‹ Du Point De Côte Dans La PleurésieChapitre 22 sur 40 · DANS LES DIFFÉRENTES AFFECTIONS DE LA POITRINE · texte numérisé non relu

DANS LES DIFFÉRENTES AFFECTIONS DE LA POITRINE

Le point de côté ne se rencontre pas seulement dans la pleurésie : il fait partie du cortège de toutes les affections de la poitrine, telles que : simple contusion, fractures de côtes, maladies du foie, du cœur, pleurodynie, névralgie intercostale, pneumonie et autres maladies pulmonaires. .

Voyons en quoi le point pleurétique diffère de tous les points douloureux qu’entraînent ces diverses affections.

Contusions. — Nous ne faisons que citer, en passant, les contusions qu'il est trop facile de distinguer d'avec la pleurésie.

Fractures de côtes. — Dans les fractures de côtes, le médecin trouve bien de l'oppression et de la dyspnée ; la toux et les fortes inspirations peuvent bien arracher des cris au malade ; mais si, en faisant tousser le malade, le médecin applique sa main sur la paroi thoracique, il sentira une légère crépitation, puis, enfin, le malade racontera qu'il a fait une chute.

Colique hépatique. — La pleurésie diaphragmatique et la colique présentent plusieurs signes semblables. En

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effet, dans la colique, nous trouvons de la douleur au niveau du mamelon, au creux épigastrique, autour de. l’ombilie, à l’hypochondre droit, sur le rebord des fausses côtes, à l'épaule droite, et à l'extrémité inférieure de l’omoplate.

. Mais, contrairement à la pleurésie, l’accèsest apyrétique; il débute le plus souvent à la suite d’un repas, c’est-à-dire, au moment de la digestion, s'accompagne de vomissements et fréquemment d'ictère.

Maladies cardiaques. — Certains malades, dit Peter, atteints de myocarditechroniqueavec dégénérescence granuleuse du cœur, se plaignent d’une sensation pénible, profonde de « griffe, d’étreinte, d’entrave » à la contraction du cœur qui semble vouloir s’arrêter.

Ces points douloureux, le doigt les trouve au niveau destroisième, quatrième et cinquième espaces intercostaux. Ils sont plus ou moins persistants, ne s’accompagnent ni de fièvre, ni de frissons, et n’ont pas la violence de la pleurésie.

Angine de poitrine. — L'angine de poitrine est une affection nerveuse qui débute subitement par une douleur rétro-sternale, rayonne de là vers l'épigastre, l'hypochondre gauche, l'épaule, la partie interne du bras, va jusqu’au coude, et quelquefois jusqu'au petit doigt, se propage aussi au cou et jusqu'à la mâchoire inférieure. Voilà bien là, en effet, le trajet douloureux que nous avons signalé dans la pleurésie diaphragmatique. Mais dans cette dernière affection nous n'observons pas cette

EME violente sternalgie, accompagnée parfois d’une telle angoisse, d’une telle suffocation, qu'il vous semble que le malade va s'éteindre; c’est ce que les auteurs ont désigné sous le nom de « pause de la vie ».

De plus, le pouls est troublé, souvent petit, inégal ; le malade a des palpitations tumultueuses ; tous symptômes étrangers à la pleurésie diaphragmatique.

Névralqie intercostale.— Ne nous laissons pas surprendre, non plus, par ces malades qui se plaignent de douleurs de côté, en même temps que de palpitations de cœur. |

Si nous les examinons attentivement, nous nous apercevons qu'ils sont anémiques, en même temps que névropathes, et en poursuivant nos recherches, nous découvrirons les trois points douloureux de la névralgie intercostale, signalés par Valleix.

Pleurodynie. — La pleurodynie, ou fausse fluction de certains médecins, est une affection tout à fait rhumatismale, portant sur les muscles pectoraux, grand dentelés, survenant ordinairement sans réaction fébrile. Si on promène le doigt sur le trajet nerveux, la douleur n’est guère augmentée, tandis que si on saisit à pleine main les masses charnues, le malade éprouve une sensation désagréable. C’est une douleur vive, lancinante, s'étendant en masse sur toute la surface musculaire.

Notons, toutefois, qu'il n’est pas rare de voir l’inflammation s'accompagner de fièvre, s'étendre des muscles à leur aponévrose, puis à la plèvre et donner lieu à de légers bruits de frottement.

Pneumonie.— La pneumonie se pr'sente avec un point de côté. Cependant, il manque quelquefois, et Andral, dans ses Cliniques médicales, dit « qu’il n’y a de douleur dans la pneumonie que lorsqu'il y a pleurésie, et c’est le cas le plus ordinaire ».

En général, les malades n’éprouvent qu'une sensation de gêne et de malaise, une sorte de poids plus ou moins pénible : Pectoris subest gravitas, avait dit Arétée; mais jamais une véritable douleur. Ce qui faisait dire aux anciens, de la pneumonie, qu’elle entraîne plus de péril que de douleurs : affert plus periculi quam dolorrs.

De plus, elle est accompagnée, ordinairement, d’un frisson intense, lequel n’existe pas dans la pleurésie.

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