ET LA NATURE DE L' ÉPANCHEMENT
Nous n'avons malheureusement pas de faits pour toucher de près cette question, parce que la douleur observée chez les pleurétiques n’est pas toujours due à la plèvre, mais aux parois musculaires.
L'observation IV nous en offre un exemple. En effet, le malade, entré pour un violent point de côté à gauche, n’a vu la douleur s’atténuer qu'après l’application de trois vésicatoires; et cependant à l’auscultation, nous n'avons
CRETE pas trouvé de signes bien distincts, si ce n’est un peu de submatité et quelques bruits de frottement.
D'un autre côté, nous trouvons des pleurésies sèches d'une certaine gravité présentant des douleurs d’une moyenne intensité.
Exemple: Observation VII. — Le malade a eu une douleur assez aiguë, qui a à peine duré: une application de ventouses sèches a suffi à la lui enlever, et cependant la plèvre est malade, car nous trouvons à la percussion une matité très-étendue à gauche, à l’auscultation, de nombreux bruits de frottement. Les vibrations thoraciques ont à peu près disparu.
D’autres fois, 1l nous arrive de tomber sur de vastes, épanchements sans trouver de douleurs bien violentes.
Exemple: Observation XIV. —- Le malade présente un épanchement double, plus important à gauche qu à droite. La maladie se présente avec tous les signes d’une pleurésie sérieuse, frissons, matité très étendue, souffle à l'expiration, écophonie, bronchophonie, toux sèche, oppression, anxiété, et cependant la douleur ne pr'sente pas une intensité en rapport avec celle de l’épanchement.
Les observations XVII et XVIIT nous offrent un exemple encore plus saisissant d'épanchements considérables sans douleur vive et aiguë.
D'après ces quelques exemples, il nous semble très difficile de conclure à une règle sur ies rapports qui peuvent exister entre la pleurésie et la douleur, car tantôt la douleur est forte et la maladie peu grave ; tantôt le
SEC contraire existe, et c'est ce qui fait que nous nous rangeons de l’avis de Peter, qui veut que le point de côté soit, ou une pleurodynie des muscles pectoraux, intercostaux, etc., ou une névralgie, ou une névrite, ou une pleurite intense.
La maladie peut débuter par un quelconque de ces organes, et la plèvre n'être envahie que consécutivement : comme nous le voyons chez ces individus, qui, après un refroidissement, commencent par avoir un rhumatisme des parois musculaires et ne présentent de bruits de frottement que plusieurs jours après le début de leurs souffrances ; car, chez eux, le mal n’a envahi la plèvre que par contiguité.
Selon que tel ou tel organe a été fortement saisi par le froid, la douleur est plus ou moins forte ; s’il y a du rhumatisme sérieux ou de violentes névralaies, la douleur peut être vive, sans que, pour cela, il y ait pleurésie grave.
Cependant, malgré toutes ces dissemblances, disons toutefois qu'il existe certaines règles générales.
Ainsi, par exemple, si une pleurésie débute avec fracas, fièvre intense, abattementet prostration du malade, la douleur a beaucoup de chances pour être aussi très vive.
Si la pleurésie survient avec des allures moins franches, si elle débute sournoisement et présente des irrégularités dans sa marche, la douleur sera, en général, peu vive.
Si, d’un autre côté, la maladie débute, soit chez un tuberculeux, soit chez un anémique, soit chez un strumeux
OT 5 Bee ou un alcoolique, si ellene présente pas un état franchement inflammatoire, si elle doit se prolonger, s’enkyster, ou marcher vers la purulence, le point de côté suivra la marche de la maladie, c’est-à-dire qu'il sera à peine marqué et ne gênera que faiblement le malade.