‹ Du Pneumothorax Thérapeutique chez les Tuberculeuses GravidesChapitre 40 sur 47 · LENS · texte numérisé non relu

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Tuberculose ulcéro-caséeuse évolutive, soignée par un pneumothorax artificiel. — Deux ans après le début du traitement commence une grossesse bien supportée. — La malade ayant un bassin rétréci, on doit pratiquer une opération césarienne qui est fort bien supportée. — Un an après, la malade est toujours en parfait état.

OBsERvVATION N° 30

(communiquée par le Docteur Braun)

Mme M., 28 ans.

La malade se présente chez le Docteur Braun, en fin octobre 1927, elle présentait, à ce moment, une grosse infiltration avec tendance au ramollissement au niveau du poumon gauche, la radiologie montrait d’ailleurs une zone de condensation assez étendue au niveau du lobe supérieur gauche, centrée par une spélonque de la grosseur d'une pièce de cinq francs.

Enfin, la malade, qui avait beaucoup maigri depuis six mois, toussait et crachait continuellement et son expectoration était bacillifère, l'état général semblait assez sensiblement atteint.

Le Docteur Braun décida d'instituer un pneumothorax artificiel gauche. La première insufflation eut lieu le 1°” décembre 1927 : —$8 200 —6.

Dès la troisième insufflation, on obtint un bon décollement, le collapsus se révéla de suite efficace, l'état général de la malade s’améliora en effet bientôt considérablement; les insufflations furent poursuivies régulièrement, d’abord deux fois, puis une fois par semaines, elles comportaient chacune une quantité d'air de 200 à 4oo em3 au maximum,

ainsi, le 19 avril 1928 : O 400 —{.

le 9 octobre 1928: —2 {oo 0.

le 14 novembre 1928: —10 350 —6.

le 16 février 1929 : —8 350 —4.

les insufflations furent poursuivies ainsi pendant toute l’année 1929, il ne se produisit jamais de liquide ; l’état général de la malade resta parfait ; depuis le début de l’année 1929, elle reprend son existence normale.

En octobre 1929, commence une grossesse qui est parfaitement bien supportée, en fin avril 1930, l’état de la malade est toujours satisfaisant, mais il se produit une petite réaction liquidienne du côté du pneumothorax, on continue à insuffler tout doucement ; au début de juin, le collapsus étant suffisant, on pratique la dernière insufflation.

D'autre part, l'examen obstétrical a révélé que la malade présente un bassin rétréci. Elle entre aux approches du terme de sa grossesse dans une Clinique d'accouchement du 14° arrondissement, le Docteur Cousin pratique une césarienne corporéale dans la matinée du 23 juin, et extrait un garçon vivant pesant 3 kilos 200.

Malgré l'intervention, les suites de couches ont été absolument normales.

La malade, vue par nous-même le 3° et le 6° jour, se trouvait en parfait état et affirmait ne se ressentir en rien de l'intervention.

La malade rentra chez elle le 18° jour en très bon état ; depuis lors, elle est toujours suivie régulièrement par le Docteur Braun, qui n’a pas jugé nécessaire de reprendre les insufflations. En fin mai 1931, plus de rr mois après l'accouchement, l’état de la malade est toujours extrêmement satisfaisant. Son enfant se porte également très bien.

Tuberculose ulcéro-caséeuse évolutive, avec spélonque du sommet gauche, soignée par un pneumothorax artificiel. — Un an après le début du pneumothorax, la malade commence une grossesse qui est bien supportée et accouche normalement. — Le traitement est régulièrement poursuivi par la suite pendant plus de dèux ans. — On arrête alors les insufflations; quelques semaines après, la malade commence une seconde grossesse qui est fort bien supportée. -— Actuellement, près de deux ans après ce second accouchement, l’état général de la malade est toujours très satisfaisant.

Mme Gau. Marguérite, 32 ans.

