son enfant. La malade est suivie depuis cette époque au Dispensaire Léon Bourgeois.

En septembre, octobre 1929, on note simplement qu'il existe une diminution de transparence au niveau des deux tiers inférieurs du champ pulmonaire gauche qui est revenu sur lui-même ; par ailleurs tout est normal.

En décembre 1930, la malade va toujours parfaitement bien, de même en avril 1931, plus de deux ans et demi après la cessation du traitement et bien que la malade ait, depuis, présenté une deuxième

# grossesse, qui n'a en rien interrompu la cicatrisation de ses lésions.

Le deuxième enfant se porte également toujours bien.

Tuberculose pulmonaire unilatérale droite à forme fibreuse hémoptoïque évolutive, traitée par un pneumothorax artificiel. — Quatorze mois après le début du traitement, la malade commence une grossesse parfaitement bien supportée, elle accouche normalement à terme. — Seize mois après l’accouchement, le traitement est toujours régulièrement poursuivi, l’état général de la malade est toujours parfait.

OBsERVATION N° 25

Mme Cou. Germaine, 21 ans.

La malade, qui affirme avoir été jusqu'alors bien portante, présente tout d’un coup, pendant deux jours de suite, au mois de juillet 1925, des crachats hémoptoïques assez abondants, ces crachats se répètent à plusieurs reprises, dans le cours de ces deux journées. La malade, qui fut examinée à cette époque, ne présentait alors qu'une légère diminution de la respiration à droite, s'accompagnant de quelques craquements au sommet.

Mise au repos, la malade commença cependant à tousser et à cracher, et présenta d'assez fréquents points de côté à droite pendant quelques semaines ; elle se mit, en outre, à maigrir sensiblement (2 kilos en 2 mois), mais par la suite, grâce à un assez long séjour à la campagne, son état s’améliora, elle reprit son existence normale au début de l’année 1926.

Toutefois, à partir du mois de septembre et surtout à partir de novembre 1927, la malade se sent à nouveau très fatiguée, elle accuse de nombreux points de côté, tousse davantage et présente à plusieurs reprises une série de crachats hémoptoï-

ques, elle maigrit enfin de 2 kilos en 2 mois, elle vient alors consulter au Dispensaire Léon Bourgeois. On trouve à ce moment, à l'examen, une diminution marquée de la respiration à droite, s’accompagnant d'assez nombreux râles au sommet. À la percussion, on note d'autre part, à ce niveau, une matité assez accusée. L'examen radiologique met en outre en évidence une opacité nettement accusée du lobe supérieur droit, avec une condensation très marquée au niveau de la scissure interlobaire. À ce moment, cependant, l’état général de la malade est encore peu atteint.

Bien que sa température vespérale soit toujours aux alentours de 38°. Après quelques semaines de repos, la malade rentre à Laënnec le 17 janvier 1928, et le Docteur Rist décide d’instituer un pneumothorax artificiel droit.

1° insufflation, le 22 Janv. 1928: —10 300 —6. 2° insufflation, Île 26 janv. 1928: —7 350 —3, 3° insufflation, le 4 février 1928: —7 400 —4. 4° insufflation, le 11 fév. 1928: —7 7oo —3.

Depuis le début des insufflations, on a obtenu presque immédiatement un décollement complet, et le collapsus s’est révélé de suite efficace, le murmure vésiculaire est complètement aboli, l’état général de la malade s’est considérablement amélioré, elle ne tousse presque plus, ne crache plus, et a engraissé de 1 kilo en 3 semaines; la température revient enfin rapidement à la normale.

On poursuit régulièrement les insufflations, elles sont d'environ 600 à 650 cm3 à chaque fois,

ainsi, 25 février 1928: —7 650 —2.

16 mars: —6 700 —r.

La malade sort de Laënnec le 14 mars 1928 et rentre chez elle dans un état aussi satisfaisant que possible. Elle revient ensuite régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois.

Son état général demeure excellent pendant tout le cours des années 1928 et 1929.

