C. — Pathogénie des crises nerveuses
Si la cause du ralentissement du pouls semble bien démontrée, il n’en est pas absolument de même de celle des crises nerveuses.
Nous avons vu que celles-ci sont de deux sortes : crises syncopales ou simplement défaillances, sensation de voile devant les veux avec diminution de la conscience, très passagère; crises épileptiformes avec convulsions toniques et cloniques de la face et des membres.
Quelles qu'elles soient, elles coïncident toujours avec le ralentissement du pouls. Geei est surtout facile à constater pour les grandes crises épileptiformes. Souvent, elles sont précédées par un long espace de temps où il n'y a pas de systole.
Chez notre malade qui, à certaines périodes présentait des crises subsyncopales, avec sensation de brouillard devant les
DU POULS LENT PERMANENT qe
yeux presque subintrantes, on pouvait, sans qu’il présente de signes extérieurs de cette sensation, par le simple examen du pouls, lui dire, qu’il venait d’avoir une crise. On constate à ce moment qu'il manque une pulsation, et quand on l’interroge aussitôt après, il répond affirmativement : « Oui, il vient de m'en passer une ! » -
Ces crises syncopales paraissent donc pouvoir être rapportées à l'anémie des centres nerveux. |
Quant aux crises épileptiformes, il semble qu'on doive les rapporter à l’anémie bulbaire
L'observation plaide en faveur de cette explication : le malade de Stokes réussissait à faire avorter ses crises en « penchant la tête en bas jusqu'à ce qu'elle touchât le sol ».
Expérimentalement, Duret et Conty provoquèrent le ralentissement du pouls et des crises épileptiformes en déterminant l’ischémie totale du cerveau.
Hamma, comprimant les carotides d’un épileptique de 70 ans, artérioscléreux et cardiaque, provoquait de la perte de connaissance, de la pâleur de la face, du tremblement des membres et du ralentissement du pouls.
Naunyn publia en 1892 trois observations d’épileptiques, artérioscléreux, chez lesquels la compression des carotides amenait l’apparition de la crise épileptique et d'un ralentissement considérable du pouls.
Ces quelques faits semblent démontrer que l’ischémie des centres nerveux, bulbe et cerveau, est capable de provoquer, non seulement des crises de défaillance, des crises syncopales, mais encore des crises épileptiformes.
Les crises nerveuses et le ralentissement du pouls seraient donc deux phénomènes connexes, les premières provoquées par le second, et leur intensité serait probablement en rapport avec la durée du ralentissement du cœur, et par conséquent de l’anémie des centres nerveux.