La malade à eu, en 1915, à l’âge de 16 ans, une congestion pulmonaire grave, au cours de laquelle elle a présenté de nombreux crachats striés de sang (Hôpital Broussais).

Mariée en 1922, la malade fait bientôt une première grossesse et accouche en septembre 1923. Au cours de cette gestation, elle se remit à tousser, accusa de nombreux points de côté et maigrit beaucoup, elle présenta enfin une température vespérale persistante.

L'enfant, longtemps malade, meurt en février

Dès lors, la malade qui s'était fort surmenée pour soigner son enfant, se trouvant en outre très affectée, présente une aggravation sensible de son état. Très asthéniée, ses forces diminuent, ellé tousse continuellement et se met à cracher. Le 20 février, brusquement, elle fait une hémoptysie et vient con-

sulter dans les jours suivants, au Dispensaire Léon Bourgeois.

L'examen à ce moment révèle l’existence d’une large zone de condensation au niveau de la partie moyenne du poumon gauche où s'entendent de nombreux râles humides et où l’on perçoit également un souffle cavitaire. La radiologie montre d’autre part, de nombreuses taches et marbrures au niveau du tiers supérieur du poumon gauche, et particulièrement dans la région sous-claviculaire. I] existe sous la clavicule, dans l’angle hilo-claviculaire, une excavation de dimension moyenne ; la partie inférieurs dn champ pulmonaire présente enfin quelques taches non homogènes. D'ailleurs l’expectoration est bacillifère.

Le Docteur Rist et le Docteur Brissaud décident d’instituer un pneumothorax artificiel gauche. La malade est hospitalisée à l'Hôpital Laënnec,

première insufflation, le 12 mars 1024: —8 150 oxyg. 350 air —6.

9° insufflation, le 17 mars 1924: —3 5oo —r.

S’uinsutflation, le 22 mare 1924: —h: 600 —92,

Dès les premières insufflations, on a obtenu un bon décollement, le collapsus se montre efficace, létat de la malade s'améliore considérablement, la toux et l’expectoration s’atténuent très sensiblement, la température disparaît, le poids augmente d’une facon satisfaisante.

Les insufflations sont poursuivies révoulièrement tous les 8 jours, elles sont d'environ 4 à 500 cm3 d’air à chaque fois, ainsi le 4 avril : —3 475 —r.

le 17 mai: —5 450 —2.

En fin mai, la malade rentre chez elle et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois, elle part en fin août 1924, au Sanatorium de la Tuyolle et en revient en parfait état en octobre 1925.

À ce moment, la malade est au sixième mois d'une grossesse très bien supportée.

Les insufflations sont poursuivies régulièrement depuis son retour, une fois par mois, au Dispensaire Léon Bourgeois,

ainsi, 6 novembre 1925 : —12 700 —2.

h décembre 1925 : —16 950 —2.

La dernière insufflation a lieu le 2 janvier, elle est de 600 cm3. La malade étant près du terme de sa grossesse, entre à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le 5 janvier 1926, elle est prise des premières douleurs dans la nuit du 16 au 17 janvier (O.I.G.P.) et accouche spontanément le 17 janvier à 16 h. 20, d'un garçon vivant pesant 3 kilos 380. Délivrance naturelle et complète à 17 h. 20, poids 660 grs.

Suites de couches: la malade présente, le 18 janvier, des pertes abondantes, la température reste à 38° pendant 3 jours, le 25 janvier, la malade ne perd plus et sa température est revenue à 37°2. Le 30 janvier, l’état général est parfait, il n'existe aucun symptôme pulmonaire surajouté. Elle revient ensuite se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois,

ainsi, le 5 février 1926: —15 275 —.

le 26 février 1926 : —9 500 —2.

le 28 mai 1926: —20 550 —<6.