En avril 1929, la malade commence une grossesse parfaitement bien supportée. En octobre 1929, au septième mois de la gestation, son état général est toujours parfait, le pneumothorax est régulièrement poursuivi.

La malade entre à Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le 29 décembre 1929.

Elle accouche spontanément le 30 décembre 1929, d'un garçon vivant pesant 3 kilos 700.

L'enfant, vacciné au B.C.G., séparé de la mère et envoyé en placement à la campagne, est actuellement bien portant.

Suites de couches normales.

La malade sort de Baudelocque le 15 janvier 1930 et revient régulièrement se faire insuffler à l'Hôpital Laënnec, où son traitement est toujours poursuivi depuis lors. En avril 1931, l’état de la malade est toujours parfait, 16 mois après l’accouchement. ;

Dot

Tuberculose ulcéro-caséeuse évolutive, traitée par un pneumothorax artificiel. — Quatre mois après le début du traitement, la malade commence une gestation très bien supportée et accouche normalement. — Les insufflations sont poursuivies régulièrement, la grossesse n’ayant nullement ralenti la cicatrisation des lésions. — Six ans et demi après le début du traitement, la malade étant complètement guérie, on arrête le pneumothorax. — Six mois après, la malade est toujours en parfaite santé. l RENE

Mme Duc. Marie, 36 ans.

La malade, qui présente une luxation congénitale de la hanche, s’est mariée dans le courant de l’année 1924. Bientôt après, commence une grossesse bien supportée, la malade accouche en avril 1915, d’une fille pesant 3 kilos 500, mais au moment de la délivrance, elle fait une grosse hémorragie qui nécessite un curettage; pendant un mois, la malade fait de la température. Par la suite, elle présente un mauvais état général. Elle allaite cependant sa fille pendnt g mois. Au bout de ce temps, la malade, très fatiguée et très asthéniée, perd l'appétit et accuse de nombreux points de côté.

Peu de temps après, une grippe avec température assez élevée pendant un mois l’affaiblit encore davantage. Au cours des années suivantes, la malade, qui maigrit progressivement, tousse et crache fréquemment. Par la suite, elle doit s'arrêter de travailler assez souvent.

En 1922, la malade est envoyée au repos à la campagne pendant un an, elle n’engraisse cependant pas. Au mois d'août 1923, à la suite d'une congeslion pulmonaire, elle fait, tout d'un coup, une hémoptysie. Depuis lors, sa toux et son expectoralion augmentent. Le 5 mars 1924, elle vient consulter au Dispensaire Léon Bourgeois.

À ce moment, elle présente à droite une respiration soufflante avec de gros râles sous-crépitants humides dans la moitié du champ pulmonaire ; à gauche, il existe simplement une respiration un peu rude. Les examens radiologiques montrent une condensation non homogène des 2/3 supérieurs du champ pulmonaire droit, avec image cavitaire. Cette tuberculose unilatérale droite excavée semble donc avoir évolué depuis longtemps, car son début paraît très éloigné. Enfin, à ce moment, l’expectoration est bacillifère.

En présence de ces symptômes, le Docteur Ameuille décide d’instituer un pneumothorax artificiel droit.

La première insufflation a lieu le 15 mars 1924 :

—8 100 oxYy. 4bo air —4.

2° insufflation, 17 mars 1924 : —3 hoo —2.

8° insufflation, 21 mars 1924: —3 450 —2.

On a obtenu de suite un décollement total, l’amélioration est bientôt sensible ; l’état général devient assez rapidement satisfaisant ; les insufflations sont poursuivies régulièrement tous les 8 jours,

ainsi, Le 3 mai: —5 oo —2.

(Dès cette époque, l'expectoration n'est plus bacillifère. 20 juillet: —-6 600 —<$8.

19 août: —8 550 —6.

