‹ Du polythéisme helléniqueChapitre 17 sur 19 · THÉOLOGIE NATURELLE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE NATURELLE

Les religions, comme les langues, par cela seul qu'elles sont vivantes, ont leurs phases de développement et de décadence, et il y a des analogies singulières entre les lois de la nature et celles de l'histoire. Dans la civilisation des peuples comme dans la vie de T homme, on retrouve la succession régulière des saisons et des heures, et les symboles religieux reproduisent ces relations mystérieuses. Pendant la première enfance de la Grèce, quand les races nouvelles descendent dans les vallées, et que les légendes naissent sous leurs pas, ce qui domine toute cette mythologie, c'est la victoire du beau temps sur l'orage, du printemps sur l'hiver, de la civilisation naissante sur la barbarie. Les deux grandes divinités de cette époque sont Zeus et Hère, dont Tunion sacrée, dans les fraîches brumes du matin, parmi d'étincelantes rosées, fait germer les fleurs d'avril, lelotos, le safran et l'hyacinthe. On sent courir partout des frissons de réveil, dans les veines comme dans les jeunes branches circule une sève active, les puissances lumineuses du ciel sortent de la nuit et de l'hiver, et les Muses des sources chantent les joyeuses espérances de la jeunesse.

Bientôt les champs se cultivent, les villes se fondent.

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