Mais l'enfant, longtemps malade, meurt en octobre 1926, la malade s'étant surmenée en le soignant, recommence à tousser et à cracher, son expectoration est à nouveau bacillifère, elle présente. pendant quelques jours, une température persistante à 59° ; maigrit de ro kilos en trois mois. Quelques taches légèrement suspectes déjà observées précédemment sur le poumon droit semblent alors en voie d’évolution, on propose à la malade d’instituer un pneumothorax droit et d'arrêter le gauche, elle refuse : mais cette poussée évolutive qui dure pendant trois

mois environ, s'arrête par la suite, l’état général de la malade s'améliore considérablement, les symptômes suspects observés à la radiologie disparaissent. Le collapsus gauche est poursuivi dans les meilleures conditions jusqu'au mois de septembre 1928.

À ce moment, la malade est en parfait état, la guérison clinique semble obtenue, on arrête donc les insufflations, la malade continue cependant à être suivie par le Dispensaire Léon Bourgeois.

- Elle commence en octobre 1928, une troisième grossesse parfaitement supportée. La malade entre à la salle de travail de la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), le 21 janvier 1929, à 13 heures. Le 22 janvier, à 1 h. 45, la dilatation est complète. La malade accouche spontanément à 2 heures d’un garçon vivant pesant 2 kilos 950 ; à 2 h. 15, délivrance naturelle et complète, poids 450 ors. Suites de couches : température à 37°8 le 3° et le & jour, 37°6, les 5° et 6° jours, à partir du 10° jour, retour à la normale en Iysis.

La malade sort de la Maternité le 15° jour, en fort bon état, et continue par la suite à être suivie par le Dispensaire Léon Bourgeois. Actuellement, 2 ans et 4 mois après le second accouchement, l’état général est toujours parfait, la malade travaille régulièrement. Son dernier enfant, envoyé à la campagne, est toujours fort bien portant.

Tuberculose ulcéro-caséeuse bilatérale à évolution rapide, à prédominance gauche, soignée par un pneumothorax gauche. — Quatorze mois après le début du traitement, la malade, considérablement améliorée, supporte parfaitement bien une grossesse. — Une symphyse se produit au cours du traitement, on pratique une phrénicectomie, la malade accouche dans d’excellentes conditions. — Plus de quatre mois après l’accouchement, la malade poursuit actuellement, dans les meilleures conditions, une cure sanatoriale complémentaire.

OBsERvATION N° 32

Mme Chap. Marguerite, 19 ans.

La malade a perdu sa mère de tuberculose pulmonaire, elle vivait avec sa sœur également atteinte de tuberculose pulmonaire.

En décembre 1928, à la suite d’une grippe, la malade ressent de nombreux points de côté à gauche, elle tousse et crache depuis lors et a commencé à maigrir progressivement ; son état déclinant peu à peu, elle doit s'arrêter de travailler en fin février 1929 et vient consulter au Dispensaire Léon Bourgeois. Elle se plaint toujours à ce moment de points de côté douloureux et persistants, elle est un peu essoufflée, a beaucoup maigri, continue à tousser et à cracher fréquemment. À l'examen, on note à la percussion, une matité du sommet gauche. On entend à l’auscultation, d'assez nombreux et gros râles humides au niveau du tiers supérieur du poumon gauche, ces râles accompagnent un souffle cavitaire: d'autre part, la respiration à la base est très nettement diminuée et il existe en outre, quelques bruits

surajoutés après la toux ; la radiologie montre la présence d'une condensation lobaire supérieure gauche centrée par une zone excavée de dimension moyenne,

Le Docteur Rist décide d'instituer un pneumothorax artificiel gauche,

La première insufflation a lieu le 23 mars 1929:

—I10 100 OXÿ. 370 air —6.

2° insufflation, le 25 mars : —8 45o —5.

3° insufflation, le 28 mars: —8 450 —$.

Les insufflations sont poursuivies régulièrement par la suite tous Les 8 jours, elles sont d'environ 500 cm3.

Bien que la malade n’augmente pas régulièrement de poids, car il existe des alternatives d’augmentation et de diminution, elle engraisse de 3 kilos en 5 mois. Son état s'améliore très notablemert,.