La malade, qui a présenté ses dernières règles le 30 juin, est alors au début d'une grossesse assez bien supportée.

i “3 » 4 à Ÿ 2 :1 Le traitement est régulièrement poursuivi d’a-

bord à Laënnec, puis au Sanatorium de la Tuyolle où elle fait un assez long séjour,

ainsi, 24 décembre 1924 : —12 SOO TO:

21 janvier 1925. —12 900 —-8.

4 février 1925 : —8 1.000: —6, À partir du 15 février, on diminue la quantité d'air-insutfiée ainsi eanarss :—8 ‘5oo —-8.

dernière insufflation le 18 mars : —10 600 —10.

La malade entre en travail le 25 mars dans l’après-midi, elle est dirigée sur la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), et est admise à la salle de travail à 19 h. 30. Elle accouche spontanément à 21 h. 10 d'une fille vivante pesant 2 kilos go0o. Délivrance naturelle et complète à 21 h. 30, poids 500 grs. Suites de couches : la température reste aux alentours de 38° jusqu’au 5° jour, elle s'élève à 38°6, 38°7 lle 6° et le 7° jour, et redescend en lysis pour revenir à la normale le 14° jour.

L'enfant, très bien portant, vacciné au B.C.G., est envoyé en placement familial. Il est actuellement en parfaite santé.

Le sixième jour, la malade est réinsufflée à la Maternité, —8 600 —12. Elle sort le 15° jour, le 9 avril, en très bon état général. Les insufflations sont réoulièrement poursuivies au Dispensaire Léon

Bourgeois, ainsi, 14 avril 1925 : —10 8o0o —r0. 19-1041 T02D : 627 800 8.

30 octobre 1925 : —g 8oo —2.

16 avril 1926: —3 875 —7.

À partir du mois de juin, les insufflations ont lieu toutes les trois semaines dans les mêmes conditions qu'auparavant,

ainsi, 3 décembre 1926 : —4 700 —6.

L février 1927: —9 800 —7.

15 avril 1927: —17 1.100 —1.

15 décembre 1927: —7 700 —{.

L'état général est toujours extrêmement satis-

faisant, le traitement est toujours régulièrement poursuivi, cependant à partir du mois de juin 1928, “on n’insuffle plus qu’une fois par mois,

ainsi, 19 décembre 1928: —6 600 —2.

8 mars 1929: —10 800 —8.

7 février 1930: —3 625 —3.

19 septembre 1930: —5 650 —1.

17 octobre 1930 : —5 650 —1.

À cette date a lieu la dernière insufflation, la malade est en effet, complètement guérie, on vérifie la guérison au mois de décembre et l’on constate à la radioscopie que le poumon conserve une teinte uniforme légèrement grisâtre, on y note également la présence d’un certain nombre de calcifications.

La malade continue à être suivie par le Dispensaire Léon Bourgeois. En avril 1931, son état est toujours excellent, 6 ans après l'accouchement, 6 mois après la cessation du traitement.

Tuberculose ulcéro-caséeuse à marche évolutive rapide, soignée par un pneumothorax artificiel, arrêté au bout de deux ans de traitement, la guérison semblant obtenue. — Un an plus tard, la malade supporte d’une façon satisfaisante une grossesse. — Un an plus tard, l’état général de la malade est toujours fort bon.

Mme Vis. Maria, 25 ans.

La malade, qui a soigné une parente morte de tuberculose pulmonaire au début de l’année 1926, présente elle-même une atteinte très marquée de l’état général succédant à une broncho-pneumonie contractée à la fin de la même année.

En février 1927, la malade fait une hémoptysie, elle se présente au Dispensaire Léon Bourgeois, on constate à ce moment-là, l'existence d’une condensation lobaire gauche en pleine évolution à tendance excavante, avec présence de nombreux bacilles dans l’expectoration.

Le Docteur Rist institue un pneumothorax artificiel gauche en fin mars 1927. La collapsothérapie se montre immédiatement efficace, l’état général s'améliore considérablement. Le traitement est poursuivi dans de fort bonnes conditions ; vers le milieu de l’année 1928, la malade est envoyée en cure complémentaire au Sanatorium de Villepinte, son traitement y est régulièrement poursuivi.

