‹ Du Point De Côte Dans La PleurésieChapitre 4 sur 40 · MAITRE · texte numérisé non relu

MAITRE

Dans la pleurodynie intense, les malades ressentent la douleur de côté en même temps qu’un léger frisson, tandis que dans la pleurésie véritable, ils n’éprouvent le point de côté que plusieurs heures après Le frisson.

Si nous ne trouvons pas dans la pleurodynie une explication suffisante du point de côté, remarquons toutefois que la pleurodynie existe fréquemment avec la pleurésie et qu’elle peut même être la seule cause de la douleur.

Est-ce dans le poumon que nous trouvons l'explication du point de côté?

Jusqu'à une époque très rapprochée d’Andral, on voit les médecins incertains si la douleur aiguë, pongitive de la pleurésie n’est pas plutôt le résultat de la phlegmasie même du tissu pulmonaire.

Leroux, dans son Cours sur les généralités de la Médecine pratique, semble placer le siège de la douleur dans le poumon, quand 1l dit que «la douleur est plus ou moins étendue, selon que la phlezmasie pulmonaire est elle-même plus ou moins développée ».

Mais nous savons actuellement que les poumons sont trop peu sensibles, et que les expérimentateurs qui ont labouré cet organe avec des instruments tranchants sur des animaux, leur ont arraché à peine quelques cris, tandis qu'ils paraissaient souffrir davantage dès qu'on leur irritait les parois thoraciques.

Ces expériences nous prouvent suffisamment que le poumon n’est pas le siége de la douleur.

Du reste, il y a longtemps qu'Arétée avait dit dans le 2° livre de son De causis et Signis acutorum morborum

lo que la douleur, nulle dans la pneumonie, est vive dans la pleurésie.

« Dola vocal sisolus inflammetur pulmo. Is enim, naturaliter doloris expers es. »

Les malades atteints de pneumonie n’éprouvent qu'une sensation de gène et de malaise : « pectoris subest gravilas ».

Andral, depuis, est venu confirmer cetteopinion d’Arétée, dans ses Cliniques médicales.

La douleur, dit-il, n'existe dans la pneumonie que lorsqu'il y a en même temps pleurésie.

Est-ce dans la plèvre que se trouve le siège de la douleur?

Certains, parmi les anciens, attribuaient le point de côté à l'inflammation de la plèvre, d’autres à une sensibilité anormale exagérée dûe à l'inflammation d’une surface aussi étendue que la plèvre.

Andral lui-même disait qu'il faut attribuer à l’inflammation de la plèvre, le point de côté qui marque le début de la plupart des pneumonies, de même que les douleurs qui se manifestent dans le cours de la phthisie.

Mais nous savons que la plèvre, comme toutes les séreuses, possède une sensibilité très obtuse. Beaucoup d’anatomistes ont même prétendu que les s‘reuses n'avaient pas de filets nerveux.

Néanmoins, il est à peu près démontré aujourd'hui par Ch. Robin, que les séreuses reçoivent des fibres ou tubes nerveux, écartés les uns des autres par des intervalles qu’on peut fixer en moyenne à un millimètre environ.

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