La compression pulmonaire obtenue n’est pa:

très prononcée, mais le décollement est comiplet, Les résultats du collapsus sont assez satisfaisants. La malade sort de Laënnec le 1” septembre, et revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois, en attendant son envoi au sanatorium, son expectoration n'est plus bacillifère à ce moment, depuis un mois.

En janvier 1930, apparition de liquide, on doit suspendre le traitement pendant plusieurs semaines, il est ensuite repris régulièrement ; mais au début de l'été, la malade ne vient plus se faire insuffler. En juillet, elle est au deuxième mois d’une grossesse bien supportée. Elle se décide à revenir au Dispensaire Léon Bourgeois en fin septembre, elie présente à ce moment une légère atteinte de l'état général, le liquide est devenu purulent et il se produit d'ailleurs à ce moment une symphyse importante à ce niveau.

On note enfin la présence d’une interscissurite du côté opposé.

La malade est hospitalisée à Laënnec le 9 octobre 1930, elle est à ce moment enceinte de 5 mois et supporte parfaitement bien sa gestation; la radiologie montre la présence de plusieurs images cavitaires rétrécies dans le moignon pulmonaire qui est collabé à la paroi. On décide de pratiquer une phrénicectomie gauche. L'intervention a lieu le 7 novembre 1930. La radiologie montre alors une ascension assez nette du diaphragme. L'état général, par la suite, demeure extrêmement satisfaisant.

La malade, à terme, ressent les premières douleurs le 14 février 1931 à 2 heures elle est immédiatement envoyée à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), où elle accouche spontanément à 16 heures d’une fille vivante pesant 3 kilos 800, l'enfant, vacciné au B.C.G., et séparé de la inère, est envoyé en placement familial. Il est actuellement bien portant. Les suites de couches sont tout à fait normales.

La malade revient à Laënnec le 3 mars 1931, elle part le 12 en cure sanatoriale.

En juin 1931, la malade poursuit dans [les meilleures conditions, sa cure au sanatorium.

Labo

Tuberculose ulcéro-caséeuse évolutive, soignée par un pneumothorax artificiel. — Deux ans et demi après le début du pneumothorax, alors que le traitement est régulièrement poursuivi, la malade mène à terme, dans de bonnes conditions, une grossesse. — Mais dix mois après l’accouchement, la malade commence une seconde gestation; cette seconde grossesse, trop rapprochée de la première, est moins bien supportée. — On poursuit régulièrement le traitement et la malade accouche normalement à terme. — Dix-huit mois plus tard, de graves signes de bilatéralisation apparaissent; on institue un second pneumothorax, mais le collapsus complet n’est pas obtenu, l’évolution n’est pas enrayée. — L’état de la malade s’aggravant considérablement, on pratique la seule thérapeutique qui puisse être efficace: la section des brides, mais huit jours plus tard se produit une perforation. — La malade, qui continue à se cachectiser, meurt deux mois plus tard.

OBsEeERvATION N° 33

Mme Sor. Marie-Louise, 25 ans.

La malade, dont le père et la mère sont morts tuberculeux peu de temps avant, commence à se

sentir très fatiguée au cours de l’année 1924, elle

maigrit progressivement ; à partir du mois de mai, elle se mit à tousser ; la malade est admise à Laënnec le 23 juillet. À ce moment, l’auscultation met en évidence la présence au sommet droit, de nombreux râles humides, il existe à ce niveau une large zone de condensation, d’ailleurs, la radiologie inontre une

condensation lobaire supérieure droite très accusée, enfin, l’expectoration est bacillifère, On institue un pneumothorax droit le % snal

1924 : —6 100 oxygène Dboo air —2.

2° insufflation, le 8 août 1924: —3 525 —2.

3° insufflation le 12 août 1924: —4 600 O.