Le pneumothorax est ensuite continué au Dispensaire Léon Bourgeois, les lésions semblant cicatrisées, le traitement est arrêté en avril 1929.

Six mois plus tard, la malade commence une

Ta

grossesse bien supportée au début. Ayant changé de quartier, elle vient consulter le 13 mars 1930, au centre de triage de l'Hôpital Saint-Antoine. Elle est à ce moment au 6° mois de sa grossesse. Comme elle est assez fatiguée, qu’elle tousse un peu après une grippe contraetée récemment, quelle est légèrement essoufflée et que son expectoration est réapparue depuis peu, on fait un examen de crachats dans lequel on retrouve des B. K., cependant, l’état général de la malade ne semble pas atteint, son appétit est conservé, elle n’a pas maigri. L’auscultation et la radiologie ne montrent pas de lésions en évolution, en conséquence, la malade est mise au repos complet.

Très rapidement, son état général s'améliore, elle engraisse progressivement, la toux et l'expectoration s'atténuent puis disparaissent. La° malade étant presque à terme, est dirigée sur la Maternité de l'Hôpital Saint-Antoine (Service du Professeur Ag. Lévy-Solal). Le travail commence dans la nuit du 3 au 8 juin. La malade est une primipare, la dilatation s'effectue normalement à partir de 6 heures du matin (O.ED.P.). A 12 h. 15, la dilatation est complète, on rompt artificiellement les membranes, les efforts d'expulsion n’amènent ni dyspnée, ni CVanose ; la malade accouche spontanément à 12 h. 45 d'un garçon vivant pesant 3 kilos 020. À 13 h. 45. délivrance naturelle et complète, poids 57e grs. Les suites de couches furent normales, il n’y eut aucune poussée évolutive post-partum. La malade, en fort bon état, sort de la Maternité, le 25 juin r030, elle est suivie depuis lors, régulièrement par le Centre de triage de l'Hôpital Saint-Antoine, et est toujours on très bonne santé. L'enfant, vacoiné au B.C.G., se trouve actuellement en très bon état à là campagne.

Tuberculeuse soignée par un pneumothorax artificiel et devenue ultérieurement enceinte.

OBsSERVATION N° 28

Mme Fait. Georgette, 25 ans.

La malade, dont le père est décédé de tuberculose pulmonaire, se met à tousser et à cracher très fréquemment au cours de l’année 1923 ; ayant beaucoup maigri, son état général étant très sensiblement atteint, elle vient consulter à l'Hôpital de la Charité où l'on constate l'existence d’une tuberculose pulmonaire caséeuse excavée en pleine évolution, à droite. ;

Un pneumothorax artificiel fut institué en mars 1924, et se montra très rapidement efficace. La malade, très améliorée, reprit son existence normale et travailla régulièrement au bout de quelques mois de traitement.

En avril 1927, la malade commence une grossesse qui fut bien supportée. Le 28 décembre 1927, elle fut prise dans la nuït des premières douleurs, iransportée immédiatement à la Maternité de l’'Hôpital Boucicaut (Service du Professeur Ag. Le Lorier), elle accoucha dès son arrivée spontanément, à 2 h. 4o le 29 décembre, d’une fille vivante pesant 2 kilos 220. Délivrance naturelle et complète à 4 heures. Suites de couches non fébriles au début, mais le 4° jour, la malade présenta des troubles nerveux assez inquiétants, s’accompagnant d’une température à 38°, et fit, à partir du 6° jour, un état de confusion mentale presque démentiel ; à partir du 10° jour, son état s’améliora graduellement. Le 17 janvier, la malade

put quitter la Maternité, tout à fait normale au point de vue intellectuel.

La malade, revue par la suite à différentes reprises au cours des années suivantes, et suivie par le centre de triage de l'Hôpital Boucicaut, a toujours été trouvée en parfait état général.