Les insufflations sont poursuivies régulièrement, la malade augmente de poids d’une façon satisfaisante (5 kilos en deux mois). Elle sort, très améliorée, de Laënnee, le 29 septembre 1924, et continue à venir se faire insuffler régulièrement au dispensaire Léon Bourgeois. Elle part en mars 1925 au sanatorium de la Tuyolle, où elle engraisse de 10 kilos, son pneumothorax y est régulièrement entretenu, les insufflations étant de 5 à 600 cm3 d'air en moyenne à chaque fois.

La malade quitte le Sanatorium en Décembre 192, rentrée à Paris, elle revient régulièrement se faire insuffler au Dispensaire Léon Bourgeois.

Six mois après, la malade commence une grossesse qui est bien supportée, elle accouche le 28 mars 1927 à la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire), d'une fille vivante qui fut immédiatement séparé de la mère. Les suites de couches furent tout à fait normales.

Par la suite, les insufflations sont poursuivies régulièrement.

Dix mois après, la malade commence une seconde gestation, cette seconde grossesse venant rapidement après la première est beaucoup moins bien supportée, les insufflations sont poursuivies, ainsi, 29 aOût 1928: —6 Jo —1.

La malade accouche à la Clinique Baudelocque le ÿ octobre 1928, d’une fille vivante qui fut immédiatement séparée de la mère. et envoyée en place-

ment à la campagne, comme la première. Aux der-

nières nouvelles, assez récentes, ces enfants étaient bien portants.

Par la suite les insufflations furent poursuivies comme par le passé, au Dispensaire Léon Bourgeois, mais il existait une bride empêchant le collapsus total.

Depuis son second accouchement, l’état de la malade est moins satisfaisant ; comme d'autre part, elle s’est remise à travailler, elle continue à se fatiguer énormément et son état pulmonaire s’en ressent beaucoup.

La malade est hospitalisée à nouveau à l'Hôpital Laënnec, le 5 mai 1930, à ce moment les symptômes suspects se sont accusés, il existe des marbrures marquées et de petites cavernes au niveau du poumon gauche (une sous-claviculaire, l’autre tétro-claviculaire); l’expectoration est à nouveau bacillifère. On institue un second pneumothorax gauche le 9

mai 1930 : —6 500 —1.

2° insufflation le 13 mai: —6 oo —2.

3° insufflation le 16 mai : —4 Boo —1.

4° insufflation le 21 mai: —3 5oo +2.

entre temps, on a réinsufflé à droite le 14 mai : —2

350 + 1. Les insufflations sont ensuite régulièrement poursuivies en alternant à droite et à gauche.

La malade sort de Laënnec le 24 mai et revient régulièrement se faire insuffler, le collapsus paraît asez bon, mais la caverne la plus importante reste maintenue béante par une bride.

En octobre, la situation est toujours la même; du côté droit l’état est parfait, mais le collapsus gauche est insuffisant, aussi fait-on entrer à nouveau la malade à Laënnec pour pratiquer une section de brides, en novembre 1930, les lésions, en effet, se développent toujours à gauche, la malade crache continuellement (B.K. +); en outre des lésions laryngées se sont développées. La section de brides a

lieu le 6 novembre, le pleuroscope montre une volumineuse adhérence de 4 à 5 cm. de diamètre, cette adhérence est si volumineuse qu’elle doit contenir du poumon, mais en raison de la gravité de l’état de la malade, il paraît urgent de tenter la seule médication qui puisse être utile, c’est-à-dire la libération du moignon pulmonaire. Le pourtour de l’adhérence est fibreux. La section est pratiquée sans difficulté dans la paroi afin d’éviter une perforation. L'intervention terminée, il n'existe aucune suintement, et la plaie opératoire pariétale est marquée par une dépression exsangue. Les suites opératoires sont normales. La température qui s'était élevée à 39°7 le lendemain de l'opération, descend pour atteindre 37° le 5° jour, mais ce jour-là il se produit, à la fin de la journée, un point de côté et une dyspnée violente, une prise de pression montre l'existence d’une perforation pulmonaire.

La température reste élevée pendant quelques jours et un épanchement purulent apparaît.

En décembre, la température s’abaisse, les examens de crachats sont négatifs, on ponctionne plusieurs fois l’épanchement purulent ; malgré l’état général très mauvais, les lésions laryngées qui s’accentuent, et l’aggravation continuelle à gauche, le côté droit dont les insufflations sont suspendues depuis la section de brides reste guéri.

En fin janvier, l'alimentation devient presque impossible du fait de la dysphagie entraînée par la laryngite. La malade meurt très cachectique le 5 février 1931.

Tuberculose ulcéro-caséeuse traitée par un pneumothorax artificiel. — Au bout de deux ans de traitement, la collapsothérapie permet à la malade de supporter parfaitement bien une grossesse. — Accouchement normal. — Trois mois après l’accouchement, l’état général de la malade est toujours excellent, son traitement est régulièrement poursuivi,

OBsSERVATION N° 34

Mme Por. Emma, 3r ans.

La malade a fait trois grossesses, en 1923, 1925, 1927. Peu après le troisième accouchement, la malade commence à ressentir de nombreux points de côté à droite, se sent très fatiguée et commence à maigrir progressivement (10 kilos en 4 mois).

En avril 1928, elle se met à tousser et bientôt apparaît une expectoration assez abondante, elle consulte un médecin qui trouve des lésions à droite, constate la présence de bacilles dans son expectoration et conseille un pneumothorax ; mais la malade, ne croyant pas à la gravité de son état, temporise, et part, peu après, en Îtalie.

Son état s’aggravant à son arrivée à Turin, elle entre à l'Hôpital où un pneumothorax droit lui est institué, un collapsus complet est assez rapidement obtenu, il se montre très rapidement efficace et est poursuivi sur place pendant un an. La malade, très améliorée, rentre alors en France (1° août 1929) et vient se faire insuffler régulièrement au Dispensaire Léon Bourgeois, ainsi, 19 août 1929 : —3 200 —15.

Il existe, à ce moment, un épanchement assez abondant, on continue à insuffler doucement.

Le 14 juin 1930 on pratique une ponction de 5oo cm3, mais la compression étant suffisante, on

arrête provisoirement les ‘insufflations. La malade est alors au deuxième mois d’une grossesse très bien supportée. Le 11 décembre 1930, on pratique une nouvelle ponction de 1.750 cm3, suivie d’une insufflation de 1.550 cm3 d'air.

Le 26 décembre 1930, on pratique une nouvelle insufflation : 200 cm3 P. T. O.

La malade entre, le 15 janvier 19371, à la Maternité de l'Hôpital Tenon (Service du Professeur Ag. Ecalle) et accouche spontanément à 13 h. 30, d'un garçon vivant pesant 2 kilos 300. À 13 h. 50. délivrance naturelle et complète, poids 380 grs. Les suites de couches sont normales, sans température.

L'enfant, vacciné au B.C.G. a été immédiatement séparé de la mère, et mis à la Crèche de Laënnec, il est actuellement bien portant.

La malade, en bon état, revient à Laënnec le 18 février 1931, elle n’a qu’un peu d'affaiblissement, mais ne présente pas de température, le collapsus droit est toujours efficace, il n'existe plus que quelques gouttes de liquide au niveau du pneumothorax.

Les insufflations sont régulièrement poursuivies

ainsi, le 26 février: —5 375 +.

le-21/1mar6 24/0260 28:

La malade reste un mois à Laënnec, au bout de ce temps, elle a engraissé de 2 kilos 5oo, n’a jamais eu de température, son état général est parfait, elle ne tousse plus, ne crache plus (l’expectoration n’est d’ailleurs plus bacillifère depuis plus de deux ans).

La malade rentre chez elle et revient régulièrement se faire insuffler à Laënnec, jusqu’en fin mars, où elle part au sanatorium d’Angicourt.