Son enfant se porte toujours bien.

Tuberculose ulcéro-caséeuse excavée, à marche évolutive rapide, traitée par un pneumothorax artificiel et devenue ultérieurement enceinte (cinq ans plus tard). — La grossesse et l’accouchement n’eurent aucune action défavorable. — Actuellement, huit ans après le début du traitement, plus de quatre ans après l’accouchement, l’état général est toujours extrêmement satisfaisant.

Mme Ast. Ida, 31 ans.

À la suite d’une bronchite contractée en janvier 1922, la malade a ressenti une fatigue persistante, s’est mise à tousser, et a commencé à maigrir

progressivement; en février, la malade se mit à cra-

cher ; vers le mois d'Avril, elle vint consulter au Dispensaire Léon Bourgeois, on constata alors la présence d’une lésion au niveau du poumon gauche, la malade fut mise au repos, mais son état ne s’améliorant cependant guère, elle continua à être suivie régulièrement par le Dispensaire. En février 1923, le Docteur Rist constata une aggravation de ses lésions, il existait en effet, alors à ce moment, des signes de condensation au niveau du sommet gauche, on entendait, à l’auscultation, des râles humides et la radiologie montrait la présence de 2 petites spélonques sous la clavicule gauche; l’expectoration enfin était bacillifère. Le Docteur Rist décida d’instituer un pneumothorax artificiel gauche ; bien que le décollement complet ne fut pas obtenu, une amélioration très sensible se produisit dès le début du traitement.

Au bout de 3 mois de traitement des adhéren-

ces persistaient, toutefois, toujours au sommet ; il existait en outre une petite réaction liquidienne. La malade partit alors en cure sanatoriale (Sanatorium de Leyssuel) ; le pneumothorax fut poursuivi au sanatorium pendant 6 mois, ensuite les adhérences persistant, on l’arrêta, la malade resta 9 mois en sanatorium, elle présenta toutefois pendant tout son séjour de la température vespérale et son expectoration demeura toujours bacillifère. En fin décembre, la malade commença une grossesse, mais elle fit un avortement de 2 mois en février (hémorragie, curettage) la malade resta ensuite dans le même état, ses règles réapparurent jusqu'au ro mai 1926, en juillet, la malade, qui vomit assez fréquemment, qui se sent assez fatiguée, qui tousse davantage et maïigrit d’une façon plus accusée, vient consulter et apprend qu'elle est enceinte. Par la suite, cette gestation fut mieux supportée, en particulier à partir du 7° mois, à ce moment, l’auscultation ne montrait au niveau du poumon gauche qu'une respiration un peu soufflante et quelques rares craquements, de même au niveau du poumon droit où l’on ne percevait les craquements qu'après la toux.

La malade à terme, entre, le 26 février 1927, à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire) ; le 27 février le travail commence à 17 heures, et elle accouche spontanément le 1° mars 1927. à 18 h. ro, d’un garçon vivant pesant > kilos 000. Délivrance naturelle et complète à 6 h. 40. poids h20o grammes. Suites de couches : température aux alentours de 38° du 4° au 13° jour, puis, retour à la normale en lysis. La malade quitta la Maternité le 14 mars en très bon état général, ne présentant aucun signe d'évolution pulmonaire. L'enfant. vacciné au B.C.G., séparé de la mère et envoyé en place-

ment à la campagne, est actuellement bien portant. La malade partit ensuite pendant > ans en sanato-

rium; revue en février 1929, elle présentait un état très satisfaisant, mais s’obstinait à refuser une thoracoplastie proposée par le médecin chef du Sanatorium d’Angicourt, elle resta cependant encore un an au sanatorium. Elle en revint en mars 1930, ayant persisié à refuser l'intervention. Elle partit alors pour Marseille, où elle réside actuellement. Elle envoie toujours régulièrement de ses nouvelles, actuellement 4 ans après l’accouchement, son état général est toujours extrêmement satisfaisant.

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