Actuellement, la malade poursuit sa cure et son traitement au sanatorium dans les meilleures conditions, 4 mois après l'accouchement, son état général est toujours parfait.

Tuberculose pulmonaire à marche évolutive rapide, à prédominance droite, traitée par un pneumothorax artificiel régulièrement poursuivi depuis six ans. — Au bout de quatre ans de traitement, la malade mène à terme une grossesse parfaitement bien supportée. =— Dans les mois suivants, cependants, des signes suspects, depuis longtemps observés du côté opposé, paraissant avoir tendance à évoluer, on associe l’aurothérapie à la collapsothérapie et à la cure dé repos poursuivie en sanatorium. — Actuellement, un an et demi après l’accouchement, l’évolution bilatérale paraît enrayée, l’état général est satisfaisant.

OBsERvVATION N° 35

Mme Gra. Paula, 26 ans.

A l’âge de 19 ans au début de l’année 1925, la malade originaire de Turin a commencé à maigrir ét à tousser en avril 1925 elle fit une hémoptysie ; elle entra alors à l'Hôpital de Turin où on lui institua un pneumothorax artificiel droit, qui se poursuivit normalement ; quelques mois plus tard, la malade vint à Nice où son pneumothorax fut poursuivi à l'hôpital Saint-Roch, par le Docteur Fighiera, qui donna les renseignements suivants : « collapsus parfait, poumon complètement rétracté, les insufflations ont été poursuivies régulièrement pendant plus de 3 ans ; dernière insufflation lé 4 octobre 1928 : —20 600 -—6 ».

À cette époque, la malade, qui ne tousse plus et ne craché plus, et présenté un état général toujours très satisfaisant, quitte Nice et vient à Paris où son traitement est régulièrement poursuivi tou-

les les 3 semaines au Dispensaire Léon Bourgeois, ilexiste déjà cependant à ce moment des taches suspectes du côté opposé. On poursuit le traitement,

ainsi, 3r octobre: —20 400 —10, 19 déc. 1928 : : —2h 4oOO 12.

9 janvier 1929: —24 4oo —712.

2 avril 1929: —22 400 —10.

À cette époque (avril) la malade est au 2° mois d’une grossesse parfaitement bien supportée, le traitement est régulièrement poursuivi. En octobre 1929, la malade pèse 65 kilos 800.

On continue les insufflations :

18 octobre : —20 oo —10.

29 octobre : —14 250 —10.

Au début de novembre, la malade approche du terme de sa gestation, elle est dirigée sur la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire) où elle accouche spontanément le g novembre, à o h. 45, d’une fille vivante pesant 2 kilos 790, qui fut vaccinée au B.C.G., et séparée de la mère.

Délivrance naturelle et complète à 1 h. 25, poids 470 grs. Suites de couches : élévation de température à 39° le 6° jour, puis retour à la normale en lysis.

La malade est réinsufflée à la Maternité le 12° Jour, son état général est extrêmement satisfaisant.

Elle quitte la Maternité le 17° jour et revient à

Laënnec où son traitement est régulièrement poursuivi, ainsi, le 24 novembre : —»0 4oo —4.

le 20 décembre: —8 250 —.

Mais il semble à partir de janvier qu’une bande suspecte déjà observée depuis de longs mois sur le poumon gauche ait tendance à s’accentuer et à se

développer ; le pneumothorax est poursuivi toutes les 3 semaines sans pousser :

ainsi, 12 janvier 1930: —8 250 —.

1° février 1930 : —20 250 —10, 21 février 1930°: —28 250 —710.

14 mars 1930: —14 250 —8.

Dès le début de l’année 1930, l’on associe l’aurothérapie à la collapsothérapie.

Depuis lors, le traitement est régulièrement poursuivi ; l’état général de la malade ne s’est pas aggravé; partie en Sanatorium, elle poursuit actuellement sa cure, son état général est toujours très satisfaisant, r an et demi après l'accouchement. L’enfant est, également, toujours très bien portant.

1° Lä LI Tuberculose fibreuse évolutive, à prédominance droite, traitée par un pneumothorax artificiel et

devenue ultérieurement enceinte. — La malade supporta parfaitément bien sa grossesse et accoucha dans lés meilleures conditions. — Plus de deux

ans après l’accouchement, état toujours satisfaisant.

OBsERVATION N° 36

Mme D. Marie-Louise, 27 ans.

La malade, mariée à 0 ans, a 2 enfants bien portants. En 1924, elle fit une congestion pulmonaire grave et, depuis lors, elle continua à tousser et présenta fréquemment des points de côté douloureux. À la suite de fatigues et de surmenage aux quelles s’ajoutèrent des chagrins et des deuils, elle commença à maigrir, à partir de janvier 1926 elle accusa, en outre, d’abondantes sueurs nocturnes, se mit à tousser davantage et cependant continua à travailler.

Le 18 avril, brusquement, la malade fit une hémoptysie et vint consulter à l'Hôpital Saint-Antoine, on constala alors l'existence d’une condensation lobaire supérieure droite, il existait en outre une diminution de la respiration très nette au niveau du poumon droit, et de nombreux râles au sommet, la radiologie montrait d'autre part une diminution de transparence très marquée au niveau du lobe supérieur droit avec aspect granité caractéristique. Le sommet gauche s'éclairait mal à la toux, enfin, l’expectoration était bacillifère.

Le Docteur Braun et le Docteur J. Ragu-Frey décident d’instituer un pneumothorax artificiel droit.

1° insufflation, le 10 mai 1926: —10 200 —6.

2° insufflation, le 13 mai 1926: —12 4o0o —5. 3° insufflation, le 18 mai 1926: —12 300 —8.

Dès le début des insufflations, on obtient un bon décollement des deux tiers supérieurs du poumon, il subsiste cependant une bride à la partie moyenne.

On poursuit le traitement :

ainsi, 15 juin: —10 350 —8.

6 juillet: —12 375 —8.

En août, se produit une réaction liquidienne, on continue le traitement sans pousser,

ainsi, le 14 septembre: —2 100 +2.

le 11 octobre: —3 100 +2.

En novembre, là malade fit une bronchite, d’autre part, le liquide persistant et Îles signes de symphyse pleurale apparaissant, on arrête les insufflations, d’ailleurs la compression du poumon semble à ce moment, suffisante, et il existe un léger degré de déviation médiastinale.

À cette époque, la malade commence une grossesse (dernières règles du 10 au 15 octobre).

Cette grossesse est bien supportée, l’état de la malade est extrêmement satisfaisant. Aux abords du terme de sa gestation, la malade est dirigée sur la Clinique Baudelocque (Service du Professeur Couvelaire). Elle accouche spontanément le 7 septembre 1927, à 9 h. 15, d’un garçon vivant pesant 3 kilos. Délivrance naturelle et complète à 9 h. 45, poids: 47o grs.

Suites de couches: température normale, sauf une élévation à 38° le 2° jour. Le 10° jour, l’auscultation ne révèle que l'existence de signes pulmonaires très discrets: respiration très légèrement souf-

flante au sommet gauche, à droite, légère diminution du murmure vésiculaire.

L'enfant, placé à la campagne, va bien actuellement. |

La malade rentre chez elle et reprend son existence normale.

À l’occasion d’une angine grave, elle fait, toutefois, une nouvelle hémoptysie au mois de février 1928, à ce moment on retrouve à nouveau des bacilles dans son expectoration (à l’homogénéisation), elle présente alors de la température à 38°, 38°5, pendant quelques jours. Elle fut mise au repos complet pendant 4 mois et tout rentra petit à petit dans l’ordre.

Revue plusieurs fois au cours des mois suivants, la malade présentait toujours un état satisfaisant, plus de 2 ans après l’accouchement. Par la suite, la malade n’est plus venue consulter à Saint-Antoine, et n'a plus donné de ses nouvelles.

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